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Robots de traite

Une autre façon de travailler

Vingt-cinq exploitations côte d’oriennes ont fait le choix de la robotisation. Un producteur du canton de Montbard témoigne.
Par Aurélien Genest
Une autre façon de travailler
L’EARL Bernard se réjouit de son investissement, à plusieurs niveaux.
Alexis Bernard s’est installé en janvier 2012 sur l’exploitation familiale de Montigny-Montfort. Six mois plus tard, un robot de traite faisait son apparition au sein de l’atelier lait. «Ce n’était pas une surprise ni même un choix de dernière minute car c’était le but de mon installation. L’exploitation avait un grand besoin de modernisation» explique l’éleveur d’une soixantaine de vaches Brunes. La salle de traite 2x4 était devenue «totalement obsolète» d’après son père Daniel, aujourd’hui en retraite. Le choix entre un robot et une nouvelle salle n’a fait l’objet d’aucune hésitation de la part de l’EARL Bernard, productrice de 470 000 litres dédiés à l’AOP Epoisses. «D’un point de vue pratique, il n’y a eu beaucoup moins de maçonnerie à effectuer, toutes les traites ont été assurées sans interruption jusqu’à la mise en route du robot» explique le père de famille. Mais là n’est pas «l’essentiel», comme le relève Alexis Bernard, qui vient de fêter ses 23 ans : «le robot, c’est une autre façon de travailler, les journées sont rythmées différemment. Il n’y a plus l’astreinte de la traite qui, chez nous, s’effectuait deux fois par jour à 6 heures et 18 heures. En plus de ce confort de travail, nous obtenons de nombreux résultats sur informatique comme les chaleurs, de précieux éléments sur la quantité et la qualité du lait, les cellules... Toutes ces données arrivent en continu et il est très facile de remonter dans le temps : nous connaissons les évolutions semaines après semaines, mois par mois, années après années, c’est très appréciable et cela aide à progresser techniquement». Daniel Bernard approuve ces propos : «personnellement, j’ai terminé ma carrière avec des problèmes musculaires dûs à la traite. Avec cette machine, Alexis ne connaitra pas les mêmes soucis. Et toutes les informations disponibles témoignent des progrès réalisés dans le métier. La disparition de l’astreinte lui permet de travailler à côté et faire autre chose, comme suivre des formations agricoles». L’utilisation d’un robot de traite nécessite tout de même une présence humaine, comme l’explique Alexis : «il faut être là pour intervenir au moindre problème. Les pépins sont généralement minimes mais il faut les régler au plus vite». L’EARL Bernard ne regrette aucunement cet investissement de 150 000 euros : «la satisfaction est au rendez-vous et cela me permet d’anticiper le départ en retraite du départ de ma mère d’ici quelques années. C’est un cap à frachir. Au départ, on se demande si les bêtes vont s’adapter. Tout s’est finalement bien passé. Une autre satisfaction vient de la production qui a été revue à la hausse : nous avons pratiquement gagné une traite quotidienne par vache. L’utilisation d’une mélangeuse peu de temps après mon installation y a aussi contribué».