Les compteurs ont explosé
La vente de taureaux de Créancey a livré un résultat spectaculaire vendredi dernier.
Les cours de la viande sont encourageants et cela se ressent sur les investissements dans la génétique ! Vendredi 13 février à Créancey, les acheteurs n'ont pas fait « dans la dentelle » pour acheter de bons taureaux. Le ton était donné d'entrée avec des gradins archi-pleins, 90 boîtiers distribués, 20 autres personnes prêtes à enchérir à distance et un premier veau parti pour 10 100 euros ! Quarante-neuf des 51 reproducteurs de ce millésime ont été vendus à une moyenne record de 6 529 euros (l'un des deux invendus a même trouvé preneur à l'issue de la vente). Le « top-price » a été l'œuvre de Violon, né au Gaec de Fontaine blanche à Moux-en-Morvan (58) avec une très belle enchère à 13 800 euros. L'animal qui a certainement séduit par ses facilités de naissance et sa croissance, rejoindra la Hongrie, chez un acheteur nommé Miklos Barna basé à Budapest, avec l'aide de Simon Genetic. Cette enchère ne bat toutefois pas le record établi en 2022 par un veau qui avait atteint la somme de 15 500 euros. En restant sur les records, celui de la moyenne de prix a été plus que pulvérisé : il était jusqu'à présent de 4 514 euros, score de 2025, soit un différentiel de plus de 2 000 euros ! Le nombre d'acheteurs potentiels a lui aussi été battu : il y a deux ans, 78 personnes avaient récupéré un boîtier et 16 personnes étaient à distance. À noter que la mise à prix de cette édition 2026 avait été sérieusement revue à la hausse (3 800 euros). Les enchères, elles, se faisaient désormais par tranches de 100 euros. Pour être complet, les trois autres élevages qui ont vu partir leur veau pour au moins 10 000 euros sont l'EARL Coiffu (Massingy en Côte-d'Or, enchère de 10 100 euros), Éric Langillier (Haute-Marne, 12 400 euros) et le Gaec de l'élevage Terreau (Saône-et-Loire, 10 000 euros).
Rencontre avec un acheteur
Quatre-vingt-dix personnes s'étaient munies d'un boîtier électronique, dont Lilian Jannier, jeune éleveur à Collonges près de Semur-en-Auxois. Celui-ci avait fait le déplacement avec Christophe, son père, dans le but d'acheter un taureau : « L'an passé, nous étions repartis avec un reproducteur sans cornes à mettre sur nos génisses. Cette fois, notre objectif était de miser sur un animal avec un fort développement squelettique et musculaire ». Une dizaine de veaux avaient été repérés sur le site internet de la station. « Nous avons affiné cette sélection au fil des jours qui précédaient la vente, et il n'en restait plus que quatre ou cinq aujourd’hui », indique le jeune éleveur qui s était fixé une limite de prix « autour de 6 000 euros ». Le premier veau à passer se nommait Vikash, né à la SCEA Thomassin (71). L'animal est parti pour 7 300 euros à l'EARL Louis Griveaud (71) et n'a donc pas pris la direction de Collonges. Le second veau sélectionné par Lilian et Christophe Jannier répondait au nom d'Arthus, né à l'EARL Barthet (25). Veau intouchable lui aussi avec ses 9 100 euros, acquis par Charolais Évaluation 71. La troisième tentative fut la bonne avec Adidas, né chez le Côte-d'orien Xavier Loichot : l'enchère de 6 200 euros de Lilian Jannier fut la dernière sur cet animal. Sans regret puisque les deux autres veaux repérés allaient partir plus cher dans l'après-midi de ce 13 février : Vaele, né à l'EARL des Quatre saisons (71) a été vendu 8 500 euros à l'EARL de la Vigne (Meilly-sur-Rouvres). Alibaba, né chez Dominique Compot (58) faisait monter les enchères à 8 000 euros, pour partir au Gaec Gheeraert de Châtillon-sur-Seine.