FDSEA/JA
Ils avaient prévenu

Christopher Levé
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Le jeudi 22 février, plus de 70 tracteurs et au moins 200 agriculteurs se sont réunis à Auxerre, pour remettre un coup de pression sur l'État, deux jours avant l'ouverture du salon de l'agriculture (qui a ouvert ses portes le samedi 24 février). Un mouvement une nouvelle fois organisé par la FDSEA de l'Yonne et les JA 89. 

Ils avaient prévenu
Plus de 70 tracteurs et au moins 200 agriculteurs se sont réunis à Auxerre, le jeudi 22 février. Ils ont défilé dans les rues du centre-ville d'Auxerre, comme ici, boulevard de la Chaînette.

« On a souhaité remettre un coup de pression sur l’État, juste avant le salon de l’agriculture », affirme Damien Brayotel, président de la FDSEA de l’Yonne.
Le 22 février, plus de 70 tracteurs et au moins 200 agriculteurs ont répondu à l’appel de la FDSEA de l’Yonne et des JA 89, pour se réunir à Auxerre. D’abord devant la DDT de l’Yonne, avec les tracteurs stationnés avenue Charles de Gaulle, puis devant la DDETSPP, rue Jehan Pinard, en passant par le boulevard de la Chaînette, les quais d’Auxerre et le boulevard Vaulabelle. C’est ensuite sur le parking des Cordeliers, situé à quelques pas de la préfecture de l’Yonne, que les agriculteurs se sont installés, jusque tard dans la nuit.
Cette nouvelle mobilisation arrive moins de trois semaines après les blocages des autoroutes A6, A19 et A5, pour les agriculteurs icaunais. « On dénonce, une nouvelle fois, que l’État marche sur la tête », lance Damien Brayotel. « Cela n’a pas beaucoup bougé depuis le mois de novembre, malgré une mobilisation historique en janvier. Le premier ministre, Gabriel Attal, a fait des annonces, mais pour l’instant cela reste au stade des annonces. Je ne sais pas vous (s’adresse-t-il aux agriculteurs sur place), mais moi, sur mon exploitation, je n’ai encore rien vu changer ».

Un stop général demandé

Pour le président de la FDSEA de l’Yonne et les nombreux agriculteurs rassemblés jeudi dernier, l’objectif était de faire une piqûre de rappel des demandes du monde agricole, pour que celles-ci ne tombent pas aux oubliettes. « Depuis des années, on nous empile des normes et des contrôles qui ne vont pas dans l’objectif d’améliorer nos pratiques. À côté de cela, le revenu n’est pas là, dans à peu près toutes les productions. On se retrouve coincé entre des charges qui ont explosé, des prix de vente de nos productions qui sont à la ramasse et des revenus qui vont être dans le rouge. C’est pour cela que l’on dit stop. Stop aux normes, aux contraintes et aux réglementations qui n’ont plus aucun sens ».
Damien Brayotel indique également que depuis la suspension des blocages, les représentants de la FDSEA et des JA ont rencontré, à plusieurs reprises, le préfet de l’Yonne, pour travailler au niveau local. « On a aussi travaillé avec la DDT pour simplifier un certain nombre de choses et on a avancé sur le sujet de la loi Égalim. L’État a d’ailleurs enfin compris que pour faire appliquer la loi, il fallait faire des contrôles. En France, 150 contrôleurs ont été embauchés, 1 000 contrôles ont été faits et 370 se sont avérés non conformes. Et cela uniquement sur l’étiquetage d’origine. Cela veut dire que certaines GMS font de la fraude, ce qui pénalise nos productions ».
En clair, Damien Brayotel rappelle que ce dont le monde agricole a besoin, « c’est un soutien de l’agriculture et des agriculteurs, de la part des politiques ». Il assure que tous resteront mobilisés le temps qu’il faudra pour voir les choses considérablement d’améliorer dans les fermes. « On sait bien que tout va prendre du temps, qu’il faudra travailler avec les industriels et les GMS pour construire des prix et valoriser nos productions, afin de couvrir nos coûts de production. On a conscience que cela ne se fera pas en claquant des doigts, il faudra du temps. Mais cela veut dire que l’on restera mobilisé dans les mois qui viennent pour s’assurer que ce que l’on a demandé au gouvernement s’applique bien ». Et on l’a encore vu la semaine dernière, lorsque les agriculteurs promettent, ils ne tardent pas à agir.

NOTE : Retrouvez les vidéos de cette mobilisation sur www.agribourgogne.fr.