Vocations
Deux ambassadrices d'une agriculture au féminin

Berty Robert
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Début janvier, l’Anefa, en partenariat avec la FDSEA 21, participait au Carrefour des carrières au féminin, à Dijon. Aurélie Ledy, viticultrice, et Aurore Vaumerel, salariée agricole, témoignaient à cette occasion de leurs métiers respectifs.

Deux ambassadrices d'une agriculture au féminin
Aurore Vaumerel (à gauche) et Aurélie Ledy, sur le stand de l'Anefa, au Carrefour des carrières au féminin.

Le Carrefour des carrières au féminin est un événement organisé chaque année à Dijon dont l’objectif est d’informer des étudiantes ou des femmes en quête de reconversion professionnelle sur des professions, qui, a priori, leur semblent fermées. Le 13 janvier, salle Devosges à Dijon, on trouvait des représentants de la sécurité, de la défense, des bâtiments et travaux publics, de l’industrie, des transports et de la logistique… et de l’agriculture. Sur ce dernier domaine il était important de mettre à terre quelques a priori. C’est la raison pour laquelle l’Anefa et la FDSEA 21 avaient convié deux femmes pour témoigner de leurs pratiques professionnelles. L’une, Aurore Vaumerel, est salariée agricole depuis 4 ans dans une exploitation d’élevage d’Is-sur-Tille (SARL Asdrubal). L’autre, Aurélie Ledy, est viticultrice, avec son compagnon, sur un domaine de Nuits-Saint-Georges. Le quotidien d’Aurore Vaumerel, évolue entre de la comptabilité et des interventions sur le déparasitage des animaux, leur vaccination ou leur pesée. « Mon patron, explique-t-elle, a investi dans un couloir de contention afin d’être en sécurité sur les opérations de manipulation des animaux ». Fille d’agriculteurs de la Haute-Marne, Aurore a été installée pendant une période, elle est titulaire d’un BEP, d’un bac pro et d’un BTS Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole (ACSE). Pour elle, l’agriculture a toujours été une vocation. Elle est heureuse lorsqu’elle enfile la cotte pour aller travailler avec les bêtes : « Dans ces cas-là, on oublie les chiffres et on fait du concret ».

On vient de loin !

Dans le cadre du Carrefour des carrières au féminin, elle fait comprendre aux jeunes femmes qui s’informent auprès d’elle qu’il n’est pas obligatoire d’être issue du monde agricole pour y travailler. « Comme dans tout, souligne-t-elle, il faut d’abord du courage, de l’envie. Une fille a totalement sa place dans une ferme. Le milieu agricole change et évolue dans ce sens et c’est grâce à des événements comme celui-là qu’on peut faire prendre conscience des opportunités qu’on y trouve ». Et l’on vient de loin ! Il y a vingt cinq ans, lorsqu’elle a commencé à étudier l’agriculture, trouver un stage en exploitation pour une jeune femme était un parcours du combattant. Mais sa pugnacité a payé et le regard des hommes a changé. Bien qu’également issue du milieu agricole, Aurélie Ledy n’a pas pu y travailler au départ. Elle est venue à la viticulture en rencontrant son mari. Elle est aujourd’hui associée avec lui au sein de l’EARL Vincent Ledy, à Nuits-Saint-Georges. Ils cultivent en bio des vignes sur un peu plus de 4 hectares. « Obtenir le statut de cogérante de l’exploitation était extrêmement important pour moi, je me suis battue pour l’obtenir. Je ne voulais pas rester une "petite main" ». Aurélie affirme ses ambitions et son envie de développement : deux notions là aussi pas toujours faciles à imposer dans un milieu très masculin. Elle s’est formée de A à Z pour être l’égal de son mari. Elle maîtrise toutes les tâches du domaine. Ses voisins de vignes, des hommes, sont parfois surpris de la voir travailler là, aux commandes de son chenillard, à faire des tarières. Aujourd’hui, le message qu’elle porte auprès des jeunes femmes tentées d’intégrer ce métier, c’est de vaincre leurs peurs : « aller voir les structures quand on est une femme, cela donne un signal. On y a largement notre place, autant qu’un homme. Ce n’est pas une question de capacités physiques… »