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Patrimoine

Brou encore mieux mis en valeur

Le monastère royal de Brou, qui tire son qualificatif du passage sous autorité française au XVIIe siècle, demeure une merveille, inattendue dans cette Bresse si longtemps savoyarde, du gothique flamboyant fortement marqué par l’art flamand.
Par Jean Étèvenaux - Acip
Brou encore mieux mis en valeur
Longtemps négligé, le monastère royal de Brou se trouve aujourd’hui mis en valeur par une utilisation de tous les bâtiments.
En effet, en plus de la magnifique église avec les gisants de Marguerite d’Autriche et de son mari Philibert le Beau de Savoie, trois cloîtres fournissent beaucoup d’opportunités pour faire revivre cette période et y organiser des expositions, permanentes ou temporaires.
L’église allie un travail mené en vingt ans par l’architecte bruxellois Louis van Bodeghem et bâti avec des matériaux locaux : pierre du Revermont, brique de la Dombes et bois de la forêt de Seillon.
On n’oubliera pas que Marguerite, qui touchait non seulement à la Savoie, mais aussi à la France, à la Bourgogne et à l’Espagne, fut régente des Pays-Bas.

Là, elle s’entoura de Savoyards, de Bressans et de Francs-Comtois, contribuant à donner une image européenne de son action. Tout cela se retrouve dans l’ensemble de Brou, grâce à des lieux d’exposition auxquels on accède en empruntant le passage supérieur menant directement aux appartements de la princesse.
La coopération entre la ville de Bourg-en-Bresse et le Centre des monuments nationaux a heureusement permis de transformer également le lieu en écrin pour des œuvres - dont certaines récemment sorties des réserves ou acquises - des XVe-XVIe, XIXe et XXe siècles, les deux premiers très liés à Marguerite, un des grands mécènes de son temps.
Aux primitifs flamands s’ajoutent ainsi des peintures de style troubadour ou romantique, mais aussi de l’époque de Gustave Doré, établi un temps à Bourg-en-Bresse. Sont également reconstitués divers lieux de vie et exposées les techniques des artisans. L’ensemble du musée propose un total de 374 œuvres.
Si l’on excepte la concession à l’écriture inclusive du titre, l’exposition temporaire sur le voile visible jusqu’au 29 septembre s’avère fort intéressante pour en comprendre l’histoire et la signification.
Ne sombrant pas dans l’obsession du vêtement islamique, elle permet de saisir, depuis l’Antiquité, ce qu’ont été les voiles coutumier et sacré avant qu’ils ne servent à des mises en scène par les orientalistes essentiellement du XIXe siècle, vite accusés de «fantasmes» sans prise sur le réel, et que ne soient présentées diverses formes de dévoilement plus contemporaines.


Monastère royal de Brou – 63, boulevard de Brou – 01000 Bourg-en-Bresse – www.monastere-de-brou.fr – 04 74 22 83 83 – tous les jours de 9 h à 18 h (fermé de 12 h 30 à 14 h jusqu’au 30 juin)
Catalogue de l’exposition : Voilé-e-s / Dévoilé-e-s, Paris / Bourg-en-Bresse, In Fine / Monastère royal de Brou, 2019, 136 pages.