Une étude pour mieux connaître les châtaigniers du Morvan
Le 24 août au Musée Bibracte de Saint-Léger-sous-Beuvray (71), le Parc naturel régional du Morvan (PNRM) proposait une restitution du travail réalisé sur l'identification variétale des châtaigniers du Morvan.
Lundi 24 août, au Musée de Bibracte, s’est donc tenu la restitution des travaux menés par Wafae Sfa, étudiante à l’Université de Toulouse en Master 2 Man & Biosphère, sous la responsabilité de Ludivine Guérineau, chargée de missions au Parc du Morvan sur l’émergence et le développement de filières agricoles diversifiées.
Pour rappel, Wafae Sfa a effectué un stage de 6 mois sur la thématique de l’identification variétale des châtaigniers du Morvan et qui avait donc pour mission de mettre en place un protocole de caractérisation et d’identification des châtaignes et marrons du Morvan. Pour y parvenir, une approche transversale et pluridisciplinaire a été mise en œuvre, en collectant des données de terrain recueillies auprès des producteurs, habitants et acteurs locaux et en les croisant avec les données scientifiques, afin de renforcer l'expertise sur le châtaignier.
La présentation des résultats préliminaires de l’analyse variétale, s'est déroulée sous l'œil d'une trentaine de participants dont Sylvain Mathieu, président du Parc naturel régional du Morvan, Yohann Dufour, vice-président en charge de l’agriculture ainsi que des producteurs, professionnels du châtaignier et habitants.
À travers le temps
Avant d'aborder les résultats, il est indispensable de rappeler le contexte précédent de cette étude, en remontant dans le temps. Le châtaignier occupe une place centrale dans le Morvan, tant sur le plan patrimonial, environnemental ou économique. Son histoire remonte à plusieurs millénaires puisque des analyses polliniques révèlent en effet que son développement massif date d'il y a environ 2 000 ans. Plus récemment, des écrits attestent qu’au milieu du XIX siècleᵉ (vers 1850), des colporteurs italiens auraient introduit des greffons en Morvan, contribuant ainsi à façonner les variétés locales. Depuis le XXe siècle, la culture du châtaignier connaît un déclin, au profit d’autres pratiques agricoles et alimentaires. Malgré tout, le Syndicat des producteurs et transformateurs de marrons du Morvan œuvre depuis 1982 pour assurer la pérennité de ce patrimoine, préserver et transmettre les savoir-faire liés aux châtaigniers. De plus, depuis 2020, un collectif de producteurs et productrices de châtaignes s’est constitué pour mutualiser leurs commandes et leurs pratiques. Aujourd’hui regroupé sous la marque « La Châtaigne du Morvan », ce collectif est accompagné par le Parc depuis 2022, conformément aux orientations de sa charte 2020-2035, qui vise à soutenir le développement et la promotion des savoir-faire et productions locales. En 2023, le PNRM a également renforcé son engagement sur cette filière en signant un partenariat avec l’Association des producteurs et transformateurs de marrons du Morvan, afin de préserver et redévelopper les châtaigneraies en Morvan, valoriser les fruits du châtaignier, développer les savoir-faire associés à cette filière. La connaissance des variétés de châtaigniers et des porte-greffes constituait donc un enjeu majeur pour l’avenir.
Quelle importance ?
En effet, ces connaissances ont un double rôle : d'une part pour le plan patrimonial afin de regrouper et conserver les savoirs et pratiques transmis de génération en génération tout en ciblant les spécificités de la Châtaigne du Morvan. D'autre part, pour un plan stratégique de replantation des châtaigneraies, il est indispensable d'identifier les variétés à planter tout en assurant une diversité végétale adaptée aux défis du changement climatique. En plus de cela, cette meilleure connaissance des variétés permettra aux producteurs et productrices d’optimiser leurs choix, notamment de transformation (châtaignes fraîches, farine, crème, délice, etc.). Pour parvenir à ces objectifs, différentes étapes furent mises en place… À découvrir dans une prochaine édition.