Sur la DNC, s'appuyer sur des critères scientifiques
DNC, mais aussi FCO, étaient au menu de la conférence de presse organisée le 16 décembre à Nevers par la FDSEA et les JA 58. Emmanuel Bernard, président de la FDSEA, revient sur les échanges qui ont eu lieu dans ce cadre, ainsi que sur sa participation à un point avec la FNB et la FNPL.
Mardi 16 décembre, les JA et la FDSEA 58 ont participé, à la Préfecture de la Nièvre, à une visio conférence avec l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Il fut évidemment question de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi, plus globalement, des problèmes sanitaires qui concernent l'élevage nivernais, tels que la FCO. Y participaient Éric Cardinale, directeur scientifique de la santé animale et du bien-être animal au sein de l'Anses, et Gilles Salvat, le directeur général de l'agence. « Un point scientifique a été fait autour de la DNC, précise Emmanuel Bernard, et sur le protocole qui la concerne. On voit qu'il s'agit d'une maladie très compliquée à détecter, notamment sur des animaux porteurs sains. Ces derniers ont un effet contaminant assez complexe à comprendre et, en plus, ils peuvent être contaminants tout en restant négatifs aux prises de sang ». Il semble également difficile d'établir une distinction entre la vaccination et la circulation de la maladie. Mais il reste que la préservation du statut indemne de la France sur cette maladie demeure essentielle. « On a demandé, poursuit Emmanuel Bernard, les raisons pour lesquelles on ne pourrait pas envisager d'abattre en abattoir en prenant des précautions, mais cette solution se heurte à des problèmes d'organisation et surtout à l'acceptation sociétale de la chose : on risque d'instiller le doute chez les consommateurs. »
Élargir à d'autres problématiques sanitaires
S'informer sur ces aspects scientifiques est important aux yeux du président de la FDSEA 58 afin de tenir, sur le terrain, une parole syndicale la plus solide possible. La conférence de presse réalisée à l'issue de ce rendez-vous en préfecture avait aussi pour but de parler d'autres problématiques sanitaires, et notamment de la FCO. « Cette maladie entraîne de nombreuses difficultés dans la gestion des troupeaux, avec des pertes et des coûts. Par ailleurs, nous voulions aussi aborder les productions végétales, avec de vrais problèmes de rentabilité, des exploitations qui se retrouvent dans des situations économiques très compliquées… Dans la Nièvre, se posent finalement un certain nombre de sujets (taxation des engrais, accords du Mercosur, risque de baisse du budget de la prochaine PAC) sur lesquels nous sommes à la tâche, avec la Chambre d'agriculture, les pouvoirs publics, et nous accompagnons tous les agriculteurs. C'est aussi le lien que l'on fait avec notre déplacement à Bruxelles le 18 décembre pour manifester. »
Préserver le statut indemne de la France
Lors de ce 16 décembre, Emmanuel Bernard a aussi participé à un point réalisé avec la Fédération nationale bovine (FNB) et la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL). Là aussi, il fut question de la DNC : « là encore, souligne celui qui est aussi vice-président de la FNB, le focus a été porté sur la nécessité de préserver notre statut indemne. Il s'agissait aussi de s'assurer que la réserve européenne de vaccins est bien reconstituée, que la France puisse en avoir assez, et de faire comprendre à tout le monde, et notamment à ceux qui expliquent qu'il faudrait vacciner en totalité, que cela entraînera la perte de notre statut indemne avec un blocage des exportations qui pourrait être assez long. Il faut aussi prendre en compte qu'en période de vêlage, le taux de vaccination d'une exploitation peut vite baisser : on vend des broutards qui mettent huit jours à partir mais, pendant ces huit jours d'autres veaux naissent et font donc mathématiquement baisser votre taux de vaccination. Cela signifie qu'il faudrait instaurer une dérogation aux veaux qui naissent… Lorsqu'on est, comme c'est le cas actuellement, dans le cadre d'un protocole négocié avec l'Italie, qui est déjà très complexe (Tests PCR, visite vétérinaire, dépendance vis-à-vis du collectif qui a vacciné…) on ne peut pas jouer avec ça. » Et on ne parle même pas de personnes inconséquentes qui appellent au non-signalement des animaux malades… Dernier élément qu'Emmanuel Bernard pointe : vivre avec la maladie ramènerait le niveau sanitaire de la France au niveau de celui de pays en voie de développement. « Il y a des pays qui vivent avec la fièvre aphteuse, ou d'autres, comme la Turquie, par exemple, qui vivent avec la DNC, souvent parce qu'il n'y a pas d'indemnités de l'État pour accompagner les dépeuplements et repeuplements des élevages, mais surtout, ils n'ont pas de statut à défendre dans la mesure où ils ne sont pas exportateurs. Il ne faut pas se tromper… » La Chambre d'agriculture, le GDS 58 et la FDSEA 58 vont organiser une réunion sur la DNC, ce lundi 22 décembre à 19 heures, à Rouy.