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Culicoïdes

Arrêter de subir

En début d'année, le réseau GDS et le CIRAD ont lancé une campagne de deux ans de piégeage des culicoïdes. 

Par Chloé Monget
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GDS 58
Le piège, ici dans l'exploitation de Magny-Cours, mis en place par le GDS 58. Pour Rodolphe Morizot, « il s'agit d'un piège sud-africain qui n'est plus fabriqué de nos jours. Les maladies vectorielles circulant depuis longtemps chez eux, ils ont un temps d'avance sur nous, en ce qui concerne la recherche ».

Afin de mettre à jour leurs données sur les culicoïdes, le réseau GDS France et le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) ont mis en place une campagne de piégeage depuis le début d'année. Pour rappel, le Cirad a déjà coordonné le réseau national GDS entre 2009 – 2012 et 2015 – 2018, permettant d’actualiser les connaissances sur la diversité, l’abondance et la saisonnalité des culicoïdes, et de définir les périodes réglementaires d’activité utilisées par la Direction générale de l'alimentation (DGAl). Ainsi pour cette nouvelle mobilisation, les comptages seront mis en perspectives avec les évolutions climatiques. Au total, les piégeages seront réalisés sur 21 sites, soit un site par département, dont la gestion de 20 sites est assurée par les GDS locaux, tandis que le dernier sera pris en charge par le Cirad.

Un point local

Pour la Nièvre, le piège a été disposé dans une exploitation à Magny-Cours, comme le détaille Rodolphe Morizot, directeur du GDS 58 : « Nous connaissons assez bien les conséquences de la FCO et de la MHE (même si cette dernière ne circule pas dans notre département). Face à cela, il est aujourd'hui indispensable de mettre à jour notre connaissance des culicoïdes afin de pouvoir anticiper ». Plus concrètement, il explique : « Nous pourrons cibler la période d'activité, afin de pouvoir mettre potentiellement des actions en amont d'une circulation forte. De plus, peut-être que des analyses complémentaires nous permettront de voir quel virus est véritablement véhiculé par les culicoïdes. En somme, nous voudrions savoir ce qu'ils transportent et quand. À terme, cela pourra nous permettre de mettre en place des mesures préventives, alternatives et complémentaires ; en un mot de trouver un moyen de lutte intégrée. Aujourd'hui, nous ne devons être encore plus proactifs face à ces maladies vectorielles, car la FCO, la MHE ou encore la DNC ne seront probablement pas les dernières… Nous nous devons d'anticiper pour éviter de les subir. Pour ce faire, des données du terrain sont indispensables pour avoir une recherche ciblée et efficace ».

Le protocole

En l'essence, le protocole du piège est le suivant : « Nous le mettons en route une heure avant le coucher du soleil et nous le relevons le lendemain, une heure après le lever du soleil – puisque c'est dans ces moments que l'activité est supposée plus importante. Nous réitérons l'opération tous les 15 jours ». La première levée a été effectuée le 6 janvier, la deuxième le 20 et la troisième a eu lieu le 3 février. Pour l'instant le piège est placé en bâtiment mais Rodolphe Morizot stipule : « Nous le mettrons en extérieur lors du lâcher des animaux aux prés, courant mars-avril ». Il pointe également que le comptage n'est pas l'unique donnée transmise : « Nous indiquons les conditions climatiques, la température, le nombre d'animaux présents, ou encore la physionomie de l'environnement (présence de rivière ou de haies, etc.). Tout cela est nécessaire pour bien comprendre le comportement de l'insecte ». Il conclut sur cette campagne : « Nous essayerons de diffuser les données récoltées quand nous aurons un peu de recul, mais une chose est certaine, pour nourrir la réflexion sur les actions décidées au niveau national, il est indispensable d'avoir de la donnée issue du terrain ».

GDS
La carte représentant les points de piégeage.