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Tracteurs

Au ralenti, ça coûte combien ?

La hausse du prix des carburants nous donne l'idée de rendre visite à la FRcuma, pour l'interrogation servant de titre à cet article.

Par AG
Au ralenti, ça coûte combien ?
Illustration générée par IA
Si le coût du ralenti reste insignifiant en consommation de carburant, au niveau de l'exploitation, celui-ci prend de l'importance si l'on considère les heures moteur « perdues pour rien » et accumulées par le compteur durant toute la durée de détention.

Un étage sépare les bureaux de Terres de Bourgogne de ceux de la FRcuma de Bourgogne-Franche-Comté à Bretenière : nous nous y rendons en une petite minute. Fabrice Maitrot, conseiller machinisme et opérateur banc d’essai moteur, nous accueille et répond volontiers à notre question. Celle-ci n'est pas « si bête » qu'elle en a l'air puisqu'un tracteur au ralenti a bien un coût. « Cela dépend bien sûr de la cylindrée, de la puissance et du type de tracteur », nous répond notre interlocuteur. Sur un engin d'élevage à quatre cylindres de 100 ch avec un chargeur frontal, utilisé en manutention et en tracteur « de cour », « nous sommes sur du 1,5 litre à l'heure au ralenti », nous informe Fabrice Maitrot. Or, ce type de tracteur passe beaucoup de temps au ralenti : « les Chambres d'agriculture l'estiment à 20 % du temps annuel ! Autrement dit, sur un tracteur faisant 500 heures/an, cela ferait 100 heures au ralenti, soit entre 150 et 200 litres/an. Bien sûr, tous ces litres ne peuvent pas être économisés car il y a des temps de ralenti impondérables comme l’attelage et dételage des outils, le temps de chauffe, le temps de réglage et déparamétrage… ».

Et en grandes cultures ?

Sur un tracteur 6 cylindres de grandes cultures de 150 ch de cylindrée de 6,5 litres, « nous sommes sur une consommation au ralenti de 2,5 l/heure », estime le conseiller de la FRcuma, « je n'ai pas de références sur ce type de tracteurs, mais avec de plus grands cycles de travail, je tablerais sur environ 10 % du temps passé au ralenti. Sur une utilisation annuelle de 500 heures par an, le ralenti coûterait ainsi 125 litres/an à l'agriculteur ». Fabrice Maitrot tempère ces économies possibles : « si nous restons sur l'exemple du 150 ch, l'engin coûte en moyenne 25 euros de l'heure, hors carburant. La consommation au ralenti (2,5 l/heure soit environ 3 euros/heure) ne représente donc que 10 % du coût total… Plus loin que cette économie de carburant de 100 à 200 litres par an, arrêter son moteur évite bien souvent de prendre des heures compteur moteur pour rien, d’autant plus que sur les tracteurs récents à compteur digital, le compteur horaire n'est plus proportionnel aux tours/min, il compte tout… ». Remettre en route son moteur après l'avoir éteint consomme également du GNR : « un temps de ralenti moteur doit être observé pour laisser le temps au turbo de refroidir et d’être correctement lubrifié mais une fois quelques secondes passées, l'agriculteur a tout intérêt à le couper », précise le conseiller.

Beaucoup plus important

Fabrice Maitrot cite d'autres pistes beaucoup plus importantes pour économiser du carburant : « lors d’un trajet routier, l'écoconduite aux régimes économiques est à privilégier. Des tests montrent de fortes disparités de style de conduite entre chauffeurs, des différences pouvant aller jusqu'à 50 % en termes de consommation peuvent être observées ! Utiliser un tracteur bien entretenu et bien réglé est aussi primordial : notre synthèse des passages de tracteurs au banc d'essai et de diagnostic montre qu'il est possible d'économiser jusqu'à 1,5 l/h en optimisant les régimes moteurs, d’après les courbes obtenues au banc ». Mais ce n'est pas tout : « maîtriser les pressions de gonflage entre route et champs est tout aussi essentiel : un coup de manomètre est quasiment gratuit, cela ne prend pas beaucoup de temps et peut être source de grandes économies. Une correction de pression de 300 grammes peut permettre une économie aux champs pouvant aller dans certains cas jusqu’à environ 10 %, en réduisant le patinage et l’effort de roulement ». Parmi les autres exemples du conseiller, nous en mentionnons ici deux derniers : « les séquences de travail trop courtes sont à éviter. En effet, les pertes de puissances sont importantes quand le tracteur est froid. Il faut compter 15 à 20 minutes pour qu'un moteur monte correctement en température et 10 à 12 km pour atteindre la bonne température d'huile de transmission. Un dernier point : les systèmes d’autoguidage, qui se sont beaucoup démocratisés ces dernières années, limitent les recroisements et présentent un intérêt net en consommation de carburant ».