Ferm’Inov à Jalogny Jalogny « is the place to be » pour coconstruire l’élevage de demain
Le 8 juillet à Jalogny se tenait l’assemblée générale de Ferm’Inov, la ferme expérimentale de Jalogny qui démultiplie les partenariats. L’occasion de faire un bilan de l’année écoulée mais aussi de livrer des résultats d’essais arrivant à leurs termes.

Alors que le bureau se renouvelle tous les trois ans, le matin même, Luc Jeannin, président élu à la chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire en janvier dernier, prenait la suite de Bernard Lacour, encore chaleureusement remercié par la cinquantaine de représentants présents à Jalogny ce 8 juillet. Samuel Bulot – éleveur de Côte-d’Or – a été élu coprésident au titre de l’Institut de l’élevage (Idele) qui est cofondateur de Ferm’Inov sous sa nouvelle forme. Car, la Ferme expérimentale de Jalogny est devenue une association loi 1901 avec différents collèges pour faire rentrer de nombreux partenaires, à commencer par les établissements d’enseignement agricole. À l’exception d’Orange (télécommunication), tous repartent et Groupama vient encore renforcer ce collectif de 48 partenaires, constituant « une véritable interface pour la recherche de terrain ». « L’équipe (du conseil d’administration, N.D.L.R.) s’est bien rajeunie. C’est important pour se projeter dans l’élevage de demain », remerciait Samuel Bulot. Ainsi, « l’innovation aura du sens » grâce aux orientations décidées par ces jeunes éleveurs, poursuivait Luc Jeannin qui a vu « rajeunir » 75 % des élus chambre, « intéressés par la technique et avec des idées nouvelles. À Jalogny, « ça phosphore » dur à tel point que Ferm’Inov continuer d’attirer. Le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté a ainsi fait son entrée après le vote pour changer les statuts de l’association pour accepter cette collectivité publique.
« Cette institution régionale nous accompagnait déjà via des appels à projets auxquels on répondait mais là, ça sécurise et permet un accompagnement encore plus poussé », se félicitait Samuel Bulot. À noter également que la coopérative Bourgogne du Sud, déjà partenaire, va désormais participer au conseil technique d’orientation « pour avoir encore plus de retours terrain et faire rayonner les innovations », qui sont les deux principales missions de Ferm’Inov.
Conduite du troupeau et ressources fourragères
Pour autant, tout n’est pas rose. Comme toute entreprise, le personnel bouge de plus en plus et quatre salariés vont quitter Jalogny, dont « deux pour s’installer en élevage. C’est super mais cela rajoute une difficulté », saluait néanmoins, Adrien Demarbaix, le responsable de la ferme. Car, il y a du travail, comme sur toute ferme charolais mais à laquelle, il faut rajouter 15 projets de recherche et même trois nouveaux en 2025 (Méthane 2030, Vésseau, Bov’adapt) « toujours sur l’élevage durable ». Cinq autres projets sont « déposés et en attente » de validation pour démarrer. De l’Idele, Jérémy Douaix faisait d’ailleurs une présentation des essais « vers un système multiperformant » (lire notre prochaine édition) d’une conduite de troupeau charolais en double période de vêlages avec finition des femelles et vente des mâles en maigres, avec en plus la mise en place de leviers d’adaptation au changement climatique.
Ce n’est qu’un essai parmi tant d’autres donc. Touchent à leurs fins, les essais « complémentation de veaux mâles », Méluzine, Bovalherb, ou des essais déjà finis autour de la gestion des ressources fourragères comme des essais sorghos, sur les dérobées d’été ou sur le sursemis de prairies.
Pour Luc Jeannin, aux « jeunes » éleveurs du conseil d’administration de « faire vivre ces cellules thématiques autour des ressources fourragères, de la conduite du troupeau, du numérique et de la communication ». Tous les partenaires se démènent en ce sens, avec un calendrier chargé d’événements à commencer par les portes ouvertes de mai dernier, présentait Louise Ribeiro, chargée de communication. Élu chambre et à Ferm’Inov, Jean-Jacques Lahaye expliquait aussi que « l’intérêt est de montrer ce qui va bien mais aussi, ce qui va moins bien et qu’il ne faut pas reproduire sur nos exploitations », soit une mission parfois sous-estimée des fermes expérimentales qui sont là pour prendre « des risques » au nom du collectif. Par exemple, Ferm’Inov teste une cage de contention qui nécessite encore des améliorations par le constructeur avant mise sur le marché. Une lettre d’information (newsletter), des vidéos sur YouTube, un site web… de nombreuses réponses sont disponibles pour les éleveurs et futurs éleveurs, expliquait la directrice, Margaux Perrin.
Et cela paye puisque des élus comme François Bonnetain, pour la Comcom du Clunisois, semble « très intéressé par le stockage du carbone dans nos prairies ou pour abaisser les émissions de carbone », témoignait-il, lui l’ancien éleveur qui maintenant élu n’a pas forcément d’études scientifiques pour répondre « à des gens qui comparent les élevages américains aux nôtres », accusés de tous les mots. Pour le conseil Départemental, Jean-Michel Desmard redisait que ce sont aussi à « tous les agriculteurs locaux de diffuser ces informations partout dans nos territoires », ce que s’efforce aussi de faire la collectivité départementale. « N’attendez pas qu’on dise du mal de vous, communiquer positivement », invitait Luc Jeannin même s’il sait que ce n’est pas « une mince affaire pour toucher le grand public ». Pourtant, en 2027, Ferm’Inov s’y emploiera avec une « grande porte ouverte » au grand public avec toute l’implication de tous les partenaires. À l’instar de sa consœur de Bourgogne-Franche-Comté, la chambre régionale d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) « s’associe à tous les dispositifs expérimentaux dans une « logique de réseau de stations expérimentales », qui en élevage charolais n’existe nulle part ailleurs en Aura. L’occasion aussi de communiquer avec de vrais chiffres sur les bienfaits de la viande à l’herbe. « Mieux se nourrir et mieux produire » font partie des thèmes retenus par le préfet de Région, rappelait Alexandre Meige pour la DDT71, alors que le changement climatique, le bien-être animal et la santé/hygiène alimentaire montent parmi les préoccupations sociétales.
La conclusion s'imposait d'elle même : « Jalogny is the place to be du bassin allaitant », terminait Samuel Bulot.