Pierre Gourdin-Caira, 25 ans, s’est installé comme associé du Gaec Fallet (désormais nommé Gaec Fallet-Gourdin), depuis janvier 2021 ; un résultat découlant d’un long parcours.

Plus qu'un associé
Pierre Gourdin-Caira conseille : « Pour l'installation, il ne faut jamais baisser les bras. Il faut croire en son projet et à force de travail, mais aussi d'implication, on y arrive ».

« Je me suis installé hors cadre familial, comme associé au sein du Gaec Fallet » détaille Pierre Gourdin-Caira, 25 ans, qui a rejoint, en janvier 2021, Denise Fallet, 73 ans, et Nicolas Fallet, 42 ans. Si cette association a eu lieu assez récemment, les liens qui unissent les Fallet et les Gourdin ont des racines plus anciennes.

Tour de vélo

« Depuis tout petit j’ai envie de m’installer ou du moins de travailler comme exploitant agricole. La raison m’est un peu inconnue, car je ne me vois pas faire autre chose » explique Pierre. De son côté Nicolas se rappelle : « La maman et le beau-père de Pierre sont nos voisins depuis longtemps. De plus, Lucile, sa maman, était la nourrice de ma fille Emma – de ce fait nous voyions Pierre assez souvent. Et, un jour, alors qu’il avait une dizaine d’années, je l’ai vu débarquer sur son vélo dans la cour de la ferme et il m’a demandé de l’emmener dans le tracteur. J’ai donc pris le gamin, et c’était parti pour une journée… suivie par de nombreuses autres ! » il ajoute avec un grand sourire : « À l’époque, il était peu causant et très timide, ce qui a beaucoup changé depuis ! ».

Petit pas

De fil en aiguille, Pierre est embauché comme apprenti dans le Gaec. « C’était assez naturel de leur demander de faire mes premiers pas professionnels avec eux ». Après ses études, avec un Bac STAV (Challuy) en poche et un « niveau BTS ACSE (Neuvy – Allier) » précise Pierre puisqu’il n’a pas validé son diplôme. Il a également travaillé durant trois ans dans des exploitations voisines, puis a commencé à réfléchir sérieusement à l’installation, avec le soutien du Gaec Fallet : « on lui a proposé simplement que si un jour il voulait nous rejoindre ça serait avec plaisir ! ». Il ne manquait plus qu’une opportunité pour que cela se réalise.

Équité

Pierre détaille : « J’ai appris qu’une ferme se libérait à proximité de celle de Nicolas, je lui en ai donc parlé et la reprise était lancée » avant de pointer : « Le Gaec a pris en charge une partie de cette dernière, sans quoi je pense que mon installation n’aurait pas été possible, et je ne remercierai jamais assez Denise et Nicolas de m’avoir permis de réaliser mon rêve. Et, par-dessus tout cela, ils m’ont octroyé autant de parts sociales qu’eux pour l’entreprise ! Je suis donc au même niveau comme associé ». Nicolas rebondit : « pour nous, cela semblait normal d’intégrer un associé à un niveau égal au nôtre. Ainsi la répartition est équitable entre tous ».

Liens du cœur

Plus qu’une simple association, c’est une véritable famille que Pierre a trouvée aux côtés de Nicolas et Denise : « je les connais depuis ma plus tendre enfance, et les relations sont saines – même si parfois nous n’avons pas le même point de vue sur le traitement de nos tâches professionnelles, mais nous discutons et échangeons pour trouver la solution la plus adaptée pour tous afin que tout se déroule pour le mieux. Nous dînons ensemble, nos familles respectives se connaissent et se côtoient très régulièrement… c’est comme si nous n’étions qu’une seule et même entité avec un respect mutuel de la vie privée de chacun ». Pour Nicolas, le sentiment est partagé et il ajoute avec humour et une grande affection : « même si je voulais ne pas le voir je ne pourrais pas car j’habite sur la ferme ! Je ne peux pas l’éviter et cela dur depuis longtemps ! ».

Remerciements pudiques

Outre l’attachement entre les membres du Gaec – et les conjoints respectifs – qui transparaît sans difficulté, le soutien inconditionnel est, lui, aussi présent, mais plus subtil à déceler. Avec douceur Pierre s’exprime sur ce point : « ils ont toujours été là pour moi, et j’essaye de rendre la pareille comme je peux au quotidien. Idem pour Estelle, ma compagne, me soutien tous les jours, et qui me supporte quand ça ne va pas – car parfois les journées sont dures et longues ». De son côté, Estelle Petit développe : « Je suis fière de Pierre, de son parcours et d’avoir été à ses côtés pour l’accompagner dans ce beau projet. Je serais toujours là pour lui, pour l’aider, le soutenir et l’épauler dans son travail même si je ne compte pas m’installer car je tiens à ce que nous ayons un revenu fixe au cas où ». Nicolas conclu avec gentillesse et humour : « je suis ravi qu’il soit désormais officiellement avec nous, et notre égal dans le Gaec. Dans tous les cas, même si son installation ne s’était pas faite il aurait été là à me donner un coup de main à la ferme… on ne se débarrasse pas de lui comme ça car c’est un pot de colle ! ».

Gaec Fallet-Gourdin
Le Gaec Fallet-Gourdin compte environ 320 vêlages.

Gaec Fallet-Gourdin

Le Gaec dispose de 594 ha SAU composé de 160 ha de cultures (maïs, ensilage, blé, orge, colza, tournesol et avoine), 25 ha de trèfle et luzerne, 120 ha de bords de Loire, et le reste de prairies naturelles. S’ajoute à cela 300 vêlages (Charolais non inscrits), un atelier d’engraissement de taurillons – environ 120. L’installation de Pierre a permis de mettre en place un atelier porcin (environ une vingtaine) avec vente directe. En plus des trois associés, un salarié à temps plein travaille dans l’exploitation (Eric Reveniaud, 52 ans) ainsi qu’un apprenti (Thibauld Tardivon, 18 ans).