Le 20 mai dernier, la Chambre d'agriculture de la Nièvre organisait une rencontre autour de la thématique carbone et des possibilités d'accompagnements techniques et financiers.

Connaître son empreinte carbone
La SCEA Du domaine de Givry est engagée dans la vente de crédits carbone depuis 2021. Crédit photo : CA 58.

Afin de répondre aux interrogations des exploitants en matière de carbone, la Chambre d’agriculture organisait une rencontre sur ce thème, le 20 mai dernier à Vandenesse sur l’exploitation d’Olivier De La Roche Aymon (SCEA du domaine de Givry), qui a pu témoigner de ses motivations pour connaître son empreinte carbone.

Pour l’exemple

L’exploitation est composée de 512 ha dont 224 ha de surface dédiée aux fourrages et aux cultures autoconsommées pour le troupeau de 118 vaches Charolaises. Afin de connaître son empreinte carbone et par souci d’attachement environnemental, Olivier De La Roche Aymon a donc effectué, avec la Chambre d’agriculture de la Nièvre, un diagnostic initial afin de cibler les points à améliorer au besoin, en vue d’intégrer la vente de crédits carbone (contractée en 2021).

En détail

Benoît Giroud, conseiller changement climatique, détaille : « la réalisation du diagnostic carbone prend 3-4 jours. Durant cette période, nous récoltons toutes les informations concernant la conduite technique de l’exploitation : la production de viande vive, les quantités d’aliments consommées par le troupeau, les quantités d’engrais organiques et minéraux utilisés sur les prairies et les cultures, la gestion des effluents d’élevage mais également la consommation de gasoil et d’électricité, etc. En somme, tous les paramètres pouvant avoir un impact sur les émissions de gaz à effet de serre. De plus, nous collectons aussi tous les facteurs qui influent sur le stockage de carbone de l’élevage : les surfaces en prairies permanentes et temporaires, et leurs rotations avec les cultures, les mètres linéaires de haies et les autres éléments agroécologiques de l’exploitation. Une fois toutes ces informations rentrées dans l’outil Cap2er, nous obtenons l’empreinte carbone nette de l’exploitation en déduisant les déduisant les tonnes de carbones stockées aux tonnes de carbone émises ».

Résultats et leviers

« L’empreinte carbone de la SCEA Du Domaine de Givry a été établie à 13,9 kg eq CO2/kg PBVV et elle compense 25 % de ses émissions. Afin de l’aider un peu plus, nous avons mis en évidence des leviers à améliorer pour que ce score soit le meilleur possible. Ainsi, nous lui avons proposé un rallongement de la durée de pâturage pour réduire ses effluents produits en bâtiment (fumier) et l’augmentation de la part de céréales autoconsommées ». Il ajoute : « D’autres leviers peuvent être mis en place, soit en se focalisant sur la diminution des gaz à effet de serre d’une part, par l’amélioration de la productivité de l’atelier, par la réduction des quantités aliments distribués par exemple. D’autre part, d’autres leviers peuvent être actionnés pour améliorer le stockage de carbone comme l’implantation de haies, ou encore l’augmentation de la durée d’implantation des prairies temporaires dans les rotations ».

Se positionner

Afin que ce diagnostic soit le plus pertinent possible, Benoît Giroud va plus loin : « une fois que le diagnostic est établi, nous comparons les résultats obtenus avec un groupe de référence (ici naisseurs) afin que l’exploitant puisse avoir une idée du positionnement de son empreinte carbone par rapport à une moyenne nationale ; toujours dans l’optique de s’améliorer ». En complément, la performance nourricière est également calculée. À titre d’exemple, la SCEA du domaine de Givry permet de nourrir 519 personnes par an.

Au final

Benoit Giroud stipule : « nous avons une analyse la plus large possible afin d’obtenir une vision d’ensemble permettant d’arriver à des conclusions adaptées et pertinentes ». Pour rappel, à l’issue de la réalisation de ce diagnostic initial, l’exploitation peut donc mettre en place les divers leviers afin de réduire son empreinte carbone. Et, si l’exploitant s’engage dans la vente de crédits carbone, il devrait percevoir un montant lié aux tonnes de carbone économisées sur les 5 ans du contrat d’engagement. Une formation est prévue à l’automne sur ce sujet. Renseignements : Benoit Giroud au 06 76 09 01 38.

Vision d'ensemble
La Chambre d'Agriculture de la Nièvre organisera une formation sur le carbone en automne. Crédit photo : CA 58.

Vision d'ensemble

Afin que l’évolution climatique dans les années à venir soit dans les esprits, une présentation et une discussion autour des cinq scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont complété la rencontre. Une modélisation du climat a été exposée. Benoit Giroud explique : « Si rien ne change, il va faire plus chaud plus vite et très chaud très vite. Les journées à + de 25 °C avant début juillet seront avancées – et on en a déjà un aperçu avec les températures estivales du mois de mai 2022. Selon le 6e rapport du GIEC nommé « Impacts, adaptation et vulnérabilité », publié le 28 février, à l’horizon 2070-2100 la Nièvre aura le climat des Bouches-du-Rhône… Ce rapport met en évidence quelques solutions pour contrer ce changement, parmi lesquelles la réduction des gaz à effet de serre des pays les plus polluants, l’abaissement drastique des inégalités alimentaires avec une coopération mondiale sur ce sujet ou encore l’arrêt total de l’utilisation des énergies fossiles ».

Le coût

Les exploitants optant pour un diagnostic initial ont un reste à charge de 800 euros HT (pour montant total de 2 300 euros) et pour les JA, 200 euros de reste à charge HT. Pour l’engagement vente de crédit carbone : cotisation 210 euros / an (suivi auprès de France Carbone Agri et un accompagnement annuel).