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Élvea 21-89

Vers quelle production se tourner ?

Les éleveurs expriment leurs inquiétudes concernant le marché, considéré comme «incertain».
Par Aurélien Genest
Vers quelle  production se tourner ?
De gauche à droite : Stéphane Mercuzot (secrétaire), Christophe Lechenault (trésorier), François Deroye (président éleveur), Denis Tarteret (président acheteur) et Claude Ferroux (vice-président), le 5 juin à Vitteaux.
Les vaches grasses sont en baisse de 0,50€ par rapport à l’an passé à la même époque et ce, sans surproduction. Les cours des jeunes bovins sont aussi en baisse, les broutards stagnent. C’est le constat dressé par le président François Deroye lors de l’assemblée générale d’Élevea 21-89. [I]«Ces prix de vente qui ne sont plus liés à la quantité produite nous interrogent. Les importations viennent compléter le marché et tirent les prix vers le bas»[i] s’inquiète le Côte d’orien. Ses craintes ne s’arrêtent pas là : [I]«le fameux traité transatlantique risque de déstabiliser encore un peu plus le marché. Des importations de viande en provenance du continent nord-américain et produite avec des méthodes totalement à l’opposé des nôtres et de celles demandées par le consommateur sont inacceptables»[i]. François Deroye s’interroge sur le type de production à privilégier devant un tel contexte. Claude Ferroux, le vice-président d’Élvea 21-89, exprime quant à lui ses difficultés à vendre des animaux maigres : [I]«ils tenaient à peu près le coup ces derniers mois mais là, ils ont baissé de 300 euros par tête en l’espace de quinze jours... Avant, le marchand mettait trois jours à venir les chercher. Aujourd’hui, il met trois semaines ! Le contexte n’est pas bon et la sécheresse n’arrange rien»[i].

[INTER]Déceptions par rapport à la Pac[inter]
François Deroye a abordé la prochaine politique agricole commune. Là aussi, son discours n’est pas très positif : [I]«nous avions fondé de grands espoirs sur cette réforme car les politiques et les décideurs agricoles avaient déclaré que l’élevage était la priorité. Les discours ne semblent pas être en lien avec les actes, même si les derniers arbitrages semblent plus favorables»[i]. Vincent Doal, conseiller bovins viande à la Chambre d’agriculture, a retranscrit les informations dévoilées par le ministre de l’Agriculture quelques jours plus tôt : [I]«Concernant la PMTVA, nous sommes passés à un financement net de 181 euros pour les 50 premières vaches, 131 euros de la 51ème à la 99ème, et 72 euros jusqu’à la 139ème vache, avec application de la transparence Gaec. Cela paraît bien mieux que les 200 euros qui étaient annoncés dans un premier temps pour les 40 premières vaches, puis 75 euros pour les suivantes, sans limite de nombre de bovins. Sur cette même PMTVA, le troupeau allaitant côte dorien s’en sortirait légèrement mieux que lors de la précédente Pac. Il convient de rester très prudent aujourd’hui, car aucune simulation n’a été faite à ce jour»[i].