La Chèvrerie de Val-Mont débute l'année avec enthousiasme et beaucoup de projets. Rencontre avec l’éleveur Michaël Chapelotte.

Le plein d'idées
En plus d'une augmentation de chèvres, de lait et donc de fromages, l''exploitation proposera pour la première fois de la viande de chevreaux, des œufs fermiers et, beaucoup plus original, du savon au lait de chèvre avec son épouse Vanessa.

La routine, il ne connaît pas. Il faut dire que sa chèvrerie est toute récente avec un lancement d’activité en 2017. Mais tout de même… Michael Chapelotte débute l’année de la meilleure des façons avec un maximum d’envies, d’idées et de motivations dans son cheptel caprin. Ce petit-fils d’éleveurs jurassiens a choisi l’agriculture pour se reconvertir professionnellement après 23 années à l’armée : « Je savais depuis un petit moment que j’allais m’installer en élevage, un jour ou l’autre. Reprendre une exploitation bovin lait à la quarantaine passée aurait représenté de bien trop lourds investissements, alors j’ai choisi les chèvres, que j’aime depuis longtemps ». Titulaire d’un brevet de technicien agricole, Michael Chapelotte s’est lancé en 2016 dans un certificat de spécialisation en élevage de chèvres et en transformation fromagère. « Cela m’a beaucoup plu, je ne m’étais pas trompé en choisissant l’élevage caprin… Avec Vanessa, nous avons acheté des chevrettes de deux mois dans la foulée… Notre première saison fromagère s’est déroulée en 2018 », poursuit l’éleveur installé à Jours-en-Vaux ou plus précisément Val-Mont (commune née de la fusion avec Ivry-en-Montagne).

Succès au rendez-vous

Ses 40 alpines et 25 000 litres de lait bio transformés l’an passé en fromages n’ont pas permis de répondre à toute la demande de la clientèle. C’est la raison pour laquelle la Chèvrerie de Val-Mont a décidé de passer 50 chèvres à la traite en 2022. Michael Chapelotte continuera de transformer lui-même ses fromages, principalement lactiques, sans oublier les tommes, les yaourts et les fromages blancs. De nombreux rendez-vous sont donnés à ses clients de mars à novembre sur les marchés d’Épinac, Velars-sur-Ouche, Quetigny, Chagny, Dijon ainsi qu’à la ferme Cérès à Brochon. Les produits sont également proposés dans plusieurs restaurants et magasins tels que Biocoop à Beaune, l’Atelier du bio à Nuits-Saint-Georges, les Comptoirs de la bio à Ahuy, l’épicerie La Bonne mesure à Talant, les Saveurs de nos fermes à Chevigny-Saint-Sauveur. « La demande est au rendez-vous. Depuis le début de la crise sanitaire, les consommateurs ont sérieusement modifié leurs habitudes en privilégiant le local et les bons produits de notre terroir », confie l’éleveur de 46 ans.

Une autre reconversion

Vanessa Chapelotte rejoindra très prochainement son mari sur l’exploitation, cette ancienne gestionnaire de stocks dans une pharmacie suit actuellement un BPREA à Dijon. Son arrivée sur la ferme sera couplée à la création de différents ateliers : « nous allons fabriquer des savons à partir du lait de nos chèvres, ainsi que divers produits cosmétiques. Ce lait présente de nombreuses vertus pour la peau, notamment lorsque l’on rencontre des problèmes d’eczéma ou d’acné. Un petit labo sera créé ces prochains mois pour être opérationnel en cours d’année ». La création d’un atelier de poules pondeuses est aussi envisagée, comme l’indique Michael Chapelotte : « là, ce sera davantage mon secteur… L’idée est d’élever 180 poules, vendre les œufs sur les marchés et créer un produit d’appel pour les formages ». Jamais deux sans trois : la Chèvrerie de Val-Mont innovera une troisième fois durant l’année civile en transformant la viande de ses chevreaux : « nous élevons la totalité des chevrettes pour le renouvellement du troupeau et un peu de ventes. Il reste les mâles qui sont les parents pauvres dans un élevage caprin. Les cabris ne valent malheureusement pas grand-chose, voire même rien du tout… L’an passé, nous en avons livré 19 en Saône-et-Loire pour la modique somme de 50 euros ! Cela ne payait même pas le transport. Avec cet atelier de transformation, nous voulons valoriser la viande de ces jeunes animaux qui, au sevrage, pèsent entre 7 et 8 kg de carcasse et dont la viande, peu connue, a de très bonnes qualités nutritionnelles. Notre volonté est de transformer tout ce que nous produisons ». Contact : 06 03 37 15 85, chevreriedevalmont21@gmail.com