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Le billet d'humeur de Jean-Pierre Bouron

Par Jean-Pierre Bouron
Le billet d'humeur de Jean-Pierre Bouron
FDSEA 89

À quelques jours de la trêve des confiseurs, courte période de concorde et de rassemblement familial, nous aurions pu espérer être enfin doté d'un budget aussi critiquable soit-il pour notre pays. Cela aurait marqué la fin de cette mascarade où nos élus n'ont eu de cesse de se projeter sur les prochaines échéances électorales. Ils nous ont montré l'image d'un parlement divisé incapable de se rassembler sur les grands sujets des préoccupations quotidiennes des Français qui les ont élus. Quelle image donnent-ils aux jeunes avec des invectives, des trahisons, des alliances contre-nature, des tractations de couloir afin de préserver les avantages dont ils bénéficient ?
Prenons garde de ne pas tomber dans des tentatives de division entre générations et entre corps sociaux. N'oublions pas de rendre hommage à ceux qui, en période de fête, travaillent pour assurer notre quotidien : soignants, agents de service, commerçants, restaurateurs, cheminots, artisans de métier de bouche ainsi que nos amis éleveurs qui sont confrontés à des problèmes sanitaires : DNC, grippe aviaire etc.
Comme pour toute maladie épidémique, des éleveurs sont confrontés à ce fléau sans avoir de réponses scientifiques quant à son éradication. La tentation est forte de la part des syndicats agricoles d'opposer les paysans sur ce sujet que personne ne maîtrise. Faisons confiance aux chercheurs, aux scientifiques, aux vétérinaires. Inspirons-nous des mesures prises lors de la prolifération des épidémies de la fièvre aphteuse. Serrons-nous les coudes pour montrer notre solidarité avec les éleveurs qui sont impactés par la disparition de leur troupeau.

Un bilan sur le contexte actuel

L'agriculture, à l'image de notre pays, se porte mal : les paysans sont contraints de subir une baisse drastique des cours des céréales ainsi que la menace imminente sur le Mercosur ; aux réglementations émanant de Bruxelles s'ajoutent celles, Franco-Française, ayant pour conséquence de transformer les paysans en bureaucrates. Quant à nous, les retraités, qui ont vécu quelques belles années à force de travail et d'économie, nous entendons ici et là que notre situation est plus enviable que celles des actifs mais qu'ont-ils fait du fruit de notre travail ? Beaucoup proposent de nous taxer sur notre épargne alors que la plupart du temps c'est une précaution pour s'assurer une fin de vie décente sans avoir recours à la famille et aux aides sociales. À titre d'exemple : un séjour en Ehpad représente environ le double d'une retraite d'un ancien agriculteur et bien pire lorsqu'il s'agit d'une veuve. Si nous voulons que la voix de la France soit entendue, il est important de rappeler quelques vérités : se remettre au travail, rétablir le respect des institutions, songer que l'on ne peut tout demander à l’État sans contribuer à notre niveau à son fonctionnement. En contrepartie, rémunérons à sa juste valeur, responsabilisons et sanctionnons si nécessaire les dérives des hauts fonctionnaires et des élus qui franchissent souvent par incompétence la ligne jaune sans avoir de compte à rendre. La France regorge de talents, qu'ils soient dans le secteur économique, culturel et de la recherche. Nous souhaitons voir arriver à la tête de l’État une haute autorité morale n'ayant jamais trempé dans les jeux politiciens. Un seul exemple parmi d'autres : la reconstruction de la cathédrale de Paris confiée au Général Georgelin trop tôt disparu qui a su s'entourer de gens compétents, tenir les délais et le budget prévus. Arrêtons de se plaindre pour un oui ou un non. Nous détenons une partie de notre destin entre nos mains. Les nouvelles technologies ainsi que l'IA nous font croire qu'elles résolvent bien des problèmes mais n'oublions jamais de se tourner vers ceux qui nous entourent afin de perpétuer le lien social, base de notre démocratie. Terminons par une citation de Seneque : « nous commençons à vieillir quand nous remplaçons nos rêves par des regrets ».

Bonnes fêtes de fin année