L'assurance doit se réinventer
Début décembre, Groupama organisait une soirée-conférence à Auxerrexpo sur le thème des « métamorphoses françaises » à l'échelle de la société.
Olivier Thibault et Hayik Afsar, respectivement président de la fédération de l'Yonne et directeur général de Groupama Paris Val-de-Loire ont ouvert le bal de la soirée-conférence organisée début décembre à Auxerrexpo. « Face aux défis environnementaux, sociétaux et économiques qui façonnent notre époque, la durabilité n'est plus une option et ne se résume pas à une simple tendance contemporaine. Avec notre stratégie baptisée Impact Durable, nous avons choisi de placer la responsabilité sociétale au cœur de notre feuille de route pour les cinq prochaines années. Une reconnaissance récente vient confirmer cette dynamique. Groupama Paris Val-de-Loire a obtenu le niveau “Confirmé” du label engagé RSE délivré par l'Afnor », annonçaient-ils. Devant près de deux cents personnes, les responsables ont ensuite laissé la parole à Jérôme Fourquet, directeur du département « Opinion et stratégies d'entreprises » de l'Institut Français d'opinion publique (Ifop). Spécialiste du sondage, il a souhaité orienter son intervention sur les « métamorphoses françaises » et notamment sur trois volets : la transformation du modèle économique, la modification de l'aménagement du territoire, avec un bonus sur la place des identités régionales. Pour débuter, Jérôme Fourquet, a pris l'exemple du parallèle entre Disney et la fermeture de Renault Billancourt, il y a 33 ans. Cette usine était pour lui « la grande citadelle ouvrière qui a marqué notre histoire économique, sociale et industrielle. On se souvient des grèves de 1936, de 68, et cette histoire a perduré jusqu'en 1992 », témoigne-t-il, nostalgique. Et en 15 jours, « la bascule s'est opérée » lorsque Disney s'est implanté, devenant « le 1er employeur de notre pays, une véritable locomotive économique », constate-t-il. Cet exemple illustre la « désindustrialisation » qui a progressivement touché toutes les régions, avec « la sous-traitance automobile, l'agroalimentaire, etc. ».
« Le plus grand plan social sectoriel de l'histoire de France contemporaine »
Se pose alors la question : « que sont devenues ces villes moyennes ? ». « On se tire la bourre entre la grande surface du coin et l'hôpital », analyse-t-il. Après la période du Covid, la situation change lorsque « l'économie était plus florissante que jamais. On a créé sur deux ans, une balance positive ». Seulement cette période n'a pas duré, la balance s'est inversée. Et dans ces rôles moteurs, nous retrouvons le monde agricole qui « a occupé une place centrale jusqu'à l'histoire très récente de notre pays, puisqu'en 1945, les agriculteurs représentent la profession la plus nombreuse en France au lendemain de la seconde guerre mondiale ». Sauf qu'« on a augmenté la taille des exploitations, on a mécanisé, on a pratiqué le remembrement et on a fait face à l'exode rural… et entre 1988 et 2020, on a perdu deux tiers de l'effectif en une seule génération », constate-t-il, navré. Jérôme Fourquet poursuit sur la dimension d'aménagement des territoires dans les espaces ruraux. Même si cela « ne se voit pas beaucoup car les exploitations se sont agrandies », les espaces ruraux ont changé, ne serait-ce qu'au sein de la municipalité. « En 1988, les agriculteurs représentent facilement 25 à 35 % de la population du village. Ils sont là depuis de nombreuses générations, ils possèdent le foncier, ils se connaissent tous car en général ce sont les maires de leurs communes », constate-t-il. À cela s'ajoute le fait que l'activité agricole en France « s'est totalement rétractée. Il faut aller dans des coins assez isolés pour trouver des endroits où les agriculteurs représentent encore à peu près 20 % de la population active locale ». Le secteur agricole a donc laissé la place aux grandes distributions, au développement de la couronne périurbaine et à ceux des camions.