Accès au contenu
Dégâts de gibiers

À quand des indemnités liées aux prix du marché ?

Ce mercredi 10 décembre, la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage s'est réunie pour faire un bilan sur les dégâts de sangliers.

Par Charlotte Sauvignac
Chasse
Le CDCFS s'est tenu ce mercredi 10 décembre réunissant toutes les parties prenantes de la chasse.

Mercredi 10 décembre, en matinée, ce sont tous les interlocuteurs privilégiés, la Chambre d'agriculture, les syndicats agricoles, la fédération départementale de la Chasse de l'Yonne (FDCY), la Direction départementale des territoires (DDT), et la Propriété forestière, qui se sont réunis autour de la table pour aborder de nombreuses problématiques, dans les locaux de la DDT à Auxerre. Manuella Inès, directrice de la DDT a commencé par chiffrer les dégâts. « On constate une diminution globale de 34 % des surfaces détruites en 2023-2024, mais de 25 % en 2024-2025. Malgré des prélèvements de chasse en hausse », affirme-t-elle. D'après les chiffres présentés par la commission, sur la période 2024-2025, on constate que 1 893 ha de surfaces ont été endommagées par le grand gibier, concernant à 95 % le sanglier. À cette occasion, on relève que 18 103 sangliers ont été prélevés dont 2 130 sangliers de moins de 20 kg. L'année précédente (2023-2024), on constate que 1 643 ha ont été endommagés et que 18 186 sangliers dont 1 200 sangliers de moins de 20 kg. Pour permettre de comprendre cette remontée du nombre de surfaces détruites, la DDT de l'Yonne souhaite mettre en avant plusieurs facteurs, comme le fait « qu'une baisse des chasseurs est observée depuis de nombreuses années » mais également que « le changement climatique est quant à lui très favorable au sanglier », notamment car « nous observons moins de mortalité chez les jeunes et plus de disponibilité en alimentation », exprime Isabelle Pettazzoni, directrice adjointe à la DDT. Les 4 zones les plus touchées « appelées zones points noirs », concernent la Puisaye, le Chablisien, la Forêt d'Othe Est et le Sénonais. En année de référence, la DDT a souhaité prendre la période 2019-2020 qui a subi près de 2 501 ha de dommages par le grand gibier et près de 17 280 sangliers prélevés. « Au global, par rapport à cette année, on passe de 14 689 à 16 101 sangliers prélevés », chiffre Manuella Inès, avant d'entrer dans les détails. Pour la Puisaye, « on passe de 1 421 à 1 684 sangliers prélevés » (+ 15,62 %) ; concernant le Chablisien, on passe de « 1 300 à 1 628 sangliers prélevés », (+ 20,15 %) ; pour ce qui est de la zone de la Forêt d'Othe Est, « on passe de 1 043 à 1 384 sangliers prélevés » (+ 24,64 %) ; et pour terminer, le Sénonais, lui « passe de 697 à 1 076 sangliers prélevés » (+ 35,22 %).

« Cela impacte l'économie de nos exploitations »

Devant le mécontentement des agriculteurs face à l'augmentation des dégâts de cultures, la DDT décide de réinformer les représentants sur le fait qu’« il existe une interdiction d'agrainage avec des obligations de chasse plus précoce dans l'année afin de limiter les dégâts aux cultures. Ces nouvelles interdictions s'accompagnent de contrôles et de verbalisations par l'OFB et sont étroitement suivies par les services de l'État pour en mesurer les effets », ajoute-t-elle. Olivier Lecas, président de la FDCY en profite pour évoquer le nombre de chasseurs icaunais qui se porte à 8 500. Par ailleurs, il explique que « les sangliers ont changé de comportement. C'est un animal qui n'est plus dans les bois mais dans les plaines. On le retrouve même dans les champs de colza et de moutarde ». À son tour, Jérôme Mollard, directeur de l'agence ONF Bourgogne Ouest, confie le fait qu’« il faut mettre la pression pour que le travail soit réalisé, car cela commence à être compliqué de réguler les populations. Il faut donc prendre en main certains lots, notamment sur ces zones points noirs qui perdurent, sinon ça va être de plus en plus dur ». De son côté, Damien Brayotel, 2nd vice-président de la Chambre d'agriculture de l'Yonne exprime le fait que « ce n'est pas aux agriculteurs de payer les dégâts ». Il revient également sur la fixation du barème des prix unitaires des denrées retenue pour le calcul de l'indemnisation en 2025, et exprime que « nous voulons avoir des prix liés aux indemnités de dégâts qui correspondent au marché. Nous ne ferons pas de bénéfices ». Malgré de longs échanges, l'ensemble des barèmes ne sont pas encore fixés. Avant de conclure cette réunion, Manuella Inès a tenu à remercier les louvetiers, « auxiliaires bénévoles de l'État », car « leur action est à saluer. L'équipe a été renouvelée en 2025, ils sont désormais 14 sur tout le territoire icaunais ».