L'aventure canadienne
Plusieurs étudiants Côte-d'oriens reviennent d'un très beau voyage d'étude au Québec.
Ils s'appellent Louis Samour (Torcy-et-Poligny), Elsa Harnet (Villotte-sur-Ource), Mickaël Tokotu'u (Moitron) et Antonin Roussel (Diancey). Ces quatre jeunes Côte-d'oriens sont dans la même classe de BTS « productions animales » au lycée de Fontaines (71). Chacun a vécu une très belle expérience lors d'un récent voyage de 10 jours au Québec. Nous avons contacté deux de ces jeunes pour recueillir leurs ressentis.
Take-off
« Nous avons décollé depuis Roissy, nous étions une vingtaine d'étudiants », présente Elsa Harnet. Cette jeune fille de 18 ans prenait l'avion pour la deuxième fois de sa vie, après un premier voyage au… Canada, déjà ! « J'y étais allée avec mes parents mais petit problème, c'était en 2009 et je n'avais que deux ans… Alors autant dire que les souvenirs, il n'y en a pas vraiment ! », lance la fille d'éleveurs laitiers. « Cette année-là, ma mère retournait voir ses anciens patrons agriculteurs. Elle avait travaillé au Québec après ses études » (voir encadré). Le vol s'est déroulé de nuit. Une petite appréhension, peut-être ? En tout cas, pas pour Louis Samour. Les airs, le neveu de Jean-Philippe Benoist, agriculteur à Torcy-et-Pouligny, commence à connaître. « Je suis déjà parti en Tunisie, en Italie, en Espagne et en Grèce avec mes parents mais le Canada, c'est forcément ma destination la plus lointaine ».
Pas des vacances
Sur place, les étudiants n'ont « pas arrêté ». De nombreuses visites, notamment agricoles, étaient au programme. « Nous avons vu plein d'élevages, de vaches de bisons, de porcs, de volailles… », décrit Elsa Harnet, qui retient tout particulièrement la visite de la Ferme Comestar avec son troupeau de plus de 1 100 bovins, dont 500 vaches en lactation. « Beaucoup de personnes y travaillent. Il y a sept robots de traite. C'est impressionnant à voir mais moi, je préfère quand même nos systèmes traditionnels et familiaux ! », confie celle qui compte s'installer sur la ferme de ses parents dans quelques années. L'élevage de bisons a aussi marqué la jeune Côte-d'orienne. « Je n'en avais jamais vu, c'est sympa. Nous avons dégusté de la viande, elle ressemble un peu à celle du bœuf, mais avec moins de gras ». Louis Samour retient quant à lui le « côté démesuré » de l'agriculture canadienne : « le matériel et les équipements sont impressionnants… La Ferme Comestar, c'est quelque chose aussi ! Ce que je retiens également, c'est que tout tourne autour de l'agriculture, tout est mis en place pour que les productions soient le mieux valorisées, c'est beau ! ». Le jeune homme de 19 ans, qui compte également s'installer, reconnaît lui aussi la richesse du programme qui était proposé aux étudiants : « une chose est sûre, ce n'était pas des vacances ! Nous avons vu un maximum de choses, nous revenons avec plein de souvenirs. Place désormais à la restitution : dans mon cas, je vais travailler sur le sirop d'érable ».
Quatre fois au Canada !
Virginie Brion, éleveuse laitière dans le Châtillonnais, mère d'Elsa Harnet, s'est rendue à quatre reprises dans ce grand pays d'Amérique du Nord. « Les deux premières fois, c'était pour travailler, après mon BTS et juste avant de m'installer. À chaque fois, c'était dans des élevages laitiers. Il n'a pas manqué grand-chose pour que j'y reste définitivement, tellement je m'y plaisais… Les gens sont sympas, personne ne se prend la tête. Les exploitations dans lesquelles je travaillais étaient toutes simples, cela a peut-être changé aujourd'hui. À l'époque, des éleveurs vivaient avec 40 vaches. L'élevage était très soutenu par l'État, j'imagine que c'est encore le cas ». Virginie Brion a reçu, à son tour, deux stagiaires canadiennes sur son exploitation. C'était en 2019 : « elles avaient le niveau ingénieur. Leur perception de l'agriculture française m'a marquée : elles m'ont dit qu'elles étaient choquées de voir autant de fonctionnaires planqués dans leurs bureaux, à mépriser les agriculteurs. Il n'y a pas ça au Canada ! ».
D'autres Côte-d'oriens y sont allés
Les Jeunes agriculteurs d'Arnay-Nolay se sont rendus eux aussi une dizaine de jours au Canada, c'était cet été. Nous avons échangé quelques mots sur le sujet avec Thomas Bélorgey, l'un de leurs adhérents, éleveur à Mimeure : « L'Afrique du Sud et l'Autriche étaient nos deux autres possibilités… Nous avons pris le Canada ! Nous ne regrettons pas, ce fut un super moment. Nous avons été très bien accueillis par des gens très sympas. Là-bas, ce n'est pas la même mentalité que chez nous. Ce n'est pas la même agriculture non plus ! Il y a bien moins de restrictions pour produire, la France devrait s'en inspirer ». Parmi ses nombreux souvenirs, Thomas Bélorgey retient tout particulièrement la visite de la Ferme Landrynoise, une autre exploitation laitière du Québec, comptant 3 100 têtes, 30 robots de traite et 18 employés à plein temps ! « Nous avons tous été très impressionnés par la propreté et l'hygiène de ces équipements, malgré le nombre très important d'animaux. Chaque ouvrier est spécialisé dans une ou plusieurs taches, le résultat est remarquable », réagit l'Arnétois.