Jeunes agriculteurs
La nécessité d’innover
JA21 tenait son assemblée générale la semaine dernière à Saulieu. Une table ronde s’est intéressée à différentes diversifications.
Comme à leur habitude, le président et le secrétaire général des Jeunes agriculteurs de Côte-d’Or n’ont pas gardé leur langue dans leur poche lors de l’assemblée générale de leur syndicat. Antoine Carré et Guillaume Moyot ont commenté, sans retenue, l’actualité des dernières semaines et les différents dossiers de conjoncture. Plus loin que ce constat particulièrement difficile — l’administration en a encore une fois pris pour son grade — les deux hommes ont voulu lancer un message d’espoir et d’encouragement à leurs adhérents : « S’adapter et trouver des solutions, parfois seul, devient une nécessité. Il ne faut pas tout attendre des aides et des plans de relance qui sont des fiascos absolus. En continuant de nous battre syndicalement, nous devons innover pour aller de l’avant ». Une table ronde a illustré ces propos en s’intéressant à différentes diversifications susceptibles de ramener du revenu en zones intermédiaires. Josselin Laligant (Gissey-sous-Flavigny), Thibaut Aubry (Jours-lès-Baigneux), Victor Schneider (Salives), Antoine Carré (Verrey-sous-Salmaise), Baptiste Colson (Moloy) ont successivement parlé de vente directe, de poules pondeuses, de méthanisation, de panneaux photovoltaïques et de transformation.
Vente directe
Josselin Laligant développe la vente directe depuis trois ans à Gissey-sous-Flavigny. Cet éleveur limousin gérant de la ferme de l’Épluvier livre ici son ressenti : « Cet atelier permet de mieux vendre une partie de la production. Sur une vache, il est possible d’approcher les 500 euros de plus-value, avec un prix moyen supérieur à 5 euros/kg de carcasse. J’ai fait le choix d’une prestation clé en main assurée par Feder Élevage et sa filiale Séléviandes. C’est un peu la facilité : les colis reviennent chez moi pesés, étiquetés et sous vide. La plus-value serait plus importante si j’étais équipé d’un atelier de découpe, mais l’investissement n’aurait pas été le même et il y aurait davantage de travail et de préoccupations. Du temps, il en faut déjà beaucoup sous ce format simplifié : nous devons nous rendre disponibles à tout moment pour prendre les commandes des clients. Je suis très satisfait de ce moyen de commercialisation. Celui-ci permet aussi de communiquer sur nos métiers auprès des clients. L’activité marche plutôt bien : en 2020, huit vaches et quatre veaux ont été écoulés en vente directe. Avec mon épouse Déborah, installée sur la ferme depuis l’été dernier, nous espérons développer cet atelier en vendant un peu plus de veaux. Entre un veau rosé de six mois et un broutard de 8 mois, il n’y a pas photo. Surtout à l’heure actuelle ».
Volailles
Thibaut Aubry s’est lancé dans un élevage de 12 000 poules pondeuses bio à Jours-lès-Baigneux. Plus de quatre millions d’œufs sont vendus sur une période de 13 mois : « Cet outil de travail m’a permis de m’installer il y a un peu plus de deux ans, c’est bien plus qu’une diversification pour moi. La volaille fait assurément partie des pistes qui peuvent nous ramener du revenu dans les zones intermédiaires. Pour ma part, j’ai un contrat de quinze ans, le prix de l’œuf est indexé sur celui de l’aliment : je n’ai donc pas de mauvaises surprises. Je ne subis pas de fluctuations comme cela est très souvent le cas en céréales, en viande ou en lait. Les aléas climatiques n’ont pas d’impacts sur la production. Les fientes représentent un autre avantage : celles-ci sont valorisées dans les grandes cultures, elles aussi en bio. Un tel poulailler ne demande pas beaucoup de surfaces. En revanche, l’investissement est important. Les sommes engagées sont amorties sur la durée du contrat. Avant de se lancer dans un tel projet, il faut être attentif sur plusieurs points, notamment l’emplacement du bâtiment qui doit être à proximité d’un réseau d’eau et d’électricité. Cela va sans dire aussi : comme dans tout élevage, il y a une importante astreinte quotidienne, environ une matinée chaque jour. Je pense qu’il y a encore de la place pour de nouveaux éleveurs dans ce marché de l’œuf, même si différents sons de cloche sont actuellement entendus sur le terrain ».
Méthanisation
Victor Schneider, jeune agriculteur à Salives, a partagé son expérience dans le domaine de la méthanisation. Une unité en voie solide discontinue de type garage a été installée en 2015 au sein du Gaec familial : « Ce nouvel atelier apporte satisfaction depuis ses débuts, nous avons même augmenté la puissance du moteur de cogénération l’an passé. Dans notre cas, la ration est composée à 75 % par des effluents d’élevage, il y a aussi des menues pailles récoltées avec notre caisson récupérateur sur la moissonneuse-batteuse, et des cultures intermédiaires à vocation écologique. La chaleur est valorisée par un séchoir multifonctionnel, pour sécher du grain, du bois et possiblement des fourrages. La méthanisation est un métier à part entière, il faut bien en avoir conscience : cette activité n’a vraiment rien à voir avec ce que nous avons l’habitude de faire dans une ferme, ce n’est pas non plus une bricole que nous faisons à côté… Cette diversification, qui nécessite l’équivalent d’un salarié à temps plein, relève davantage de l’industriel que de l’agricole selon moi ».
La méthanisation agricole est assurément une piste susceptible de créer du revenu en zones intermédiaires, mais aussi un outil agronomique, comme le souligne Victor Schneider : « les personnes qui ne disposent pas du gisement nécessaire ont tout intérêt à se rapprocher de leurs voisins pour monter des projets collectifs agricoles. Dans notre cas, nous produisons environ 4 500 tonnes de fumier avec l’engraissement de 300 taurillons et nos 60 mères charolaises, mais nous récupérons aussi environ 1 200 tonnes de fumier et 1 000 tonnes de lisier chez un voisin avec qui nous avons l’habitude de travailler. Pour les Cive, nous avons décidé de travailler avec deux autres voisins. Ces dernières années, la méthanisation nous a bien aidés à lisser nos résultats économiques, en lien avec cet atelier bovin dans lequel nous perdons parfois de l’argent. Les investissements en méthanisation sont très importants, les encours bancaires le sont tout autant mais il ne faut pas s’arrêter à cela. Il ne faut pas bloquer sur le montant engagé, il faut au moins faire une étude si l’on est intéressé ».
Photovoltaïque
Antoine Carré a parlé de photovoltaïque et présenté ses propres projets à Verrey-sous-Salmaise : « Il se dit souvent, sur le terrain, que le photovoltaïque était beaucoup plus rentable avant. Je ne suis pas forcément d’accord avec cette idée. Les prix de rachat d’électricité étaient six fois plus importants qu’aujourd’hui, c’est vrai, mais le coût des installations était aussi six fois plus élevé… Oui, le photovoltaïque est encore intéressant de nos jours. Pour ma part, j’ai opté pour deux installations de 100 kWc en juin dernier. Mes deux bâtiments sont espacés de plus de 100 mètres, la réglementation est ainsi respectée. Je n’ai pas encore le recul nécessaire mais la production d’électricité semble être au rendez-vous, encore mieux que les prévisions. Le retour sur investissement est programmé sur 9 ans, chaque installation sera amortie en 12 ans : il n’y a donc aucun impact sur la trésorerie, le photovoltaïque est même censé me ramener entre 1000 et 2000 euros par an sur chaque toit pendant ces neuf premières années. Après remboursement, nous espérons sortir 10 000 euros par an sur chaque toiture ».
Le président de JA 21, satisfait de cette diversification, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « nous avons d’autres bâtiments espacés et réfléchissons à deux autres projets. Une troisième réalisation de 100 kWC et même une autre de 250 kWc sont dans les cartons. Cette dernière n’est toutefois pas certaine et pourrait se reconvertir en un quatrième 100 kWc, car les tarifs sont annoncés à la baisse pour ce type de projet plus important ». Pour Antoine Carré, le photovoltaïque est un très bon moyen de s’assurer un revenu complémentaire : « cette diversification n’est pas chronophage comme les autres. Personnellement, je n’avais pas la moindre minute à consacrer à une activité supplémentaire avec le travail à la ferme, ma fonction syndicale et une activité de vente de vins. Le photovoltaïque ne demande aucune compétence spécifique. En pratique, je consulte mon téléphone une fois par jour pour m’assurer que tout va bien, cela me prend seulement quelques secondes. Le seul point négatif du photovoltaïque : il ne permet pas d’embaucher, contrairement à la plupart des autres diversifications ».
Transformation du lait
Baptiste Colson, agriculteur à Moloy, a présenté l’atelier mis en place en 2018 sur la ferme familiale : « Nous transformons une partie du lait de nos vaches brunes en crèmes glacées et autres produits fermiers. Cette diversification a pris forme le jour où Matthias, mon cousin, nous a rejoints sur l’exploitation. Matthias avait toujours voulu se lancer dans la transformation, avec l’idée de vendre le produit fini directement au consommateur. Nous nous sommes lancés dans ce projet après une étude de marché et un business plan. Nous nous étions donné l’objectif de transformer entre 50 000 et 60 000 litres de lait en cinq ans. Aujourd’hui, après seulement trois campagnes, nous arrivons quasiment à 100 000 litres.
C’est forcément une très bonne surprise. Nous sommes surpris de cette demande mais aussi de l’enthousiasme généré autour des produits fermiers. Notre ferme est pourtant située dans une zone très rurale, à 35 km de Dijon : cela n’empêche pas les gens de se déplacer ! Un quart de notre production est vendu sur notre ferme. Pour le reste, nous travaillons avec beaucoup de revendeurs. Nous passons également par un certain nombre d’épiceries et de magasins de producteurs. Cet atelier de transformation nécessite beaucoup de travail, la surcharge de travail avoisine les deux équivalents temps plein. Nous savons en revanche pourquoi nous travaillons : le prix du litre de lait, par un calcul très rapide, passe de 35 centimes à près de deux euros. Je conseille aux jeunes d’étudier la question de la transformation. Il peut être très intéressant de sortir des systèmes de production classiques. Cela mérite aussi d’être mentionné : notre étude de marché ne nous avait rien coûté avec l’installation de Matthias, le projet avait été aussi subventionné en partie ».
Vente directe
Josselin Laligant développe la vente directe depuis trois ans à Gissey-sous-Flavigny. Cet éleveur limousin gérant de la ferme de l’Épluvier livre ici son ressenti : « Cet atelier permet de mieux vendre une partie de la production. Sur une vache, il est possible d’approcher les 500 euros de plus-value, avec un prix moyen supérieur à 5 euros/kg de carcasse. J’ai fait le choix d’une prestation clé en main assurée par Feder Élevage et sa filiale Séléviandes. C’est un peu la facilité : les colis reviennent chez moi pesés, étiquetés et sous vide. La plus-value serait plus importante si j’étais équipé d’un atelier de découpe, mais l’investissement n’aurait pas été le même et il y aurait davantage de travail et de préoccupations. Du temps, il en faut déjà beaucoup sous ce format simplifié : nous devons nous rendre disponibles à tout moment pour prendre les commandes des clients. Je suis très satisfait de ce moyen de commercialisation. Celui-ci permet aussi de communiquer sur nos métiers auprès des clients. L’activité marche plutôt bien : en 2020, huit vaches et quatre veaux ont été écoulés en vente directe. Avec mon épouse Déborah, installée sur la ferme depuis l’été dernier, nous espérons développer cet atelier en vendant un peu plus de veaux. Entre un veau rosé de six mois et un broutard de 8 mois, il n’y a pas photo. Surtout à l’heure actuelle ».
Volailles
Thibaut Aubry s’est lancé dans un élevage de 12 000 poules pondeuses bio à Jours-lès-Baigneux. Plus de quatre millions d’œufs sont vendus sur une période de 13 mois : « Cet outil de travail m’a permis de m’installer il y a un peu plus de deux ans, c’est bien plus qu’une diversification pour moi. La volaille fait assurément partie des pistes qui peuvent nous ramener du revenu dans les zones intermédiaires. Pour ma part, j’ai un contrat de quinze ans, le prix de l’œuf est indexé sur celui de l’aliment : je n’ai donc pas de mauvaises surprises. Je ne subis pas de fluctuations comme cela est très souvent le cas en céréales, en viande ou en lait. Les aléas climatiques n’ont pas d’impacts sur la production. Les fientes représentent un autre avantage : celles-ci sont valorisées dans les grandes cultures, elles aussi en bio. Un tel poulailler ne demande pas beaucoup de surfaces. En revanche, l’investissement est important. Les sommes engagées sont amorties sur la durée du contrat. Avant de se lancer dans un tel projet, il faut être attentif sur plusieurs points, notamment l’emplacement du bâtiment qui doit être à proximité d’un réseau d’eau et d’électricité. Cela va sans dire aussi : comme dans tout élevage, il y a une importante astreinte quotidienne, environ une matinée chaque jour. Je pense qu’il y a encore de la place pour de nouveaux éleveurs dans ce marché de l’œuf, même si différents sons de cloche sont actuellement entendus sur le terrain ».
Méthanisation
Victor Schneider, jeune agriculteur à Salives, a partagé son expérience dans le domaine de la méthanisation. Une unité en voie solide discontinue de type garage a été installée en 2015 au sein du Gaec familial : « Ce nouvel atelier apporte satisfaction depuis ses débuts, nous avons même augmenté la puissance du moteur de cogénération l’an passé. Dans notre cas, la ration est composée à 75 % par des effluents d’élevage, il y a aussi des menues pailles récoltées avec notre caisson récupérateur sur la moissonneuse-batteuse, et des cultures intermédiaires à vocation écologique. La chaleur est valorisée par un séchoir multifonctionnel, pour sécher du grain, du bois et possiblement des fourrages. La méthanisation est un métier à part entière, il faut bien en avoir conscience : cette activité n’a vraiment rien à voir avec ce que nous avons l’habitude de faire dans une ferme, ce n’est pas non plus une bricole que nous faisons à côté… Cette diversification, qui nécessite l’équivalent d’un salarié à temps plein, relève davantage de l’industriel que de l’agricole selon moi ».
La méthanisation agricole est assurément une piste susceptible de créer du revenu en zones intermédiaires, mais aussi un outil agronomique, comme le souligne Victor Schneider : « les personnes qui ne disposent pas du gisement nécessaire ont tout intérêt à se rapprocher de leurs voisins pour monter des projets collectifs agricoles. Dans notre cas, nous produisons environ 4 500 tonnes de fumier avec l’engraissement de 300 taurillons et nos 60 mères charolaises, mais nous récupérons aussi environ 1 200 tonnes de fumier et 1 000 tonnes de lisier chez un voisin avec qui nous avons l’habitude de travailler. Pour les Cive, nous avons décidé de travailler avec deux autres voisins. Ces dernières années, la méthanisation nous a bien aidés à lisser nos résultats économiques, en lien avec cet atelier bovin dans lequel nous perdons parfois de l’argent. Les investissements en méthanisation sont très importants, les encours bancaires le sont tout autant mais il ne faut pas s’arrêter à cela. Il ne faut pas bloquer sur le montant engagé, il faut au moins faire une étude si l’on est intéressé ».
Photovoltaïque
Antoine Carré a parlé de photovoltaïque et présenté ses propres projets à Verrey-sous-Salmaise : « Il se dit souvent, sur le terrain, que le photovoltaïque était beaucoup plus rentable avant. Je ne suis pas forcément d’accord avec cette idée. Les prix de rachat d’électricité étaient six fois plus importants qu’aujourd’hui, c’est vrai, mais le coût des installations était aussi six fois plus élevé… Oui, le photovoltaïque est encore intéressant de nos jours. Pour ma part, j’ai opté pour deux installations de 100 kWc en juin dernier. Mes deux bâtiments sont espacés de plus de 100 mètres, la réglementation est ainsi respectée. Je n’ai pas encore le recul nécessaire mais la production d’électricité semble être au rendez-vous, encore mieux que les prévisions. Le retour sur investissement est programmé sur 9 ans, chaque installation sera amortie en 12 ans : il n’y a donc aucun impact sur la trésorerie, le photovoltaïque est même censé me ramener entre 1000 et 2000 euros par an sur chaque toit pendant ces neuf premières années. Après remboursement, nous espérons sortir 10 000 euros par an sur chaque toiture ».
Le président de JA 21, satisfait de cette diversification, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « nous avons d’autres bâtiments espacés et réfléchissons à deux autres projets. Une troisième réalisation de 100 kWC et même une autre de 250 kWc sont dans les cartons. Cette dernière n’est toutefois pas certaine et pourrait se reconvertir en un quatrième 100 kWc, car les tarifs sont annoncés à la baisse pour ce type de projet plus important ». Pour Antoine Carré, le photovoltaïque est un très bon moyen de s’assurer un revenu complémentaire : « cette diversification n’est pas chronophage comme les autres. Personnellement, je n’avais pas la moindre minute à consacrer à une activité supplémentaire avec le travail à la ferme, ma fonction syndicale et une activité de vente de vins. Le photovoltaïque ne demande aucune compétence spécifique. En pratique, je consulte mon téléphone une fois par jour pour m’assurer que tout va bien, cela me prend seulement quelques secondes. Le seul point négatif du photovoltaïque : il ne permet pas d’embaucher, contrairement à la plupart des autres diversifications ».
Transformation du lait
Baptiste Colson, agriculteur à Moloy, a présenté l’atelier mis en place en 2018 sur la ferme familiale : « Nous transformons une partie du lait de nos vaches brunes en crèmes glacées et autres produits fermiers. Cette diversification a pris forme le jour où Matthias, mon cousin, nous a rejoints sur l’exploitation. Matthias avait toujours voulu se lancer dans la transformation, avec l’idée de vendre le produit fini directement au consommateur. Nous nous sommes lancés dans ce projet après une étude de marché et un business plan. Nous nous étions donné l’objectif de transformer entre 50 000 et 60 000 litres de lait en cinq ans. Aujourd’hui, après seulement trois campagnes, nous arrivons quasiment à 100 000 litres.
C’est forcément une très bonne surprise. Nous sommes surpris de cette demande mais aussi de l’enthousiasme généré autour des produits fermiers. Notre ferme est pourtant située dans une zone très rurale, à 35 km de Dijon : cela n’empêche pas les gens de se déplacer ! Un quart de notre production est vendu sur notre ferme. Pour le reste, nous travaillons avec beaucoup de revendeurs. Nous passons également par un certain nombre d’épiceries et de magasins de producteurs. Cet atelier de transformation nécessite beaucoup de travail, la surcharge de travail avoisine les deux équivalents temps plein. Nous savons en revanche pourquoi nous travaillons : le prix du litre de lait, par un calcul très rapide, passe de 35 centimes à près de deux euros. Je conseille aux jeunes d’étudier la question de la transformation. Il peut être très intéressant de sortir des systèmes de production classiques. Cela mérite aussi d’être mentionné : notre étude de marché ne nous avait rien coûté avec l’installation de Matthias, le projet avait été aussi subventionné en partie ».
Installations : Une nouvelle baisse
Le nombre d’installations diminue encore en Côte-d’Or. Seulement 47 jeunes se sont en effet installés — avec les aides — en 2020 (58 installations en 2019, soit -19 % en un an). Les productions choisies sont les suivantes : bovins viande (26 %), diversification et petites productions (23 %), viticulture (23 %), céréales (15 %), bovins lait (9 %) et ovins (4 %). La fréquentation du Point accueil installation est en revanche en nette augmentation sur la même période : 211 porteurs de projets ont sollicité les services de la Chambre d’agriculture, contre 174 en 2019 (+21 %). Cette dernière donnée laisse présager une augmentation du nombre d’installés pour l’année en cours. Le profil des nouveaux porteurs de projets se confirme d’année en année : la proportion des hors cadre familiaux est toujours plus importante (54 %). Ces derniers restent toutefois minoritaires parmi les personnes arrivant à concrétiser leur projet (9 hors-cadre parmi les 47 installations, soit 20 %). La volonté de travailler en circuit court explose en 2020 (elle concerne 39 % des porteurs de projets, contre seulement 18 % en 2019). L’agriculture biologique confirme son intérêt grandissant (28 % des projets exposés au Point accueil installation, contre « seulement » 17 % en 2019).
En ce qui concerne la partie financière, le montant moyen des DJA est encore conséquent (30 981 euros en 2020, soit un montant similaire à celui observé douze mois plus tôt).
Une barre à redresser
Guillaume Moyot, secrétaire général de JA21, espère assister à une année 2021 « bien meilleure » en termes d’installations : « Le contexte n’a pas été favorable en 2020. En plus des difficultés économiques et des aléas climatiques, la crise sanitaire n’a pas aidé, celle-ci a très certainement décalé dans le temps un certain nombre de dossiers. J’espère que l’année en cours sera nettement meilleure, et qu’elle rattrapera ce résultat de 2020. Seulement 48 installations en un an, c’est forcément décevant ». Que faire à partir d’un tel constat ? « Continuer le travail syndical mené par JA21 », répond Guillaume Moyot, « nous essayons sans cesse de faire reconnaître nos zones. Si l’avenir ne passe pas intégralement par la Pac, force est de constater que les soutiens européens restent essentiels dans notre activité. Sans eux, à l’heure actuelle, ça ne passe pas. Nous devons sortir gagnants de la prochaine réforme, il en va de l’attractivité de nos métiers. Nous travaillons aussi sur la valorisation de nos produits. La recherche de nouveaux débouchés est plus que jamais d’actualité. Les diversifications présentées ce jour sont toutes intéressantes. Les jeunes doivent s’en inspirer. S’il y en avait une à retenir ? Personnellement, je répondrais le photovoltaïque, car cette orientation ne demande pas de main-d’œuvre supplémentaire ».
En ce qui concerne la partie financière, le montant moyen des DJA est encore conséquent (30 981 euros en 2020, soit un montant similaire à celui observé douze mois plus tôt).
Une barre à redresser
Guillaume Moyot, secrétaire général de JA21, espère assister à une année 2021 « bien meilleure » en termes d’installations : « Le contexte n’a pas été favorable en 2020. En plus des difficultés économiques et des aléas climatiques, la crise sanitaire n’a pas aidé, celle-ci a très certainement décalé dans le temps un certain nombre de dossiers. J’espère que l’année en cours sera nettement meilleure, et qu’elle rattrapera ce résultat de 2020. Seulement 48 installations en un an, c’est forcément décevant ». Que faire à partir d’un tel constat ? « Continuer le travail syndical mené par JA21 », répond Guillaume Moyot, « nous essayons sans cesse de faire reconnaître nos zones. Si l’avenir ne passe pas intégralement par la Pac, force est de constater que les soutiens européens restent essentiels dans notre activité. Sans eux, à l’heure actuelle, ça ne passe pas. Nous devons sortir gagnants de la prochaine réforme, il en va de l’attractivité de nos métiers. Nous travaillons aussi sur la valorisation de nos produits. La recherche de nouveaux débouchés est plus que jamais d’actualité. Les diversifications présentées ce jour sont toutes intéressantes. Les jeunes doivent s’en inspirer. S’il y en avait une à retenir ? Personnellement, je répondrais le photovoltaïque, car cette orientation ne demande pas de main-d’œuvre supplémentaire ».