Conférence agricole
Trois défis devant nous

AG
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Le changement climatique, le renouvellement des générations et la souveraineté alimentaire ont été discutés à la conférence départementale agricole.

Trois défis devant nous
Vincent Lavier et François Sauvadet, la semaine dernière, à la Maison de l'agriculture de Bretenière.

La conférence départementale agricole est, depuis 2008, un moment de rencontre privilégié entre le Département et la profession agricole de Côte-d’Or. L’édition 2023 s’est notamment intéressée aux grands défis des prochaines années. Tout d’abord, le changement climatique. « Son lot de conséquences doit nous préoccuper. La question de l’eau est centrale », prévient le président du Conseil départemental. Des actions ont été mises en place pour « apprendre et s’adapter » à ce nouveau contexte dans lequel les sécheresses sont de plus en plus fréquentes. Le Conseil départemental a notamment investi dans le domaine du maraîchage à Perrigny-lès-Dijon et dans un vignoble à Pommard pour mener des expérimentations sur les végétaux. L’acquisition d’une forêt de plus de 150 ha à Vertault, dans le Châtillonnais, vise les mêmes objectifs avec des essais menés sur des essences plus résilientes. « Le débit des cours d’eau et la recharge des nappes phréatiques vont baisser entre 20 et 25 % d’ici 2050, il faut s’y préparer », souligne François Sauvadet. Le Département, dans le même temps, cherche et trouve des solutions « instantanées » pour les agriculteurs : « ce n’est qu’un exemple mais lors des dernières sécheresses, les éleveurs ont eu accès à des ressources qui n’étaient plus exploitées pour l’usage de l’eau potable, mais qui pouvaient l’être pour leurs animaux ».

Installer des jeunes

Le renouvellement des générations a fait l’objet d’autres discussions. La Côte-d’Or a perdu 760 exploitants agricoles en seulement dix ans, et cette tendance baissière n’est sans doute pas terminée, comme le rappelle François Sauvadet : « 35 % des exploitants et coexploitant ont plus de 55 ans dans le département. Par conséquent, 1 500 exploitants vont partir en retraite dans la décennie qui arrive… La question du renouvellement et de la transmission est directement posée ». Le Conseil départemental œuvre dans ce domaine, notamment par sa compétence sur l’aménagement foncier. « Il s’agit là d’un enjeu crucial pour les territoires ruraux. L’aménagement foncier permet une meilleure transmission des exploitations et facilite l’installation des jeunes agriculteurs », souligne le président du Conseil départemental. Sur les 3,25 millions d’euros versés à l’agriculture côte-d’orienne en 2023, plus de 2,5 millions étaient justement dédiés au volet territoire. Le Département « met le paquet » sur les jeunes à la moindre occasion : « nos aides en faveur de la santé animale et végétale, de la récupération et du traitement des eaux de pluie, des éleveurs ovins ou encore des microfilières bénéficient toutes d’une bonification de 10 points ». Une subvention pour les investissements liés au stockage de céréales est même réservée aux exploitants ayant le statut de jeune agriculteur. « Je ne reviendrai pas sur ce qu’il se passe actuellement avec la Région, c’est proprement scandaleux. Des jeunes agriculteurs sont en difficulté car ils ne touchent pas la dotation JA qui leur est due. La Région n’est tout simplement pas au rendez-vous », fait remarquer François Sauvadet.

Être souverain

Les précédents sujets sont étroitement liés aux enjeux de souveraineté alimentaire. Il y a urgence d’agir, d’autant que François Sauvadet se dit « intimement convaincu » que « nous allons au-devant d’une crise alimentaire mondiale ». Le Département œuvre localement, notamment par le biais du Plan alimentaire territorial, dans lequel des solutions de proximité en matière de logistique sont actuellement étudiées. Et c’est plus qu’une anecdote : le nombre de repas 100 % Côte-d’Or servis aux scolaires continue d’augmenter et atteint 263 093 unités sur l’année 2022-2023. « Notre modèle ce n’est pas celui des fermes usines. Ce n’est pas celui de porcs élevés dans un immeuble en béton de 26 étages, comme en Chine. Ce n’est pas mon modèle et ce n’est pas le modèle que je souhaite pour nos enfants », termine François Sauvadet, remercié pour son inconditionnel soutien par Vincent Lavier, président de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or.

 

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