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Technique

Focus sur la dernière récolte

Jeudi 20 novembre, le Lycée agricole d'Auxerre La Brosse a accueilli une réunion technique d'Arvalis sur la récolte, le désherbage, le problème d'ergot ainsi que sur la santé des plantes.

Par Charlotte Sauvignac
Arvalis
Une réunion technique d'Arvalis a eu lieu le 20 novembre au Lycée agricole d'Auxerre La Brosse.

C'est dans l'amphithéâtre du Lycée agricole d'Auxerre La Brosse que Diane Chavassieux et Léa Bounhoure, techniciennes à Arvalis, ont animé une réunion technique pour aborder différents sujets comme les marchés et le bilan économique 2025 des cultures, les projets en cours concernant le désherbage, la problématique annuelle de l'ergot, ainsi que les actualités concernant la santé des plantes. Face à la cinquantaine d'agriculteurs présents, Diane Chavassieux convient que « nous faisons face à la troisième mauvaise récolte en polyculture stricte » et ajoute « que les bonnes années compensent les mauvaises ». « En 2023, même si les prix de vente étaient élevés, ils commençaient à baisser. Les rendements étaient corrects mais les charges restaient élevées. En 2024, les prix de vente étaient moyens, les charges étaient comme en 2023, et les rendements étaient mauvais. Et cette année, les charges sont en baisse, les rendements sont corrects mais ce qui pèche c'est le faible prix de vente ». Sur les marchés, « les prix d'intrants restent élevés, mais on observe une volatilité moins marquée que lors des campagnes précédentes, malgré les nombreuses incertitudes géopolitiques », analyse la technicienne d'Arvalis. En ce qui concerne les récoltes de cette année, « nous n'avons pas observé d'accident climatique majeur dans les pays producteurs clés, ce qui a forcément fait pression sur les prix mondiaux et européens », affirme à son tour Léa Bounhoure.

Le point sur la santé des plantes

« Les semis ont été précoces par rapport à l'an dernier. 80 % des semis ont été faits au 20 octobre, contre 30 % en 2024. Il y a eu des pré-levées dans le sec, puis beaucoup de pluies. On recense que les agriculteurs ont utilisé des produits phytosanitaires suite aux retombées en eau sans que cela soit dramatique », ajoute-t-elle. Pour elles, ce qui a primé c'est « la date de décalage de semis, car c'est le premier levier de lutte ». Il est ensuite temps pour les deux techniciennes d'aborder la question de l'ergot. Cette année, « une présence importante a été relevée sur les cultures de blé, de colza et de l'orge, notamment sur les zones de plateaux de Bourgogne ». Pour les deux techniciennes, cela relève « d'accidents en local comme la pluie pendant la floraison, un inoculum d'ergot dans le sol important suite à la récolte de l'an passé, une contamination possible via les semences et un relais par les graminées d'adventices ». Pour Arvalis, les principaux leviers relèvent du fait d'éviter d'introduire la maladie dans la parcelle, d'éviter de multiplier l'inoculum et d'éviter de cultiver des espèces sensibles. Sous les regards de l'auditoire, Diane Chavassieux ajoute qu'il est « important de savoir que si une année est touchée par l'ergot, elle ne peut pas l'être l'année d'après ». En tant qu'institut technique, Arvalis se donne également pour mission d'avenir de « mieux comprendre l'impact du climat sur la phase de contamination primaire, comme la germination des sclérotes, la durée de sporulation ou encore la floraison des plantes hôtes ». En conclusion : Malgré un développement de l'ergot très dépendant du climat, des leviers agronomiques existent pour limiter le risque de développement et un projet de recherche est en cours de montage pour mieux comprendre le développement de la maladie et des alcaloïdes sur les épis. Une formation en ligne est également proposée le 22 janvier prochain à ce sujet par Arvalis.