Une astuce à copier
Un éleveur ovin de Côte-d'Or a remporté le premier prix du Berger Futé de TechOvin.
Mieux vaut tard que jamais ! Nous sommes totalement passés à côté de cette information à l'automne : Éloi Mony, éleveur à Francheville à côté de Saint-Seine-l'Abbaye, a remporté le premier prix du dernier Berger Futé de TechOvin. Ce concours national récompense et promeut chaque année des astuces mises en place par les bergers sur leurs exploitations. Afin de faciliter la contention de ses agneaux lors du déparasitage, l'éleveur côte-d'orien a fixé une patte métallique sur le manche de son pistolet. Un crayon marqueur y a été inséré. Seule une main est ainsi mobilisée pour traiter et marquer les animaux. La seconde main du berger est donc disponible pour les contenir. « Sans ce système, il faudrait trois mains, donc deux personnes », fait remarquer Éloi Mony, « il en faudrait une pour maintenir la tête de chaque ovin, une autre pour manipuler le pistolet et une autre pour marquer le mouton avant de le relâcher. J'utilise cette technique depuis mon installation il y a six ans, je n'ai pas besoin d'aide et je peux travailler seul ! ».
C'est pas moi !
Éloi Mony connaît bien ce concours du Berger Futé et regarde avec attention les résultats de chaque édition. « Mais pour ma part, je n'ai absolument aucun mérite », souligne l'éleveur, avant de se justifier : « tout d'abord, cette technique, ce n'est pas moi qui l'ai inventée, c'est Sylvain Thierry, éleveur en Haute-Marne, aujourd'hui en retraite, chez qui j'étais en stage à l'époque. J'avais essayé ce pistolet chez lui et cela m'avait beaucoup plu, j'ai eu envie de le reproduire une fois chez moi. Sylvain n'avait jamais voulu participer au Berger Futé. Moi non plus, d'ailleurs, car je ne suis pas un féru de concours. C'est mon oncle Laurent Solas, technicien ovins en Saône-et-Loire, qui a insisté et il a même fait les démarches pour moi ! Je lui avais donné mon accord, cette astuce toute simple méritait d'être connue. Il m'avait filmé en train de travailler il y a un peu plus d'un an et ce concours, je n'y pensais même plus. Même la conception en elle-même, je ne l'ai pas réalisée : la soudure spécifique, je l'avais confiée à Bresson Construction, à Villaines-en-Duesmois ». Vainqueur malgré lui, Éloi Mony a reçu la somme de 1 000 euros pour cette technique mise au goût du jour : « cet argent a permis de financer un bon restaurant, à Blaisy-Bas, avec une quinzaine d'éleveurs de moutons, actifs ou en retraite, sans oublier ceux qui ont fait les démarches pour moi ! Nous avons passé un très bon moment, avec une belle tablée ».