L'avenir de l'élevage passe par la biosécurité
Le 27 janvier dernier, le Groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Yonne a dressé un état des lieux sanitaire de l'élevage du département.
C'est devant une trentaine de personnes, au Club Vert d'Auxerre, que Désiré Paul, président du Groupement de défense sanitaire (GDS) a lancé l'assemblée générale par son rapport moral. « L'année 2024 avait porté un fort coup au moral des éleveuses et éleveurs. Elle avait été capricieuse et compliquée sur le plan sanitaire avec de très nombreuses contaminations de FCO nécessitant la vaccination des cheptels ovins et bovins. Ces virus ont occasionné des avortements, des problèmes de fertilités, de fécondités et de grosses pertes financières dans certaines exploitations. 2025 a commencé par des cas de FCO plus ou moins importants selon les secteurs provoquant des pertes très variables selon les cheptels », déclare-t-il, avant d'en venir au sujet sanitaire le plus marquant de ces dernières semaines : la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Le mois de juin est arrivé avec l'apparition du premier cas de DNC en France. Cette maladie très contagieuse nécessite la mise en place de protocoles très stricts, la mise en place du dépeuplement des foyers, la limitation des mouvements de bovins et la mise en place de la vaccination obligatoire des bovins dans les zones concernées », retrace-t-il. Désiré Paul rappelle qu' « il est important de mettre à disposition un point d'eau pour laver les bottes et pour toute personne extérieure à l'exploitation ; de nettoyer le pédiluve très régulièrement et de veiller à la désinfection régulière des transports d'animaux ». Après avoir listé les recommandations, Désiré Paul laisse la parole à Armelle Courtois, attachée de direction du GDS, pour la présentation du rapport financier dans un premier temps puis du rapport d’activité. Sur la situation de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) dans l'Yonne, elle rappelle que depuis le 1er janvier 2026 les cheptels non qualifiés indemnes en IBR ne peuvent être sortis que vers l’abattoir. En date du 15 janvier 2026, « deux éleveurs sont concernés, avec pour l'un trente-deux bovins à réformer (avec un taux de contaminations de 34 %) et le second cent bovins à réformer (avec un taux de contamination de 31 %) », informe-t-elle avant d'ajouter que les six autres éleveurs sont quant à eux déjà qualifiés ou en passe de l'être sur la campagne 2025-2026. En ce qui concerne la besnoitiose, la maladie n'étant pas réglementée le GDS ne peut pas imposer de plan sanitaire. Ainsi, parmi les exploitations qui se sont vues proposer un plan, cinq ont refusé. Le problème est que « la besnoitiose a un potentiel contaminant pour les éleveurs des alentours », déclare-t-elle. Étienne Petit, directeur du GDS Bourgogne Franche-Comté, explique qui le plan sanitaire n'est pas réglementé, « parce qu'il existe une différence de vision entre le nord de la France, qui souhaite éradiquer la maladie, et le sud qui souhaite vivre avec, car il existe un nombre plus significatif de cas. En l'absence d'une unité nationale il est conseillé de travailler sur cette maladie par département ».
Le suivi des maladies
Quant à la diarrhée virale bovine (BVD), Armelle Courtois annonce « qu'un nouveau cas a été détecté dans le département ». Au cours de la période 2024-2025, près de 208 courriers de relance ont été envoyés afin que les bovins soient dépistés. Cela concerne précisément 118 cheptels de l'Yonne.
Après le vote des résolutions, Armelle Chauveau et Cécile Ménétrier, techniciennes à la DDTESPP, ont réalisé une intervention sur différentes prophylaxies d'élevage. Pour se pencher sur un cas spécifique, elles se sont intéressées à la tuberculose bovine où près de 81 cas étaient déclarés en France en 2024, dont de nombreux en Côte d'Or. Pour illustrer la réussite de la lutte contre la maladie, les deux représentantes de l'État reviennent sur le département bourguignon qui a connu 45 cas en 2011, 3 cas en 2023, 1 cas en 2024 et 3 en 2025. « Avec des abattages prévus chaque année sur des bovins positifs, un piégeage intensif et une diminution de la population de blaireaux dans les zones les plus contaminées, nous avons observé une quasi-disparition des cas en élevage, et une diminution par deux, en treize ans, de la prévalence de la maladie dans les populations de blaireaux », analyse Armelle Chauveau. Pour revenir sur l'Yonne, Cécile Ménétrier affirme que 44 cheptels ont été concernés par la prophylaxie, suite au retour de l'enquête « pâtures ». À cela s'ajoute le fait que 2 039 intradermo tuberculinations simples, autrement dit « une des meilleures méthodes pour diagnostiquer la tuberculose bovine », ont été réalisées par les vétérinaires. Au cours de la période, les représentantes des services vétérinaires de l'État affirment que « 11 suspicions ont été constatées en abattoir, mais qu'aucun cas n'a été confirmé ». Face à cela, il y a eu une modification de l'arrêté ministériel du 8 octobre 2021 pris de concert avec le GDS, la préfecture et les organisations vétérinaires à vocation technique (OVVT) que les « éleveurs résidants ou ceux faisant pâturer au moins un animal dans la zone ciblée devaient rédiger et mettre en œuvre un plan de biosécurité, qui doit être conservé au sein du registre d'élevage ». Avant de laisser la place aux questions, Enfin, Armelle Chauveau a refait un point sur la fièvre catarrhale ovine (FCO) au cours de 2025. « Nous avons connu 143 suspicions, parmi celles-ci, nous avons identifié 64 foyers dont 59 foyers du sérotype 3 et 5 foyers du sérotype 8 », concluent-elles.