La Bourgogne Franche-Comté doit progresser
L'Insee et l'Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté ont réalisé une étude sur l'état de santé des habitants de la région. Globalement, il est moins bon qu'au plan national.
Comment allons-nous ? C'est la question qui vient à l'esprit lorsqu'on découvre l'étude publiée début novembre par l'Insee et l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne Franche-Comté (BFC). Cette étude vise à faire le point sur l'état de santé général de la population régionale. Elle laisse apparaître que, depuis 1946, les habitants de BFC ont gagné 20 ans d'espérance de vie mais cette dernière n'augmente quasiment plus aujourd'hui. Elle se situe à 85 ans pour les femmes et 79,1 ans pour les hommes. Elle est aussi un peu plus basse qu'au niveau national. Plus préoccupant : l'état de santé général de la population régionale paraît un peu moins bon qu'au niveau français. À âge et sexe égal, les habitants de BFC sont davantage pris en charge pour les principales pathologies et davantage touchés par la mortalité. C'est particulièrement vrai pour l'anxiété (+ 13 % par rapport au niveau national) l'hypercholestérolémie (+ 10 %) ou encore l'hypertension (+ 7 %). Le taux de mortalité est aussi plus élevé : à âge égal, en BFC, on décède 2,8 % plus qu'en moyenne nationale. 70 % de ces décès ont lieu après 75 ans.
Des décès prématurés évitables
Les causes de décès dues à des pathologies des systèmes respiratoire ou circulatoire sont celles qui progressent le plus avec l'âge. Il faut par ailleurs noter que la mortalité prématurée (c'est-à-dire avant 75 ans) est plus élevée en BFC : 4,3 % de plus qu'au plan national. Cela se vérifie surtout sur des causes externes (accidents, suicides, + 15 % par rapport au national) et sur les maladies de l'appareil circulatoire (+ 6 %). En revanche, cette mortalité est moins élevée dans le cas des cancers du sein (-6 %). Cette mortalité prématurée touche plus les hommes que les femmes (455 pour 100 000 chez les hommes et 221 pour 100 000 chez les femmes). On estime que 18 % de ces décès prématurés auraient pu être évités si des soins efficaces avaient été prodigués précocement. Tabac et alcool pèsent dans ces décès prématurés et là encore, plus qu'au plan national : la BFC est à 11 % au-dessus de la moyenne nationale pour les décès dus au tabac et à… + 16 % pour ceux dus à l'alcool. Ces mortalités prématurées sont néanmoins en baisse, en lien avec la mise en œuvre de politiques de prévention. Cette baisse est plus prononcée chez les hommes que chez les femmes, mais, globalement, elle a tendance à ralentir. En resserrant la focale au niveau départemental, l'étude révèle que ces mortalités prématurées sont 20 % plus fréquentes dans l'Yonne et 27 % dans la Nièvre. Le Territoire de Belfort et la Haute-Saône présentent aussi des taux plus élevés qu'au national, contrairement à la Côte-d'Or (-7 %).
Accès aux médecins et sport
Au-delà de ce constat sur un état de santé globalement assez moyen en BFC, l'étude laisse apparaître des enjeux importants de nécessité de prise en charge des principales pathologies, en lien avec le vieillissement de la population, notamment pour l'hypertension ou le diabète. De fait, le nombre d'habitants de BFC âgés de 75 ans et plus augmenterait fortement dans les 20 prochaines années. Une des projections envisage entre 500 000 et 600 000 habitants de 75 ans et plus en 2070. Enfin, deux dernières informations d'importance : l'accessibilité à un médecin généraliste (en nombre de consultations disponibles par an et par habitant) et le taux de licenciés sportifs. Sur le premier point, le nombre de consultations disponibles en France métropolitaine est de 3,3. Il atteint 3,5 en BFC, mais ne dépasse pas 2,6 dans l'Yonne ou 2,7 dans la Nièvre contre 4,2 dans le Doubs ou 4,1 en Côte-d'Or. Sur le second point, le nombre de licences sportives pour 1 000 habitants est de 242 en France métropolitaine, 226 en BFC. Il n'est que de 199 dans l'Yonne, 226 dans la Nièvre (qui fait mieux que la Côte-d'Or à 223) mais il atteint 267 dans le Jura.