Pouilly en apéritif
Une action syndicale très animée s'est déroulée ce lundi à Pouilly-en-Auxois.
Ils l'avaient mauvaise en rentrant de Bruxelles et ils ont remis ça, plus localement. Les adhérents FDSEA-JA de Côte-d'Or se sont donné rendez-vous le 22 décembre devant la Chambre d'agriculture de Créancey. Deux ronds-points en feu, des banderoles revendicatives un peu partout, la levée du péage de l'autoroute… Il y avait de l'animation et de très nombreux internautes ont pu suivre cette manifestation en quasi-direct sur notre page Facebook (quatre vidéos sont disponibles). Bloquer l'A6 est bien « passé » dans la tête des responsables syndicaux, mais le moment était sans doute mal venu avec l'approche de Noël. Ce n'est que partie remise selon Antoine Carré, le président de la FDSEA de Côte-d'Or. « Je pense que nous allons reprendre dès le 2 janvier. D'ici là, il faut être présent sur le plan médiatique, maintenir un maximum la pression sans emmerder la population ». Une nouvelle action était d'ailleurs programmée dès le lendemain, mardi, à la Toison d'Or à Dijon.
Trois gros sujets
Antoine Carré, agriculteur à Verrey-sous-Salmaise, exprime le ras-le-bol général de la profession : « il y a une multitude de sujets, mais trois d'entre eux sont sans doute plus importants que les autres car ils vont avoir un impact financier monumental sur nos exploitations. Le Mercosur tout d'abord : nous n'avons pas de visibilité sur les impacts sur nos marchés, mais il y en aura. Et tout ce qui pourrait rentrer sur notre territoire irait à l'encontre de ce que nous faisons ou plutôt, de ce que nous ne faisons pas. Je pense à toutes les contraintes et normes que nous avons en Europe ! Ce serait du foutage de gueule, il n'est pas possible de négocier avec ça ». L'agriculteur de Verrey-sous-Salmaise aborde ensuite le MACF (Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) : « il fait beaucoup parler en ce moment et pour cause, une augmentation du prix de l'engrais est à redouter, elle pourrait représenter 40 euros de l'hectare ! Nous aurions plutôt besoin de 40 euros/ha de soutiens ! Ce MACF, il ne faut pas l'oublier, est un dispositif général qui ne concerne pas uniquement le monde agricole. L'idée de notre syndicat est de le mettre en stand-by et de retirer les engrais. Compte tenu du prix actuel du blé, le moindre centime de hausse sur l'engrais est inconcevable. C'est certain, nous ne lâcherons rien sur ce sujet ». Le Côte-d'orien termine sur la Pac : « nous sommes dans une crise économique, nous l'avons bien compris. Mais il est impossible de taper une nouvelle fois sur l'agriculture. Si nos dirigeants veulent trouver de l'argent, je leur donne ici une solution qui ne coûtera strictement rien : enlevez les contraintes, laissez-nous produire et vous verrez, nous ramènerons du PIB en France. Cette année, la balance commerciale sur l'export ne sera pas positive pour la toute première fois… C'est une triste première. On nous enlève des moyens de production et on en arrive là… ».