Parcours professionnel
L'appel du terrain

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Plusieurs salariés d’organisations professionnelles agricoles décident de s’installer après plusieurs années d’exercice. C’est le cas de la Côte-d’orienne Laurène Porcheret, ancienne technicienne à Bovins Croissance.

L'appel du terrain
Laurène Porcheret élève désormais des ovins et des bovins sur la commune de Marcilly-Ogny, près de Thoisy-la-Berchère.

Vous la connaissez peut-être : de 2009 à 2020, Laurène Porcheret a mis les pieds dans plus de 150 exploitations agricoles ! « Je travaillais au pôle élevage de la Chambre, dans le contrôle de performances, avec des déplacements très réguliers dans le nord du département », indique la Côte-d’Orienne de 37 ans, qui a décidé de « franchir le pas » en s’installant elle-même agricultrice. Tout a commencé en 2019, lorsque cette fille d’éleveurs a appris que Jacques Thibault, le voisin de ses parents à Ogny, envisageait de prendre sa retraite : « je suis allé le voir direct ! L’idée de m’installer commençait à me traverser l’esprit, une belle opportunité se présentait à moi ». Laurène Porcheret est officiellement installée depuis janvier 2021, après avoir repris un élevage comptant 80 vaches charolaises ainsi qu’une centaine de brebis charollaises et texel : « tout s’est plutôt bien passé, même si les démarches ont été assez longues. La proximité de la ferme familiale a été un avantage pour la banque. J’ai aussitôt suivi mes formations et le projet a pris forme ».

Aucun regret

En poste depuis trois ans, Laurène Porcheret est pleinement satisfaite de sa nouvelle vie : « je suis issue du milieu, je n’arrivais pas dans l’inconnu ! C’est un plaisir de travailler au milieu de ses propres animaux. Ici, tout est à proximité, je vois mes brebis depuis les fenêtres de la maison, je roule beaucoup moins qu’avant, les parcelles sont toutes dans un rayon de 2 km. En contrepartie, je n’ai plus de week-ends et le travail est beaucoup plus physique qu’avant mais ça, je le savais à l’avance ! ». L’éleveuse a doublé le nombre de ses brebis et diminué de 10 vaches son troupeau bovin : « j’ai agi en fonction des possibilités et des bâtiments existants. Une bergerie a été aménagée dans une ancienne écurie à l’attache. Pour ce faire, je me suis largement inspirée de tout ce que j’ai pu voir chez les adhérents de Bovins croissance, avec qui j’ai beaucoup échangé durant mon passage à la Chambre d’agriculture. Tous les contacts que j’ai eus ont été très enrichissants, avec des modes de travail et des bâtiments très différents les uns des autres ». Laurène Porcheret se donne désormais l’objectif d’équiper au mieux son outil de travail, pour lui faciliter la tâche : « installer des cornadis dans la stabulation, avoir des cases de vêlage et à veaux font partie de mes projets. L’idée est de rendre le quotidien plus facile dans certaines tâches ».

L’histoire est belle

Pour l’anecdote, Laurène Porcheret avait réalisé un stage chez Jacques Thibault, lorsqu’elle était en BTS Acse : « mon rapport avait été consacré à une reprise de l’exploitation : je m’installais en créant un Gaec avec mon père et mon frère ! En réalité, je ne pensais pas du tout que cela allait être possible un jour. Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’un Gaec, car mon frère a repris la place de mon père depuis le mois de janvier, nous sommes bien deux exploitations bien différentes, mais je suis bel et bien éleveuse, dans mon village de mon enfance ». Remplacée par Alexandra Bailly à l’antenne de Créancey, Laurène Porcheret ne se destinait pas forcément à s’installer agricultrice un jour : « j’ai suivi un Bac en comptabilité-gestion, ainsi qu’un BTS Assistance de gestion PME-PMI. J’ai refait un BTS agricole dans la foulée, car la filière générale n’était finalement pas pour moi… Je me suis vite sentie dans mon élément en arrivant au lycée agricole de Fontaines, en Saône-et-Loire, puis tout s’est enchaîné ».