IBR
«à force de réglementer en étant hors-sol...»
Raymond Lacombe, alors président de la FNSEA, avait un jour clamer qu’un ministre était fait pour décider et un fonctionnaire fait pour fonctionner. Drôle de France désormais où manifestement les rôles sont inversés … Emmanuel Bernard, président de la section bovine FDSEA 58 et mobilisé avec la FNB sur l’évolution du dossier IBR depuis plusieurs mois, livre son analyse du dernier épisode de la saga IBR où le directeur de la DGAL, décide seul de nuire au devenir de centaines d’exploitations et ce, alors que la crise frappe durement les producteurs de viande bovine.
Depuis plusieurs mois un dossier nous accapare une partie de notre temps dans un climat administratif hallucinant. Il s’agit de cette modification de la réglementation autour de ľIBR. Après des échanges parfois houleux, les choses devaient prendre une tournure plus calme. Avec d’un côté une prise de conscience des éleveurs que le décret signé par le ministre finirait par être appliqué, de l’autre côté, les organisations professionnelles pensant que laisser un délai deux ans avant application de la réglementation semblait acceptable pour que les éleveurs puissent se conformer aux nouvelles exigences du texte. Réunis mercredi dernier au ministère de l’Agriculture devant le directeur de la DGAL ( direction générale de l’alimentation) , nous étions sûr d’entendre l’annonce d’une position de compromis.
Quelle surprise !
L’application de la nouvelle règle débutera le premier octobre. Au delà du fait d’un déplacement pour rien de représentants de l’élevage qui défendent l’intérêt de producteurs sans revenu, face à un panel de cinq représentants de l’Etat qui doivent justifier leur salaire, la colère et le découragement dominent.
Le problème n’est pas un sujet sanitaire. Les éleveurs qui depuis longtemps sont perclus de soucis savent que l’enjeu est commercial.
C’est sur ce sujet que l’on devine l’incompétence permanente des représentants de l’Etat et notamment du directeur de la DGAL, décisionnaire sur le dossier. Par sa décision une partie des animaux commercialisés cet automne sera dévalorisée pour des raisons réglementaires. Cette expérience montre que laisser à ces personnes la négociation des certificats sanitaires avec des pays intéressés par nos animaux semble aléatoire. Des éleveurs seront en difficulté face à cette nouvelle norme et surtout les cotations seront directement impactées dans les semaines à venir. Ces décisions sont prises avec l’aval de notre ministre de l’Agriculture. Celui-ci nous explique que ľexport, c’est la solution. Il n’a fait aucun déplacement pour aider à la promotion de nos animaux, pire avec la DGAL et la pression du rédacteur en chef du journal Le Monde, il a décrété des contrôles sur le bien-être animal au niveau du transport des animaux et notamment du port de Sète.
L’impression que l’on peut avoir aujourd’hui, c’est que l’administration française cherche à arrêter le commerce d’animaux vivants. Ľexport vers l’Italie sera encore toléré car la réaction des éleveurs serait trop forte.
En revanche, la pression des associations de protection animale agit au plus haut de l’Etat. Le directeur de la DGAL est un vétérinaire... Celui-ci n’a certainement pas une très grande expérience de praticien en zone rurale, ce qui ne lui permet pas de connaître l’exigence de notre métier. A force de réglementer en étant hors sol, le risque de rupture avec les vrais acteurs économiques est visible. La colère et le découragement peuvent entraîner des situations non maîtrisables. Vous en serez responsables !
En revanche, la pression des associations de protection animale agit au plus haut de l’Etat. Le directeur de la DGAL est un vétérinaire... Celui-ci n’a certainement pas une très grande expérience de praticien en zone rurale, ce qui ne lui permet pas de connaître l’exigence de notre métier. A force de réglementer en étant hors sol, le risque de rupture avec les vrais acteurs économiques est visible. La colère et le découragement peuvent entraîner des situations non maîtrisables. Vous en serez responsables !