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Conjoncture

4,5 milliards d'€™euros pour le marché du bio en 2013

Le marché de l'€™agriculture biologique poursuit son petit bonhomme de chemin en France. à‰tat et tendances du marché.
Par Thierry Michel
4,5 milliards d'€™euros pour le marché du bio en 2013
Pendant la crise, le bio continue. Ce pourrait être un peu le slogan de la filière agriculture biologique française pour 2012 et sans doute pour 2013. L'€™Agence bio vient de publier les chiffres et faits essentiels de la filière pour l'€™ensemble de l'€™année 2012 et en a profité pour donner les premières grandes tendances de l'€™année en cours.

[INTER]2013, le Made in France[inter]
Les derniers chiffres recueillis par la structure qui suit le bio en France fait état d'€™un marché des produits bio qui devrait atteindre 4,5 milliards d'€™euros en 2013. [I]«En 2013, la bio continue à tirer son épingle du jeu malgré la morosité du marché alimentaire»[i] précise ainsi l'€™agence qui souligne aussi que le marché a doublé entre 2007 et cette année.

Au cours du premier semestre 2013, les premières estimations de chiffre d'€™affaires font état d'€™une progression de 5 % pour les produits à poids fixe en grandes et moyennes surface (ce segment pèse 30 % du marché global bio) et de 7 % en magasins spécialisés. Si l'€™on ajoute à cela le réseau de la vente directe (en plein développement), la croissance du marché en 2013 pourrait être au moins égale à celle constatée pour 2012. Toutes les catégories de circuits de distribution progressent. à€ titre de comparaison, le marché alimentaire global a connu une évolution comprise entre 0 % et 2 %.
Autre motif de satisfaction pour les six premiers mois de l'€™année en cours, le nombre de producteurs a franchi le cap des 25 000 (contre 24 425 en décembre 2012). Les superficies de surfaces cultivées en bio ont progressé quant à elles de 12 % depuis le 1er janvier 2013. Elles représentaient 3,8 % de la SAU nationale fin 2012.

à€ ces 25 000 producteurs, il faut ajouter, pour ce début d'€™année,
12 393 opérateurs aval (préparateurs, distributeurs...) portant à plus de 37 000 le nombre d'€™intervenants professionnels dans le milieu de la bio hexagonale.

Mais le fait notoire reste la baisse continue des importations (hors Union européenne et intracommunautaire) de produits bio en France. Les produits importés pesaient pour 38 % du marché bio national en 2009 avant d'€™atteindre 25 % en 2012. Et la baisse continue en 2013. En d'€™autres termes, de plus en plus de produits bio vendus en France sont produits en France. Une vraie bonne nouvelle, notamment dans le cadre de l'€™appel aux filières bio dans le cadre de la restauration collective qui implique évidemment la mise à disposition de gros volumes de produits.

[INTER]2012, le bilan[inter]
Pour l'€™ensemble de l'€™année 2012, l'€™Agence bio a relevé 1 032 941 hectares conduits en agriculture biologique dont 855 644 certifiés. Les surfaces bio ont progressé de 58 000 hectares. Côté distribution, 83 % des ventes ont été réalisées en grandes surfaces alimentaires et les magasins spécialisés, 12 % étant écoulées directement par les producteurs, le solde étant commercialisé par des artisans-commerçants.

Les tendances lourdes du marché l'€™an passé, et qu'€™on retrouve en 2013 et sans doute en 2014, tournent autour de la progression de la vente directe, y compris pour des produits qui étaient assez peu développés dans ce secteur, et la progression des produits bio en restauration collective. Un intérêt marqué de la part des artisans-commerçants pour les produits bio semble également poindre, notamment pour le métier de caviste.

[INTER]2014, le plan com'€™[inter]
Pour renforcer la visibilité de l'€™agriculture biologique en France auprès de tout type de public, l'€™Agence bio prévoit le renforcement de ses opérations de sensibilisation. Les enfants seront en première ligne (avec la deuxième édition du concours [I]«Les petits reporters de la bio»[i] : kits pédagogiques pour des animations en restauration scolaire) mais pas seulement. Des actions seront menées auprès de la restauration collective et commerciale ainsi que dans les écoles hôtelières sous forme notamment de guide d'€™informations et de formations. L'€™agence sera aussi présente sous forme de stand dans des salons comme le Salon des maires et des collectivités locales et bien sûr au SIA. Une troisième édition des Trophées de l'€™excellence bio sera également organisée visant à récompenser les [I]«meilleures initiatives prises par les professionnels, qu'€™ils soient producteurs, transformateurs ou distributeurs»[i].

Pour finir, l'€™Agence bio a mis en perspective la place de la bio française en Europe. Les surfaces cultivées en bio en France représentent un peu plus de 10 % des surfaces consacrées à la bio en Europe, ce qui place le pays en 4ème position de ce point de vue. 4ème également pour le nombre de fermes bio (un peu plus de 10 % également des fermes bio de l'€™UE se situent en France). Mais si l'€™on considère l'€™Hexagone par rapport à la part de sa SAU bio dans la SAU totale, il ne se classe qu'€™au 17ème rang sur le Vieux Continent.

La France est particulièrement bien classée en Europe pour le vignoble, les productions oléagineuses, la production avicole et le troupeau de vaches allaitantes.

Vin bio : Nouvelle étape

à€ la fin 2012, 8,2 % du vignoble français (contre 2,6 % en 2007) était cultivé selon les règles d'€™agriculture biologique, soit 64 901 hectares, par 4 924 viticulteurs. En termes de commercialisation, ceci représente environ 855 000 hectolitres de vin vendus en 2012 (60 % sur le marché domestique) pour une valeur de 413 millions d'€™euros. La vente en direct chez le vigneron reste majoritaire. Les trois principales régions viticoles bio sont le Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'€™Azur et l'€™Aquitaine. Enfin, il faut savoir que le vignoble bio est une source importante d'€™emplois : 3,5 UTA contre1,8 en conventionnel. Mais surtout, fin 2012 et donc bien effectif en 2013, le bio en vin a connu une nouvelle étape. Depuis les vendanges 2012, le cahier des charges bio ne concerne plus uniquement la conduite de la vigne mais aussi la vinification, qui prévoit l'€™interdiction de certaines pratiques de vinification, la limitation stricte des intrants utilisables et la limitation des apports en sulfites autorisés.