Plantes aromatiques
Marie-Anne Beltjens et Camille Poulain-Piettre, nouvelles installées dans le Vézelien

Christopher Levé
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Marie-Anne Beltjens et Camille Poulain-Piettre se sont récemment lancées dans la production de plantes aromatiques dans le Vézelien. Pour leur première année, les deux femmes ont déjà mis en terre 4 000 plants. Et dans un lieu peu commun, situé en plein cœur du vignoble de Vézelay. 

Plantes aromatiques
Marie-Anne Beltjens (à gauche) et Camille Poulain-Piettre (à droite) se sont récemment lancées dans la production de plantes aromatiques dans le Vézelien.

Cela fait à peine un an que Marie-Anne Beltjens et Camille Poulain-Piettre, gérantes du Gaec La Percemuraille, à Nanchèvres (commune de Saint-Père), se sont installées dans la production de plantes aromatiques. Et derrière leur installation se cache une belle histoire qui mérite d’être racontée.
C’est en 2015 que Marie-Anne Beltjens, 49 ans désormais, s’installe à Nanchèvres. « Je suis arrivée dans la région en octobre 2014 pour travailler à la pharmacie de Vézelay », raconte-t-elle. Celle qui est originaire de la Saône-et-Loire occupe ce poste durant sept années, jusqu’en 2021 où elle décide d’arrêter cette activité. « Je me suis alors demandé ce que je voulais faire. J’avais plein d’idées et celle de la culture des plantes en faisait partie. Lorsque j’ai commencé à en parler autour de moi, un ami médecin m’a parlé de Camille. C’est comme cela qu’on s’est rencontré, en 2022. On est même rapidement devenue voisine puisqu’elle s’est installée à quelques mètres de chez moi. Et de voisine, on est devenue associée », sourit-elle.
De son côté, Camille Poulain-Piettre, 27 ans, est originaire de la région parisienne. « J’arrive, avec mes parents, dans l’Yonne lorsque j’ai 4 ou 5 ans, j’ai donc grandi dans le département ». C’est dans la capitale qu’elle part faire ses études secondaires. « Je fais une prépa à Paris, à l’école nationale des chartes, pour devenir archiviste. Mais cela ne me plaît pas. Je me réoriente donc dans une fac de géographie et d’économie pour essayer d’accéder à un métier qui serait en lien avec l’écologie et le développement durable. Je fais ensuite une année de master à AgroParisTech, à Paris. Mais déjà, durant ma licence, j’avais cette envie de m’installer, d’avoir une activité agricole », confie-t-elle.
Durant cette année de master, justement, elle suit des cours en parallèle à l’école des plantes de Paris, une école de plantes médicinales. « À la suite de cette année, je suis embauchée dans une herboristerie en région parisienne, où je travaille pendant un an. Ensuite, je pars faire une formation agricole dans le Jura, un BPREA plantes médicinales. Cela me permet donc d’avoir à la fois la partie culture des plantes, avec cette formation, et la partie soin, avec l’école des plantes de Paris ». La suite, vous la connaissez donc. « Tout est allé très vite », rit Camille Poulain-Piettre.

En plein cœur des vignes de Vézelay

Vite dans la rencontre et vite dans la concrétisation du projet commun. Avec, parfois, quelques coups de pouce du destin. « Rapidement, un ami vigneron nous a proposé d’exploiter une zone d’une de ces parcelles où il ne pouvait pas planter. Cela nous a parfaitement convenu », reprend Marie-Anne Beltjens.
Au début de l’année 2023, les deux femmes commencent leurs premières plantations. « Les premières étaient des plants de cassis, dans mon jardin », se rappelle-t-elle. « Puis dans la parcelle au cœur des vignes de Vézelay, on a mis en terre diverses plantes : thym, romarin, origan, hélichryse, hysope, marjolaine, sarriette, sauge, les verveines… Soit environ 4 000 plants mis en terre au printemps 2023, sur près de 2 500 m2 de terrain ».
L’objectif pour elles, « d’après les chiffrages qui ont été faits, serait de pouvoir sortir 300 kg de plantes sèches par an, avec une centaine de variétés de plantes différentes », continue Marie-Anne Beltjens. « Au printemps prochain, on fera d’autres plantations », ajoute Camille Poulain-Piettre.
Plusieurs étapes les attendent désormais. « Notre priorité est que l’aménagement de nos locaux soit terminé en mars, avant de lancer la nouvelle saison, avec la mise en place d’un nouveau séchoir pour travailler dans les meilleures conditions », lance Marie-Anne Beltjens. « Aussi, dès cette année, on fera des alcoolatures. On aura donc deux formes de produits à la vente : les plantes sèches pour les tisanes, qui seront le gros de notre activité, et donc les alcoolatures. Enfin, on a pour projet, à court ou moyen terme, d’avoir une herboristerie à Vézelay, avec un bar à tisane et des gâteaux aux plantes, notamment », annonce-t-elle.
En attendant, les deux productrices sont à retrouver sur plusieurs marchés dans le département. N’hésitez pas à aller découvrir leurs créations. Nous, nous avons goûté, et il faut le dire, c’est excellent !

Plantes aromatiques
4 000 plants de plantes aromatiques ont été mis en terre au printemps 2023.