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Histoire

Nationale 7, la route du soleil et des vacances

La route nationale 7, aussi appelée « route du soleil » ou « route des vacances », a constitué l’un des principaux axes routiers français pour partir dans le Sud en vacances. Aujourd’hui déclassée en routes départementales sur une grande partie de son itinéraire, elle est encore empruntée par quelques nostalgiques ou pour éviter les bouchons de l’autoroute A7.

Par C. Dézert
Nationale 7, la route du soleil et des vacances
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Il y a des routes mythiques comme la route 66 aux États-Unis qui s’étend sur 3 945 kilomètres, traverse huit États et trois fuseaux horaires différents, de Chicago à Santa Monica. Certes, beaucoup plus modeste dans son étendue mais tout aussi emblématique, la France a, enfin avait, sa route nationale 7. Elle reliait historiquement Paris, de la porte d’Italie, son point zéro, à Menton (Alpes-Maritimes) sur la Côte d'Azur. Longue de 1 050 kilomètres, elle traversait cinq régions (Île-de-France, Bourgogne, Auvergne, la vallée du Rhône et la Côte d'Azur) et 16 départements. Aujourd’hui, une grande partie de cet itinéraire a été déclassée et porte désormais des numéros de routes départementales (D7, D907, D1007, D6007…), même si plusieurs tronçons conservent l'appellation RN7. À ce jour, plus des deux tiers de la nationale 7 ont été transférés aux réseaux départementaux. Mais la RN7 fait partie du patrimoine national et reste encore prisée des amateurs de patrimoine routier qui empruntent encore l’itinéraire originel pour rejoindre la Méditerranée.

Toute une histoire

L’histoire de la route nationale 7 nous ramène à l’Antiquité romaine. Ses origines remontent à la voie romaine Via Agrippa. Au fil des siècles, elle va progressivement être aménagée, notamment sous Louis XV, où elle sert de route de poste, puis sous Napoléon, où elle sera la route impériale 8. Elle devient la route royale nᵒ 7 en 1824, puis route nationale 7 sous la IIIᵉ République. C'est surtout au XXᵉ siècle que la nationale 7 entre dans la légende. Elle est officiellement créée en 1932 et connaît son apogée dans les années 1950 à 1970. Elle devient la route mythique des vacances avec l’avènement de l’automobile. Ce sont les Trente Glorieuses, une période de forte croissance économique, de prospérité et de plein-emploi, et les Français veulent profiter des congés payés, voir du pays, partir en vacances et découvrir la Grande Bleue. Elle est tellement populaire que Charles Trenet en fera une chanson en 1955 intitulée « Route nationale 7 » et dont les paroles illustrent l’ambiance de l’époque : « On est heureux, nationale 7. De toutes les routes de France, d’Europe, celle que j’préfère est celle qui conduit, en auto ou auto-stop, vers les rivages du Midi ». Il célèbre « la route des vacances qui fait d'Paris un petit faubourg d'Valence ».

Un symbole de liberté

Les Français attendent l’été avec impatience pour avaler, en Renault 4 CV, en Citroën DS ou en Peugeot 403, les kilomètres de la N7. Dans les villages, jeunes et anciens regardent passer les voitures pour découvrir les nouveaux modèles. C’est le symbole de la liberté. Pour rejoindre leur destination, le trajet pouvait prendre plusieurs jours, ponctué d’étapes dans les hôtels et relais routiers et d’arrêts dans les stations-service qui vivaient au rythme des vacanciers. Les kilomètres défilaient sur cette route bordée de milliers de platanes qui procuraient de l’ombre aux voyageurs mais qui étaient également redoutés. Les sorties de route se terminaient souvent contre un tronc d’arbre, ce qui conduira progressivement à les abattre ou à les protéger.

L’A7 détrône la N7

Son tracé passant au cœur des villes et villages, avec l’augmentation de la circulation, la route nationale 7 devient également célèbre pour ses embouteillages. Dans les années 1970, les autoroutes A6 et A7 qui relient Paris, Lyon et Marseille sont inaugurées, et la nationale 7 va peu à peu perdre de son aura. Les automobilistes vont privilégier la rapidité. Si elle n'est plus le principal axe vers la Méditerranée, la nationale 7 connaît aujourd'hui un regain d'intérêt. Passionnés d'automobiles anciennes, motards et amateurs de slow tourisme redécouvrent son tracé historique. Des anciennes stations-service sont restaurées, des panneaux d'époque réapparaissent et plusieurs associations œuvrent à préserver la mémoire de cette route mythique.

A. Etienne
La route nationale 7, longue de 1 050 kilomètres, traversait cinq régions (Île-de-France, Bourgogne, Auvergne, la vallée du Rhône et la Côte d’Azur) et seize départements.

Lapalisse ou la nostalgie des bouchons

Entre nostalgie, patrimoine et esprit festif, l’Embouteillage de Lapalisse s’est imposé en vingt ans comme l’un des rendez-vous majeurs consacrés à la Nationale 7. Une manière de rappeler que, bien avant d’être une route, la N7 fut surtout un symbole de liberté et de départ vers les vacances.

Lapalisse ou la nostalgie des bouchons
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Véhicules d'époque, ambiance rétro et des files de véhicules sans fin… Depuis vingt ans, l'Embouteillage de Lapalisse fait revivre tous les deux ans les grands départs en vacances.

Des voitures pleines de bagages, des vélos qui slaloment, des pique-niques improvisés sur les bords des routes, un moteur en surchauffe… le début des vacances ressemblait à cela le long de la Nationale 7. Si aujourd’hui les klaxons retentissent dans les embouteillages qui se forment bien souvent sur l’A7 qui a, depuis, remplacé la N7, à l’époque ils faisaient partie intégrante des vacances. Aujourd’hui, la nostalgie persiste et dans l’Allier, à Lapalisse. Tous les deux ans, depuis vingt ans, Lapalisse reconstitue l’ambiance des années 1950 à 1965. Voitures anciennes chargées de valises, caravanes, scooters, camions, cyclistes en tenue d’époque et scènes de voyage recréent les vacances d’antan. Le public retrouve les haltes dans les stations-service, les pique-niques improvisés au bord de la route ou encore les pauses mécaniques lorsque les moteurs surchauffaient sous le soleil.

Une fête populaire

Créé en 2006 à l’occasion de la déviation de la ville, l’événement devait initialement marquer la fin des encombrements qui faisaient autrefois la réputation du bourg bourbonnais. Vingt ans plus tard, le paradoxe est devenu une fête populaire de grande ampleur. Organisé par la communauté de communes du Pays de Lapalisse avec le concours de plus de quarante associations, l’Embouteillage attire aujourd’hui près de 3 000 participants et plus de 30 000 visiteurs venus de toute la France et même de l’étranger. Pour les vingt ans de l’événement et la 11e édition qui se tiendra du 5 au 11 octobre, les organisateurs annoncent près de 950 véhicules correspondant à la période reconstituée. Cinq villages de départ seront mobilisés pour un parcours d’environ 30 kilomètres sur l’ancienne Nationale 7. Plusieurs sites emblématiques de la Nationale 7 retrouveront leurs couleurs d’origine avec la mise à l’honneur d’anciennes stations-service, d’un camping d’époque, d’une brigade de gendarmerie ou encore d’un arrêt d’autocar.