Et maintenant, des ombrières
Le Côte-d'orien Thibaut Aubry s'est équipé d'un dispositif solaire inédit dans son département.
Elles font 50 m2 chacune et il y en a 19. Leur puissance totale s'élève à 300 kWc. Les ombrières photovoltaïques de Thibaut Aubry ont été récemment installées et n'attendent plus que le raccordement (et un peu de soleil) pour être opérationnelles. « Il y a un double objectif derrière un tel investissement : le bien-être des animaux et la résilience de l'exploitation, avec des compléments de revenus liés à la vente de l’électricité produite », présente l'éleveur de 37 ans, installé à La Villeneuve-les-Convers depuis 2018. Le permis de construire avait été accordé dès 2022 mais il a fallu organiser méticuleusement les travaux : « j'adhère à la charte sanitaire et des mesures de biosécurité étaient à mettre en place pour les opérations sur le terrain, selon le protocole de la DDPP. Les poules, par exemple, étaient absentes lors des interventions ». Comme le montre la photo, il y a beaucoup de cailloux dans le secteur : l'implantation de l'équipement a été plus difficile que prévu, l'utilisation d'une petite foreuse a même été nécessaire pour fixer les pièces métalliques jusqu'à 1,50 m de profondeur.
C'est pour bientôt
Le raccordement devrait être, en toute logique, assez rapide : « une semaine ou deux, un mois ou deux je ne sais pas. Mais j'espère avant la fin de l'année. Tout est OK au niveau du Consuel, ils viennent de passer ». L'installation, d'un coût de 300 000 euros (285 000 pour les panneaux et 15 000 pour le raccordement) sera amortie en 15 ans, avec une vente d'électricité proche de 11 centimes/kWh via un contrat de 20 ans. Les 12 000 poules profiteront de leurs nouveaux abris dès la fin du confinement, sur les 4,8 ha du parcours extérieur : « actuellement, les volailles sont effectivement à l'intérieur du poulailler. Un peu comme tous les ans à la même période on va dire, à cause de la grippe aviaire… Cette mesure préventive prise par l'État a été décrétée en octobre, avant même le foyer trouvé à Thorey-sur-Ouche ». Thibaut Aubry avait visité, il y a cinq ans déjà, une installation similaire dans le département de l'Ain avec Matthieu Besançon et Nicolas Porcherot, deux confrères qui travaillent dans la même production : « les retours de l'éleveur chez qui nous étions allés étaient positifs à tous les niveaux. Ses volailles se plaisaient beaucoup sous ses ombrières, qui sont également utiles en cas de mauvais temps et contre les rapaces ».
Impressionnant
Le secteur concerné, à l'intersection des communes de Bussy-le-Grand, La Villeneuve-les Convers et Étormay, est très concerné par les énergies renouvelables. En plus de ces 19 ombrières, des travaux visant à implanter huit nouvelles éoliennes sont en cours, à quelques pas de la ferme. Comme nous l'avions évoqué dans une précédente édition, les éleveurs porcins Claude Nocquard et Margaux Blondon se sont lancés dans un projet agrivoltaïque non loin de là, à Darcey. Et Thibaut Aubry, encore lui, n'a pas dit son dernier mot en termes d'énergie solaire. L'éleveur souhaite devenir autonome dans sa propre consommation d'électricité, de nouveaux panneaux devraient rapidement voir le jour sur la toiture de son poulailler : « il n'a pas été possible de récupérer une partie de la future production des ombrières. L'idée serait donc de m'équiper en conséquence, peut-être dès l'an prochain ». Le Côte-d'orien effacerait alors une ardoise annuelle de 6 000 euros : « il n'y aurait pas besoin de batteries de stockage car tous mes frais électriques sont en journée avec la lumière du petit matin jusqu'au soir, la collecte des œufs, l'évacuation automatique des fientes, la ventilation quand il fait chaud, sans oublier l'ouverture et la fermeture des volets ».