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Adaptation

Sous nos pieds, on prend de la hauteur

Le colloque Avertisol, organisé le 16 décembre en Côte-d'Or par la Chambre d'agriculture, a suscité beaucoup d'intérêt. La thématique du rôle des sols agricoles face au changement climatique y a été traitée avec compétence et une grande variété de points de vue.

Par Berty Robert
Sous nos pieds, on prend de la hauteur
Les conseillers agricoles qui se sont impliqués dans le programme Avertisol ont été salués à l'occasion du colloque.

Des conseillers, des techniciens, un agroclimatologue, des agriculteurs… Le colloque Avertisol, organisé le 16 décembre à Is-sur-Tille par la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or avait le mérite de multiplier les angles d'approche sur la question des sols comme alliés face au changement climatique. Les 200 participants à cette journée prouvaient que le sujet ne laisse pas indifférent. Entre le changement climatique, les restrictions croissantes d'utilisation d'intrants chimiques et la situation particulière des zones intermédiaires aux sols peu profonds, il y avait du grain à moudre pour réfléchir aux pistes permettant de préserver nos productions agricoles. Ces pistes, elles sont nombreuses : recours aux couverts végétaux, agriculture de conservation des sols, attention portée à la vie des sols… et aucune d'entre elles ne constituent une réponse définitive et absolue. Cela était confirmé par les témoignages de deux agriculteurs du plateau châtillonnais, Jean-Pierre Gilbert et Benoît Lavier.

Une agriculture qui s'interroge

Individuellement, ou au sein de Groupes d'études et de développement agricole (Geda), chacun met en place des pratiques, parfois depuis plusieurs générations, mais toujours avec la conscience que dans ce domaine, il n'y a pas de solutions définitives et universelles. Ce qui marche ici peut échouer ailleurs. Leur témoignage montrait une agriculture qui s'interroge, qui doute, qui se trompe mais qui réussit aussi, qui tente surtout de s'adapter en permanence, et en revenant à certains fondamentaux agronomiques. Le regard de l'agroclimatologue Serge Zaka était aussi précieux, permettant de faire comprendre que le changement climatique ne se résume pas à un réchauffement. Il se traduit par des excès de chaleurs, mais aussi des excès d'eau. Pour lui, « les sols vont devoir tamponner les excès et les déficits. Le sol n'est plus juste un support pour le végétal, il faut le voir comme une source de fertilité et d'eau. » Il considère que ce contexte va générer un besoin croissant d'agriculture de précision, propre à chaque type de sol, chaque type de filière, et pour laquelle l'uniformisation serait une erreur. Cette adaptation sous-entend également une montée en compétences, en technicité, en formation, pour des agriculteurs qui, en parallèle, devront confronter à des échecs qu'il faudra pouvoir digérer économiquement : d'où la nécessité de soutien financier, et donc de choix politiques en cohérence avec les volontés affichées d'une agriculture respectueuse de l'environnement, rappelés par Serge Zaka.

Renforcer le conseil

L'adaptation elle se joue aussi au niveau du conseil agricole. Avertisol est d'ailleurs un programme pour lequel de nombreux conseillers de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or se sont impliqués tout au long de l'année. Parmi eux, Laurine Thibault soulignait l'importance de renforcer le conseil autour de la compréhension des sols et rappelait le travail d'expérimentation que les services de la Chambre mènent tout au long de l'année sur ces questions. Ce colloque Avertisol, au-delà des interventions qui l'ont jalonné, fut un vrai moment d'échanges témoignant de la prise en compte réelle par une grande partie du monde agricole des problématiques d'adaptation au changement climatique. Un constat qui pousse à inciter la Chambre à poursuivre sur ce terrain, en 2026…