Nouvelle stratégie pour Bourgogne du Sud
La coopérative Bourgogne du Sud a présenté sa stratégie Odissée 2030 en décembre à Chalon-sur-Saône. Cinq axes majeurs qui visent à mieux servir ses adhérents et valoriser le territoire. Depuis la reprise d’Avéal à l’ouest de la Saône-et-Loire, la complémentarité est bien engagée avec les métiers historiques de la coopérative, qui continue de s’appuyer sur ses alliances avec Dijon Céréales et Terre Comtoise et ses partenaires industriels et de services.
Le 12 décembre au Colisée de Chalon-sur-Saône, la coopérative Bourgogne du Sud tenait son assemblée générale. dans l’antre de l’Élan Chalon, le Colisée revêtait des habits de sports d’hiver avec Bourgogne du Sud. L'occasion de présenter les cinq axes de la stratégie nommée Odissée aux 400 adhérents, partenaires et invités présents (voir encadré). La coopérative est en forme, même si elle sort de blessure. Le directeur, Bertrand Combemorel, rappelait l’extension du territoire à l’ouest du département avec 600 nouveaux adhérents à la suite de la reprise d’une partie d’Avéal. « Cela a eu des conséquences très positives pour la coopérative, notamment dans le métier élevage, et pour Hormanat, avec encore beaucoup de marges de développement », précisait-il. De quoi voir la complémentarité, avec le métier historique de collecteur. La moisson très moyenne de l’été 2024, « en quantité et qualité » a été compensée par une moisson des céréales d’automne (soja/tournesol) plus généreuse, avec des hauts et de bas : « il a fallu presque tout sécher à 100 % mais nous avons relevé le challenge grâce à nos installations et nos équipes », précisait Bertrand Combemorel.
Organisation challengée
Les soins ont été constants avec des records en « anti-limace et fongicide » pour sauver les cultures et la vigne d’un printemps humide. Reste que le changement climatique produit déjà d’importantes adaptations avec la « plus petite récolte de blé en 20 ans » et un autre phénomène « rare », à l’inverse : une récolte de maïs « supérieure au blé ». Bourgogne du Sud a aussi obtenu de bons résultats sur les sojas avec 28 000 tonnes, faisant de l'entreprise « un des plus gros collecteurs de soja » en France. L’assemblée a voté la redistribution de « 60 % du résultat » s’élevant à 2,57 millions d’euros sur l’exercice clos. Le président Lionel Borey rappelait qu’il s’agissait « du premier exercice après notre évolution à l’ouest qui a vu notre organisation challengée et nos choix stratégiques confrontés », indiquant qu’un plan est forcément à adapter quand les concurrents et les conditions évoluent. Dans la catégorie des « coop collecte/appro », les conditions ont été partout « difficiles » depuis les hausses engendrées par la guerre russo-ukrainienne. « Nous avons réussi à tirer notre épingle du jeu en garantissant la qualité des services ». L’occasion de maintenir ce cap et d’insister sur la volonté de garder la main sur l’avenir. Les évolutions récentes constatées au niveau de la coopérative Dijon Céréales faisaient également réagir Lionel Borey : « Dans notre grande région, nos unions par métiers restent un axe majeur de notre stratégie, tout en gardant l’ancrage terrain fort avec nos adhérents ».
Pensée pour les éleveurs
Face à la volonté de la coopérative côte-d'orienne d'un rapprochement, il faut donc comprendre que les décisions resteront en Bourgogne du sud « pour toujours amener un maximum de valeur aux adhérents et à nos territoires ». Finalement, ce qui l’inquiétait presque plus, au-delà des enjeux régionaux était qu' « une part de notre avenir se joue à Bruxelles, avec le pacte Vert et ses déclinaisons politiques multiples ». Enfin, il ne pouvait conclure son discours sans une « pensée pour les éleveurs confrontés à la DNC ou l’influenza aviaire, qui restent difficiles à vivre sur un plan humain comme sur les fermes ».
Odissée 2030
Fruit d'un an de travail, le projet stratégique Odissée 2030 repose sur cinq axes :
– Optimiser : la demande des adhérents est simple « faire attention à nos sous » et « optimiser » les commandes et la livraison. Logistique et appro sont « pilotés en flux finement », y compris jusqu’aux sites éloignés. Reste que toute l’offre ne peut pas être présente partout, tout le temps, malgré un logiciel de placement depuis deux ans et demi et une organisation interne revue. « On veut optimiser les flux et on compte sur l’IA pour Logivia et nos transports », pour améliorer ce coût/qualité de service et tendre vers du « click and collect » réclamé par une génération d’agriculteurs toujours plus connectée.
– Développer l’activité et l'agilité : « On veut augmenter la densité de nos activités sur un territoire pour abaisser nos coûts de structure », expliquait Bertrand Combemorel. La reprise d'Avéal permet une complémentarité ce qui est produit à l’Est est consommé à l’Ouest par le bétail. Extrusel, à Chalon, est central pour produire avec des « tarifs compétitifs, réguliers et surtout pour être livré ». Autre exemple cité : les aliments « à la carte et personnalisés » depuis la reprise du Moulin Jannet. Bourgogne du Sud continuera d’étudier « les sociétés complémentaires à nos métiers et qui répondent aux besoins de nos adhérents et sur notre territoire ».
– Innover : « D’ici 2030, précisaient Pierre Cahuet, céréalier de Verdun-Ciel et Alexandre Lachmann, responsable agronomie et innovation, nous aurons un nouveau virage avec la robotique et l’IA qui va bouleverser nos habitudes. On devra avoir des expertises pour les utiliser à bon escient et accompagner les adhérents ».
– Simplifier : La technicienne (HVE et bilan carbone) Élisa Jouy et le directeur général délégué, Yann Joly vont développer une « application globale très simple, comme une appli bancaire » pour connecter les adhérents avec tous les services de la coop : boutique en ligne, soldes de commande, qualité des céréales livrées, prix et primes…
– S'engager : « Professionnaliser les services, c’est déjà ne pas faire compliqué et harmoniser les pratiques dans le groupe ». Ce sera un des rôles des « relais RH » qui auront pour mission de mieux communiquer les idées entre agriculteurs et salariés, coop et filiales.