Cultures d'hiver
L'heure de semer

AG
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L'EARL du Poisot a semé son orge d'hiver la semaine dernière à Perrigny-lès-Dijon. Le blé devait suivre dans la foulée, selon la météo.

L'heure de semer
Cyrille Decosne et Maxence Boileau, son stagiaire de la MFR de Quetigny.

Très sec et très chaud : les conditions de semis sont exceptionnelles cette année. « La préparation des parcelles ne s’est pas faite comme prévu, le travail du sol a été limité, mais nous allons faire avec », indiquait Cyrille Decosne le 11 octobre, quelques minutes avant de mettre son tracteur et son semoir en route. L’orge d’hiver était au programme de sa journée : « l’état actuel des sols n’est pas forcément un problème pour l’orge. Il faudra tout de même de l’eau assez rapidement ! Peut-être ce week-end, c’est ce qui est annoncé. Dans la foulée, je retravaillerai très certainement les sols avant de semer le blé, cela est préférable ».

Au revoir Étincel

L’unique variété Faro sera cultivée : « je l’ai testée pour la première fois l’an passé et le résultat a été satisfaisant, j’ai décidé de doubler les surfaces qui lui étaient dédiées. Dans le même temps, j’arrête Étincel qui est à bout de souffle. Les différences en calibrage étaient énormes lors de la dernière campagne : Faro est montée à 80, alors qu’Étincel a plafonné à 46… ». Le blé sera représenté par trois variétés : Providence, Absalon et Sphère : « Providence a donné de bons scores, je vais également doubler ses surfaces. Absalon, c’est désormais un grand classique, nous continuons avec. En ce qui concerne Sphère, c’est une nouveauté ! Je me suis inspiré d’une communication faite par Dijon Céréales : il y a peut-être quelque chose d’intéressant à tenter avec cette variété dans nos terres argilocalcaires sableuses ».

Une première en seigle

De la féverole et du seigle prendront le relais début novembre. L’exploitant agricole de 49 ans évoque ces deux productions : « j’ai arrêté le colza il y a quatre ans et je ne suis pas près d’en refaire avec les rendements en baisse que j’avais et surtout, la pression périurbaine que je subis lors des traitements insecticides… J’ai remplacé le colza par du sorgho, des petits pois et du tournesol. Les petits pois ne donnant pas de résultats concluants, je vais refaire de la féverole à la place. J’en cultivais déjà il y a une dizaine d’années, les résultats étaient corrects mais il n’y avait pas de débouchés ». Quant au seigle, le producteur côte-d’orien en sèmera pour la toute première fois dans ses terres, en partie consacrées à l’agriculture biologique : « j’étais à la recherche d’une autre céréale, sachant que je ne peux pas avoir du blé et de l’orge à la fois conventionnel et en bio sur la même exploitation ».

On y croit

Cyrille Decosne aborde cette nouvelle campagne avec un certain enthousiasme : « le prix de l’ammonitrate est passé de 880 à 415 euros la tonne, hors taxes, en l’espace d’un an. Cela est beaucoup mieux, même si le tarif était à 180 euros/t en 2000, quand je me suis installé ! Il est dommage que les cours céréaliers suivent cette même tendance baissière depuis un petit moment ».