Des idées pour se développer
Jauffrey Mandine, installé depuis février, a de nombreuses idées à court, moyen et long terme pour développer son exploitation…
Après avoir dépeint son installation, Jauffrey Mandine revient sur ses idées pour faire évoluer son exploitation. Pour mémoire, Jauffrey est installé à Saint-Léger-des-Vignes depuis février, avec son père Alain (aide familial) et est à la tête de 110 vaches Charolaises allaitantes non inscrites, avec 156 ha dont 1,5 ha de maraîchage (plein champ). Si l'exploitation était à l'origine uniquement dédiée à l'élevage, Jauffrey y a ajouté l'atelier de maraîchage par passion. « J'aime manger de bons produits, donc les partager avec d'autres est important pour moi ». Pour ce faire, il a adjoint une boutique au cœur de la ferme. « Je propose à la fois des caissettes de viande et des légumes de saison, le mercredi de 15 heures à 18 heures et le samedi de 9 heures à 12 heures ». Il justifie un peu plus ce choix : « le fait de retirer des intermédiaires permet à la structure d'avoir une plus-value plus importante. Bien évidemment, les prix sont fixés en fonction de nos coûts, mais toujours avec la volonté qu'ils soient raisonnables pour les consommateurs, donc accessibles au plus grand nombre ».
Valorisation moderne
Toujours dans l'idée de proposer d'être accessibles pour tous, Jauffrey a eu l'idée de mettre des casiers automatiques. « Ils sont en cours d'installation, et nous espérons les mettre en fonction d'ici le début d'année ». Cette mise en place prend ses origines lorsqu'il était en Eure-et-Loir, « là-bas cette pratique est répandue et fonctionne très bien. Cela permet aux gens de venir faire leurs courses même quand la boutique est fermée ». Ainsi, L'EARL de la Ferme de Carrue disposera de 108 casiers où les consommateurs pourront retrouver les produits issus de l'exploitation mais pas seulement. « Nous voudrions faire des partenariats avec d'autres producteurs afin de proposer du miel, des œufs ou encore du pain ». Pour l'avenir, Jauffrey voudrait accoler d'autres casiers, réfrigérés cette fois pour notamment « vendre de la viande, de la crème ou encore du fromage d'autres producteurs. Pour moi, cela peut être bénéfique pour tout le monde, donc si des producteurs sont intéressés, il ne faut pas hésiter à contacter mon père, Alain qui répond nettement plus rapidement au téléphone que moi ». Il poursuit : « En plus de tout cela, j'aimerais beaucoup faire de la transformation afin de proposer des plats préparés pour valoriser d'une autre manière ma production ». Pour le paiement via les casiers, les consommateurs devront venir avec leur carte bancaire, « j'ai choisi ce moyen de paiement afin d'éviter le vandalisme ». Dans la même veine d'apporter une certaine modernité à l'exploitation, Jauffrey a utilisé l'application Too good to go afin de vendre son surplus de production durant l'été. « J'avais prévu un peu trop large de courgettes, donc cela permet d'éviter le gaspillage tout en se faisant connaître auprès d'un public plus éloigné d'ici ». Pour la suite, il ne s'interdit pas d'en faire de nouveau usage.
Pour l'avenir
Après quelques mois d'activité, et quelques ventes de caissettes de viande (sur commande), Jauffrey dresse un premier bilan. « Je souhaiterais augmenter le nombre d'animaux à l'engraissement afin de les valoriser par la vente directe car cela permet d'avoir un bon retour sur investissement ». En sus, il ajoute : « Si la création d'une boutique à la ferme était indispensable pour la viabilité économique de mon projet, je pense qu'il est nécessaire d'offrir un lieu d'échanges avec les consommateurs. En effet, il faut leur montrer la réalité de la production agricole et pour prouver que les productions françaises ont leurs places dans leur panier car elles ne sont finalement pas plus chères que d'autres lorsque les intermédiaires sont éludés. Cela, j'en suis sûr, peut faire émerger des réflexions… ». Donner à manger au corps et à l'esprit semble donc la mission que s'est donnée l'EARL la Ferme de Carrue, s'il fallait lui en trouver une…
Culard à valoriser
La mise à l'engraissement et la valorisation en bœufs de certains animaux de l'exploitation s'expliquent par un cheptel typé culard, comme le souligne Jauffrey Mandine : « J'ai repris le cheptel de Bertrand Grandjean, qui avait un attachement pour ce gène. Même si tous les animaux ne l'ont pas, certains se démarquent clairement avec des caractéristiques typiques ». Pour illustrer cela, une des naissances de cette année : « Nous avons un veau qui est né à 90 kg. Aujourd'hui, son dos ressemble à une table et ses arrières sont très conséquents ».
Renseignements: contact@jmandine.fr ou au 07 60 47 82 52.