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Salers

Meilleurs veaux et bonne année

Un éleveur de Grenant-lès-Sombernon dresse un bon bilan de sa campagne de vêlages.
Par Aurélien Genest
Meilleurs veaux et bonne année
Sylvain Lecour compte 146 veaux pour 141 vaches. Un seul vêlage a été assisté.
Facilités de naissance, fertilité, longévité, charges alimentaires : la Salers apporte bien des avantages au sein d’un élevage. Sylvain Lecour, éleveur à Grenant-lès-Sombernon, ne dira certainement pas le contraire: «L’année a été encore bonne dans ces différents domaines : nous n’avons assisté qu’un seul vêlage. Le vétérinaire est venu une seule fois, non pas pour une césarienne, mais pour un veau qui avait un début de méningite. Il n’y a eu aucune autre intervention, les frais sont, de ce fait, plus que minimes. Le taux de mortalité n’est que d’1,36%. En Salers, les vaches reprennent très vite le taureau, l’intervalle vêlage-vêlage n’est que de 367 jours chez nous. La longévité de ces animaux est exceptionnelle : des vaches de 13 et 14 ans ont encore donné naissance à des jumeaux cette année. Sur l’aspect alimentaire, la Salers est très économe et très facile à entretenir». Le Gaec Lecour enregistre l’intégralité de ses naissances en plein air : «c’est l’idéal sur l’aspect sanitaire, les animaux ne sont pas concentrés à un même endroit sous un bâtiment. Il n’y a rien de plus propre que l’extérieur. Je déparasite au cas par cas, selon les résultats de la coprologie parasitaire. Cette année, le déparasitage s’est porté sur 40% du troupeau, cela tourne généralement entre 30 et 50% des bêtes. Nous ne faisons aucun vaccin sur les vaches. Nous ne vaccinons que les petits veaux qui rentrent en stabulation, contre la grippe. Le plein air implique d’avoir des prés porteurs et nous n’en n’avons pas suffisamment pour laisser tous les animaux dehors en période hivernale».

No stress
La Salers a été développée dès 2012, année au cours de laquelle la tuberculose bovine a sévi à Grenant. «Nous avons décidé d’augmenter le troupeau dans cette race, qui ne représentait que 25% des effectifs à l’époque. Le reste était du Charolais, qui a totalement disparu depuis. Aujourd’hui, notre troupeau Salers est composé de 65% en croisés, 35% en purs», précise Sylvain Lecour. L’éleveur de 45 ans ne reviendrait pour «rien au monde en arrière» dans ses choix: «nous avons gagné en simplification du travail et nous faisons beaucoup d’économies. Il y a beaucoup moins de stress qu’avant. À l’époque, nous avions généralement entre 8 et 10 césariennes durant chaque campagne. Les interventions vétérinaires étaient plus que régulières et les nuits souvent courtes ! En bâtiment, les animaux avaient de nombreux problèmes respiratoires et des diarrhées». Les vêlages d’automne présentent d’autres atouts: «nous avons 160 ha en grandes cultures que nous préparons en septembre et semons en octobre durant la plus grosse période de vêlages, nous avons environ 110 naissances à cette période. Le bon déroulement des vêlages nous permet d’aller travailler sereinement dans les champs. Un tour de prés d’une heure voire une heure et demie est nécessaire chaque matin. On boucle alors les veaux le plus vite possible avant qu’ils ne soient trop vigoureux. Nous refaisons un tour en fin de journée».

Commercialisation
Le Gaec Lecour vend ses veaux début juin à la Cialyn, quand le marché est le plus porteur. «Trop d’animaux arrivent en juillet et août, cela se ressent sur les prix», précise le Côte-d’Orien, en Gaec avec son frère Mickaël, «sur nos 30 vaches de réforme, la moitié est valorisée en circuits courts. Nous en vendons cinq depuis notre ferme, avec l’aide d’un boucher. Dix autres partent dans une boucherie de l’Yonne. Le reste prend la direction de la Sicavyl à Migennes». Adhérent de l’association Salers de Bourgogne depuis une douzaine d’années, Sylvain Lecour arrive tout de même à recenser quelques inconvénients de sa race favorite: «les carcasses varient de 390 à 450 kg, ce n’est pas énorme mais de plus en plus de grossistes en viande recherchent ce type de gabarits. La valorisation des mâles purs est notre plus grande lacune, il y a une moins value pour ce type d’animal. Les croisés se vendent heureusement aux mêmes prix que les charolais».