Agriculture urbaine
Quand les villes se mettent au vert
à l’invitation de GreenFlex, une agence privée dédiée au développement durable, plusieurs acteurs de l’agriculture urbaine ont réfléchi à l’avenir et aux modèles de cette dernière.
Selon la FAO, l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) consiste à cultiver des plantes et à élever des animaux à l’intérieur et aux alentours des villes. Elle serait pratiquée par 800 millions de personnes dans le monde. On estime qu’en 2050, 70 à 80 % de la population mondiale sera citadine. Aujourd’hui, cette activité se développe et les villes françaises n’échappent pas à la règle, pourtant il faut s’interroger sur la pérennité des modèles à mettre en place. Pour Virginie Bernois, directrice conseil chez GreenFlex, l’agriculture urbaine a pour objectif de produire, distribuer et transporter dans des zones urbaines et périurbaines à destination des urbains. «C’est une agriculture qui s’adapte au contexte et aux enjeux. Les modèles ne seront pas les mêmes s’il s’agit d’une friche, d’une terrasse ou d’un balcon». Grégoire Bleu, co-fondateur de la Boîte à champignons-Upcycle et président de l’Afop, estime que trois grands modèles émergent : «le modèle de type productif attrait par exemple aux fermes verticales qui fleurissent en Asie ; l’agriculture récréative concerne pour sa part les jardins ouvriers ou des initiatives comme «La boîte à champignons», et puis il y a l’agriculture RSE, celle qui devient prétexte : elle va reconnecter les gens à la production là où c’était impensable, comme au sein d’un établissement scolaire difficile».
La grande distribution s’intéresse aussi à l’agriculture urbaine pour, selon Sandrine Mercier, directrice développement durable chez Carrefour «proposer, dans le cadre de la biodiversité, aux clients des produits ultra frais cueillis le jour même, qui ont du goût et qui présentent 0 kilomètre alimentaire». L’enseigne a ainsi mis en place, en partenariat avec la start-up Agripolis, sur le parking de son magasin de Sainte Geneviève-des-Bois un potager vertical de 300 m2 cultivé en aéroponie. Il se compose de colonnes de cultures où l’eau et les nutriments autorisés en agriculture biologiques, circulent en circuit fermé.
Faisabilité et rentabilité
Autre initiative : le magasin de Villiers-en-Bière a installé sur son toit un potager de 1 000 m2 où sont cultivées une centaine d’espèces avec l’aide des élèves du lycée agricole et horticole Bougainville de Brie-Comte-Robert. «Nous essayons de produire des variétés que ne font pas nos producteurs locaux pour ne pas les léser. Quant aux prix, nous visons ceux du bio et nous nous efforçons d’expliquer notre démarche aux clients qui sont réceptifs et demandeurs de produits sains et locaux» explique Sandrine Mercier. Tous les acteurs s’accordent sur un point : chaque projet doit être mûrement réfléchi en termes de faisabilité et de rentabilité. «Pour les toits, il faut une certaine portance, donc cela limite les possibilités pour les potagers. Il est parfois plus facile de les intégrer sur les bâtiments à construire» souligne Sandrine Mercier. «Fabriquer une serre coûte environ 150 euros le mètre carré à la campagne, deux fois plus en ville et près de 1 000 euros sur un toit» estime pour sa part Grégoire Bleu qui ajoute : «la résilience et la frugalité en termes technologiques vont être les mots clés pour ne pas s’embarquer dans des projets non viables. Il faut aussi veiller à être capable de vendre 100 % de sa production et au vu du prix du mètre carré en ville, veiller à ce qu’il y ait une bonne productivité au m2.» Et de conclure : «Il y a des modèles qui peuvent paraître absurdes à première vue mais qui ne le sont pas. Ainsi produire des fraises toute l’année peut être valable si pour ce faire on récupère la chaleur des bâtiments».
La grande distribution s’intéresse aussi à l’agriculture urbaine pour, selon Sandrine Mercier, directrice développement durable chez Carrefour «proposer, dans le cadre de la biodiversité, aux clients des produits ultra frais cueillis le jour même, qui ont du goût et qui présentent 0 kilomètre alimentaire». L’enseigne a ainsi mis en place, en partenariat avec la start-up Agripolis, sur le parking de son magasin de Sainte Geneviève-des-Bois un potager vertical de 300 m2 cultivé en aéroponie. Il se compose de colonnes de cultures où l’eau et les nutriments autorisés en agriculture biologiques, circulent en circuit fermé.
Faisabilité et rentabilité
Autre initiative : le magasin de Villiers-en-Bière a installé sur son toit un potager de 1 000 m2 où sont cultivées une centaine d’espèces avec l’aide des élèves du lycée agricole et horticole Bougainville de Brie-Comte-Robert. «Nous essayons de produire des variétés que ne font pas nos producteurs locaux pour ne pas les léser. Quant aux prix, nous visons ceux du bio et nous nous efforçons d’expliquer notre démarche aux clients qui sont réceptifs et demandeurs de produits sains et locaux» explique Sandrine Mercier. Tous les acteurs s’accordent sur un point : chaque projet doit être mûrement réfléchi en termes de faisabilité et de rentabilité. «Pour les toits, il faut une certaine portance, donc cela limite les possibilités pour les potagers. Il est parfois plus facile de les intégrer sur les bâtiments à construire» souligne Sandrine Mercier. «Fabriquer une serre coûte environ 150 euros le mètre carré à la campagne, deux fois plus en ville et près de 1 000 euros sur un toit» estime pour sa part Grégoire Bleu qui ajoute : «la résilience et la frugalité en termes technologiques vont être les mots clés pour ne pas s’embarquer dans des projets non viables. Il faut aussi veiller à être capable de vendre 100 % de sa production et au vu du prix du mètre carré en ville, veiller à ce qu’il y ait une bonne productivité au m2.» Et de conclure : «Il y a des modèles qui peuvent paraître absurdes à première vue mais qui ne le sont pas. Ainsi produire des fraises toute l’année peut être valable si pour ce faire on récupère la chaleur des bâtiments».
En Belgique aussi
Steven Beckers, l’architecte belge co-fondateur de l’agence Lateral Thinking Factory (économie circulaire) et de Building Integrated Greenhouses, a développé sur près de 4 000 m2 une ferme aquaponique sous serres sur le site des abattoirs d’Anderlecht, une première en Europe pour l’agriculture urbaine. Des déjections de poisson pour fertiliser la terre, et faire pousser des plantes ou des légumes en ville, tel est le principe de l’aquaponie (contraction d’AQUAculture et d’hydroPONIE). Steven Beckers estime qu’il faut utiliser les technologies avancées en faveur de l’agriculture urbaine et multiplier ce genre d’initiative.