Désherbage du tournesol
Adapter la stratégie selon la flore potentielle

publié par FD
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Même si la bonne implantation du tournesol reste déterminante pour la réussite de la culture, une concurrence précoce des adventices entraînera finalement une perte de rendement. Au-delà des leviers agronomiques courants, la stratégie de désherbage doit être adaptée à chaque situation en fonction de la flore attendue.

Adapter la stratégie selon la flore potentielle
Présence de chénopode dans une parcelle de tournesol. (Photo L. Jung/Terres Inovia).

La bonne installation du tournesol est déterminante pour la réussite de la culture. Une concurrence précoce du tournesol par les adventices entraînera finalement une perte de rendement. En plus des leviers agronomiques incontournables, la stratégie de désherbage est à adapter à chaque situation en fonction de la flore attendue. Sauf flore particulière (chardon, datura, liserons des haies, …), des solutions de prélevée et de post-levée existent et permettent de limiter l’utilisation des variétés tolérantes aux herbicides de type Clearfield ou Express Sun.

La base du désherbage est à réaliser au semis

Dans le cas d’une problématique importante de la parcelle en graminées estivales, les produits à base de pendiméthaline seule (Acti-Aqua, Penitum Flo, …) ou pendiméthaline associée au dmta-P (Dakota-P) présentent de bonnes efficacités et peuvent remplacer les produits à base de S-métolachlore (Mercantor Gold) utilisables pour la dernière année (fin d’utilisation des stocks présents en ferme au 23 juillet 2024).

Dans les situations à forte pression de ray-grass, les efficacités sont plus irrégulières et on privilégiera des spécialités commerciales comme le Mercantor Gold ou le Dakota-P.

Sans être suffisants pour maitriser des enherbements diversifiés, ces produits ont également une efficacité sur certaines flores dicotylédones simples comme l’amarante, le chénopode, la morelle ou les renouées pour la pendiméthaline.

En cas de flores variées, il est donc nécessaire de les associer à d’autres matières actives de prélevée. Deux possibilités sont couramment utilisées à base de :

Aclonifen (Challenge 600, …) : spectre large qui apporte un complément sur graminées (sauf digitaire) efficace sur renouées, amarante, chénopode, gaillet, laiteron, helminthie et crucifères.
Metobromuron (Proman, …) : spectre large qui est efficace sur amarante, chénopode, laiteron, linaire, matricaire, morelle, mercuriale, renouées (si faible pression et selon la dose appliquée). Pour un coût équivalent, l’efficacité est légèrement meilleure sur morelle en comparaison à l’aclonifen et légèrement inférieure sur renouée liseron. Il est à noter que Proman est recommandé dans la gestion de l’ambroisie. L’efficacité est complémentaire des produits de post-levée.

Avec un intérêt sur des adventices spécifiques, d’autres produits de prélevée sont disponibles sur tournesol à base de :

Flurochloridone (Racer ME, …) : attention produit non mélangeable. Le spectre est assez large avec une action complémentaire sur datura.
Quinmérac et métazachlore (Novall, …) : attention à la réglementation de ces 2 matières actives sur la rotation. L’intérêt se porte sur graminées et ombellifères.

Une nouvelle solution de post-levée en tournesol depuis l’année dernière.

Viballa (à base d’halauxifen-méthyl) est utilisable sur tout type de variétés (classique ou VTH) et présente une efficacité intéressante sur chénopode, gaillet, mercuriale, ammi majus, ambroisie et complémentaire sur morelle. Sur ambroisie, il présente une efficacité supérieure aux solutions de type Passat Plus ou Express SX. Cependant, par son spectre assez ciblé (aucune action sur graminées, faible sur renouées), il doit être considéré comme un produit complémentaire à la prélevée ou de rattrapage en cas de mauvaise efficacité.

Après emploi, la culture peut présenter des symptômes fugaces de type flétrissement. Dans de rares cas (stade 4 feuilles non atteint par toutes les plantes et conditions post-applications avec de fortes températures ou de fortes amplitudes thermiques, etc.), le produit peut occasionner quelques traces sur tige et un léger gaufrage sur feuilles.

Ne pas oublier la possibilité du désherbage mécanique

En cas de conditions sèches et de mauvaise efficacité de la prélevée, le binage est un allié pour limiter la concurrence des adventices. Le premier passage peut s’opérer à partir du stade 4 feuilles à vitesse réduite, si les adventices sont déjà bien développées. Sinon, le ou les passages s’opèrent le plus souvent entre 6 feuilles et le stade limite de passage de la bineuse. L’intervention se pratique évidemment par temps séchant, sur un sol sec et en l’absence de pluie annoncée dans les jours qui suivent.