Maïs : une récolte au plus bas
Ce sera à coup sûr l'un des souvenirs agricoles de 2026 : les champs de maïs sont très décevants et la récolte sera d'un bas niveau.
Dire qu'ils ont décroché serait sous-entendre qu'ils ont eu du potentiel à un moment donné. Dans bien des secteurs en Côte-d'Or, les maïs ont peiné du début à la fin, avec des conditions de cultures extrêmement défavorables liées à la sécheresse et aux épisodes de chaleurs intenses, notamment pendant la phase de floraison. En France, il se murmure que la production de maïs grain sera peut-être la plus faible jamais enregistrée depuis au moins 1980. Le maïs ensilage ne sera guère mieux loti. Pour illustrer les difficultés dans notre département, nous sommes allés à la rencontre d'un producteur laitier, Guillaume Saint-Paul à Villecomte, dans le secteur d'Is-sur-Tille. Associé à son oncle Laurent Maillot au Gaec de la Villecomtoise, l'homme de 41 ans s'apprêtait à récolter son maïs en fin de semaine dernière. « Je vais ensiler une partie seulement, sur les plus mauvaises terres. Le reste suivra quelques jours plus tard. Je ne sais pas du tout quel tonnage cela peut donner, mais pas grand-chose en tout cas… Le maïs est tout petit et il n'y a quasiment pas de panouilles sur environ 10 de nos 25 ha de cultures. Des sangliers sont venus dedans il y a quinze jours : ils sont assez vite repartis tellement il n'y avait rien… Même eux n'en voulaient pas ! Preuve que le stress hydrique a été important, il y a même du charbon sur certains pieds. Cette situation est problématique pour nous car le maïs est la base de notre ration ».
Stocks et achats
L'éleveur de 70 vaches laitières (les deux tiers en Prim'Holstein, le reste en Montbéliardes) a pris les devants en trouvant entre 8 et 10 ha de maïs supplémentaires à aller ensiler chez un agriculteur voisin. « Merci au producteur concerné ! Pour combler nos futures pertes, je mise également sur d'anciens stocks de maïs que nous avons. Heureusement, les trois dernières campagnes avaient été plutôt correctes et en plus, d’ordinaire, nous sommes assez larges en maïs. J'ai aussi eu la chance de pouvoir faire pas mal d'ensilage d'herbe au printemps. Il manquait un peu de volumes, mais il en est tout de même rentré. Je pense notamment au mélange ray-grass/trèfle. J'ai même fait une seconde coupe en enrubannage par la suite. Il y a eu aussi une coupe de luzerne avant que le robinet s'arrête définitivement ». Guillaume Saint-Paul n'est malgré tout pas si serein que ça : « la situation reste très fragile. Comme tout le monde, j'espère une saison automnale pluvieuse pour refaire du ray-grass/trèfle. Dans le cas contraire, ça se compliquera davantage au niveau de l'alimentation ».
Ça tient
Contrairement aux autres éleveurs laitiers que nous avons rencontrés cet été, Guillaume Saint-Paul n'a pas enregistré de baisse significative en termes de productions : « nos vaches sont aux mêmes niveaux que les années précédentes. Je n'ai pas non plus de pertes d'animaux ou autres, j'espère que ça va tenir… Le seul gros pépin est à mettre à l'actif des cellules, qui sont autour de 350 000 au lieu de 250 000. Ce niveau est encore gérable, j’utilise un produit nommé CertiConfort plus qui arrive à limiter l'impact du chaud dans les logettes ». Guillaume Saint-Paul a, un temps, réfléchi à investir dans un brumisateur. « Le coût était dissuasif, entre 3 000 et 4 000 euros. Sur conseil de mon grand-père, j'ai opté pour un dispositif fait maison. Il changeait son tuyau d'arrosage goutte-à-goutte pour ses tomates et je l'ai installé en hauteur dans mon bâtiment : les vaches ont l'air de l'apprécier. Pour l’instant, cela semble suffire, donc je continue comme ça ».