Créancey, c'est vendredi
J-7 pour la vente des veaux de la station charolaise ! En attendant le « grand jour », nous avons pris des nouvelles de plusieurs taureaux de l’édition 2025 et de leur production.
Plus qu'une semaine pour faire votre choix : le millésime 2026 du GIE Charolais évaluation sera mis en vente vendredi prochain à partir de 13h30. À l'occasion de cette dernière annonce dans notre journal, nous nous sommes intéressés à la top-vente de l'an passé. Unmarquis, un veau né au Gaec Michel en Haute-Saône, avait été raflé par cinq agriculteurs venus de Saône-et-Loire, grâce à une enchère à 7 200 euros. Ce taureau le « plus cher » de 2025 était, quelque part, le « moins cher » si l'on raisonne cette dépense par exploitation (1 440 euros par éleveur). « C'est l'un des avantages d'acheter à plusieurs, nous pouvons prétendre à une génétique, disons, supérieure, qu'il serait beaucoup plus difficile d'acquérir si nous étions seuls », confie Mathieu Desmorieux, éleveur à Sommant à 12 km d'Autun. « Avec le Gaec et l'EARL Lamarre, le Gaec Lavesvre et la Ferme du Roussillon, nous en sommes à six taureaux achetés ensemble. Nous habitons tous dans le même coin, nous nous entendons bien et nous faisons partie d'une même Cuma, ça aide ! Nous achetons des reproducteurs ensemble depuis cinq ou six ans. Nos objectifs sont les mêmes : du vêlage facile et de la croissance », poursuit le Saône-et-Loirien de 35 ans.
Une première en Côte-d'Or
Il y a tout juste un an, ce petit groupe d'éleveurs n'avait pas encore « trouvé chaussure à son pied » : « nous avions donc décidé de lorgner sur Créancey. Pour ma part, je n'étais jamais encore allé à cette vente ». Ces « gens de l'Autunois » avaient repéré plusieurs animaux susceptibles de les intéresser : « nous en avions retenu quatre ou cinq, je ne sais plus. Deux arrivaient en tête et se distinguaient des autres. Unmarquis en faisait partie, forcément, nous avions flashé tous les cinq sur lui. Nous étions allés voir les veaux à la station avant la vente, histoire de confirmer nos bonnes impressions après les chiffres publiés sur le site internet de la station. Unmarquis était bien indexé, il avait un bon grain de viande et un bon dos. Vraiment un bon taureau ! ». Mathieu Desmorieux poursuit : « le jour J, c'est Benoît Lamarre qui avait le boîtier. Nous avons misé sur ce veau né dans le 70 et c'est passé. À noter que l'ordre de passage des taureaux a toute son importance dans ce genre de rendez-vous, surtout si nous avons plusieurs choix. Finalement, tout s'est bien déroulé».
Aussitôt prélevé
Unmarquis est arrivé le soir même à Reclesne, sur l'exploitation de Benoît Lamarre : « l'animal a été aussitôt prélevé. Après analyses, les doses ont été dispatchées chez chacun d'entre nous. En monte naturelle, ce serait trop demander au taureau, car nous sommes tout de même cinq exploitations... Nous avions essayé avec un premier reproducteur, mais nous avons vite abandonné ». Déjà bien avancé dans ses inséminations, Mathieu Desmorieux n'a utilisé ses doses fraîches que sur quelques femelles : « cette année en revanche, une bonne vingtaine seront concernées. Mais il y a un an, l'opération ne s'est faite que sur sept charolaises. Les trois premiers vêlages ont été faits les 3, 16 et 23 janvier. De très jolis veaux, sans aucune complication. Il est bien sûr trop tôt pour se faire un avis, mais ils semblent tous les trois prometteurs. Leurs poils sont un peu de couleur jaune, comme leur père : les anciens disaient que c'était un signe de viande ! Je ne sais pas si c'est encore d'actualité, l'avenir nous le dira... ». Les cinq élevages saône-et-loiriens seront peut-être dans les gradins de Créancey vendredi prochain mais a priori, sans boîtier : « Je pense que nous sommes approvisionnés pour l'année, à moins que ! ».
Contents de leurs achats
Jean-Rémi Jeannin, éleveur à Saint-Léger-du-Bois, a acheté son tout premier taureau à Créancey l'an passé : « Je recherchais un profil vêlage facile pour mes génisses. Une visite au pôle le jour de la vente m'a permis de déterminer l'animal sur lequel j'allais miser. Il s'agissait d'Ublot, un veau né dans la Nièvre chez Dominique Compot ». Une enchère à 5 500 euros a permis d'acquérir l'animal : « je l'ai utilisé sur des génisses, comme prévu, deux ou trois semaines après la vente. Une douzaines de vêlages ont eu lieu en décembre et tout s'est très bien passé. Trois ou quatre veaux devraient arriver prochainement, souhaitons que cela continue ainsi. Effectivement, là, je suis satisfait de mon achat ! ».
Jean-Philippe Benoist, éleveur à Torcy-et-Pouligny, avait fait coup double en repartant avec deux veaux lors de la dernière édition : Venus, du Gaec Choubley et Vital, né au Gaec Mimeur. Là aussi, la satisfaction est au rendez-vous : « Pour Vénus, je l'ai aussitôt prélevé pour sécuriser son avenir. Ce taureau a sailli de jeunes vaches, aucune assistance aux vêlages n'a été nécessaire. En plus, des veaux très jolis sont arrivés. Pour Vital, acheté avec mon voisin Olivier Neugnot, les bons résultats sont également au rendez-vous, la vêleuse n'a toujours pas bougé de place, c'est un des éléments que nous recherchions ». Jean-Philippe Benoist sera probablement présent le 13 février à Créancey, lui qui a fait partie de la commission de sélection l'été dernier : « l’opportunité d'en faire partie s'est présentée, ce fut une très belle expérience pour moi. Nous avons revu très récemment les veaux qui composent ce millésime 2026 : il y en a pour tous les goûts, avec des sans cornes, de la viande, du développement, des souches originales, marquées... Bref, des veaux de qualité pour tous types d'acheteurs ».