Génétique
Degeram : la génomique en ordre de marche
Le programme de Développement de la Génomique pour les Races du Massif central Multi-espèces et multi-raciales (Degeram) est désormais sur les rails. Sous l'égide de Charolais France, les grandes familles charolaises se sont rassemblées et se sont engagées collectivement pour le développement d'outils génomiques d'aide à la sélection. Ces outils permettront comme jamais d'accélérer le progrès génétique en affinant les critères de sélection. La révolution génomique est en marche.
On en parlait beaucoup, la race charolaise l'attendait, la famille charolaise l'a fait : le programme charolais Degeram est lancé, ce qui permettra comme le précise Florence Marquis, directrice de Charolais France, [I]«de repérer plus précocement et plus précisément les meilleurs reproducteurs et reproductrices de la race»[i]. Il aura fallu deux ans pour que la mobilisation de tous les acteurs de la race charolaise aboutisse à cette construction en commun d'un programme spécifique charolais à visée économique.
Il s'agit à terme [I]«d'augmenter la productivité des troupeaux, la vigueur et la résistance des veaux, d'accroître les qualités maternelles tout en améliorant la qualité de vie de l'éleveur. Des vêlages faciles et une augmentation des performances du troupeau, aboutissent globalement à une meilleure maîtrise des risques et à une diminution du stress»[i].
[INTER]74 fermes de références pour collecter les données[inter]
Les qualités d'élevage sont souvent difficiles à mesurer et à sélectionner, avec la sélection génomique on devrait parvenir à une accélération sensible du progrès génétique, en particulier pour des caractères à faible héritabilité.
La liste des caractères à étudier et des phénotypes à récolter a été déterminée de façon très précise avec un objectif commun de réduction des coûts de production. Tout repose maintenant sur les 74 fermes de référence qui ont été désignées et qui ont accepté de rentrer dans un protocole de collecte et d'enregistrement de données extrêmement précis. Ces 74 élevages, adhérents au Herd book charolais et à Bovins croissance en suivi post-sevrage et bien connectés, ont été retenus pour représenter la race charolaise, soit 8000 vaches. 58 élevages sont situés dans la région Bourgogne Massif, 14 en Pays de Loire et les deux autres sont les fermes expérimentales de l'INRA (ferme de Bourges et Haras du Pin). Les données de phénotype collectées par les éleveurs seront stockées dans la base de données charolaise.
[INTER]Un «esprit racial partagé»[inter]
[I]«Ce programme repose donc en grande partie sur l'investissement des hommes» insiste Florence Marquis, «que ce soit les éleveurs partenaires du programme ou les acteurs de la race charolaise et les techniciens en soutien aux éleveurs. Pour tous, il s'agit de maintenir le cap, dans un esprit racial partagé. Les partenaires ont su se mobiliser dans l'intérêt de la race pour structurer et organiser l'exploitation des résultats»[i].
La démarche est très impliquante pour les élevages volontaires qui vont recueillir un grand nombre de données sur l'ensemble des veaux nés sur les trois prochaines campagnes, en respectant rigoureusement le protocole de collecte.
Ce qui suppose de remplir de nombreuses fiches et de procéder à un certain nombre de mesures sur les vaches, avec prélèvement du colostrum et du matériel biologique sur l'ensemble du troupeau...
Tout un ensemble de données essentielles pour l'élaboration d'outils génomiques.
Ce programme de recherche d'envergure, puisqu'il mobilise
1 350 000 € sur trois ans, soit 450 000 euros par an, est autofinancé à hauteur de 30% et subventionné pour les 70% restant par des fonds Massif Central, répartis entre l'Europe (Feder) et l'Etat (65%), la Région Bourgogne 32% et la Région Limousin 3%.
L'enjeu est à la hauteur de l'investissement humain et financier, puisqu'il s'agit d'améliorer la compétitivité économique des élevages en mettant à la disposition des éleveurs un levier de progrès qui assure leur avenir et celui de la race charolaise.
Il s'agit à terme [I]«d'augmenter la productivité des troupeaux, la vigueur et la résistance des veaux, d'accroître les qualités maternelles tout en améliorant la qualité de vie de l'éleveur. Des vêlages faciles et une augmentation des performances du troupeau, aboutissent globalement à une meilleure maîtrise des risques et à une diminution du stress»[i].
[INTER]74 fermes de références pour collecter les données[inter]
Les qualités d'élevage sont souvent difficiles à mesurer et à sélectionner, avec la sélection génomique on devrait parvenir à une accélération sensible du progrès génétique, en particulier pour des caractères à faible héritabilité.
La liste des caractères à étudier et des phénotypes à récolter a été déterminée de façon très précise avec un objectif commun de réduction des coûts de production. Tout repose maintenant sur les 74 fermes de référence qui ont été désignées et qui ont accepté de rentrer dans un protocole de collecte et d'enregistrement de données extrêmement précis. Ces 74 élevages, adhérents au Herd book charolais et à Bovins croissance en suivi post-sevrage et bien connectés, ont été retenus pour représenter la race charolaise, soit 8000 vaches. 58 élevages sont situés dans la région Bourgogne Massif, 14 en Pays de Loire et les deux autres sont les fermes expérimentales de l'INRA (ferme de Bourges et Haras du Pin). Les données de phénotype collectées par les éleveurs seront stockées dans la base de données charolaise.
[INTER]Un «esprit racial partagé»[inter]
[I]«Ce programme repose donc en grande partie sur l'investissement des hommes» insiste Florence Marquis, «que ce soit les éleveurs partenaires du programme ou les acteurs de la race charolaise et les techniciens en soutien aux éleveurs. Pour tous, il s'agit de maintenir le cap, dans un esprit racial partagé. Les partenaires ont su se mobiliser dans l'intérêt de la race pour structurer et organiser l'exploitation des résultats»[i].
La démarche est très impliquante pour les élevages volontaires qui vont recueillir un grand nombre de données sur l'ensemble des veaux nés sur les trois prochaines campagnes, en respectant rigoureusement le protocole de collecte.
Ce qui suppose de remplir de nombreuses fiches et de procéder à un certain nombre de mesures sur les vaches, avec prélèvement du colostrum et du matériel biologique sur l'ensemble du troupeau...
Tout un ensemble de données essentielles pour l'élaboration d'outils génomiques.
Ce programme de recherche d'envergure, puisqu'il mobilise
1 350 000 € sur trois ans, soit 450 000 euros par an, est autofinancé à hauteur de 30% et subventionné pour les 70% restant par des fonds Massif Central, répartis entre l'Europe (Feder) et l'Etat (65%), la Région Bourgogne 32% et la Région Limousin 3%.
L'enjeu est à la hauteur de l'investissement humain et financier, puisqu'il s'agit d'améliorer la compétitivité économique des élevages en mettant à la disposition des éleveurs un levier de progrès qui assure leur avenir et celui de la race charolaise.