Devenir infirmier de son élevage pour gagner en autonomie
Face aux défis sanitaires rencontrés dans les élevages, les agriculteurs doivent être capables de détecter rapidement les premiers signes d'un problème de santé et intervenir efficacement. Dans cet objectif, la Chambre d'agriculture de la Nièvre propose la formation « Éleveur infirmier de son élevage », déclinée pour les ateliers bovins et petits ruminants.
Dans les élevages ovins, les éleveurs sont régulièrement confrontés à des problèmes respiratoires ou parasitaires. En élevage bovin, les difficultés peuvent être multiples : troubles respiratoires chez les veaux durant la période hivernale, épisodes de diarrhées, problèmes de nombril, mais également boiteries chez les bovins adultes avec notamment la maladie de Mortellaro. Dans un contexte où les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs fragilisent davantage les animaux, un troupeau en bonne santé est plus résistant aux aléas. Savoir évaluer rapidement l'état corporel de ses animaux, repérer les signes de faiblesse, prendre une température ou réaliser certains soins simples permet aux éleveurs de réagir sans attendre et d'adapter, si nécessaire, l'alimentation ou la complémentation minérale et vitaminique de leurs animaux. La Chambre d'agriculture de la Nièvre propose, depuis plusieurs années, une formation intitulée « Éleveur infirmier de son élevage » dont la prochaine session, consacrée aux petits ruminants, se tiendra le 22 octobre. Une première session, sur les bovins, a eu lieu le 10 septembre. Ces formations sont animées par Edwige Bornot, vétérinaire de terrain. Elle alterne apports théoriques en salle le matin et mises en pratique sur une exploitation l'après-midi.
Acquérir des réflexes simples
L'objectif n'est pas de remplacer le vétérinaire, mais de permettre aux éleveurs d'acquérir des réflexes simples pour évaluer une situation, identifier les signaux d'alerte et mieux communiquer avec leur praticien lorsqu'une intervention est nécessaire. Cassandre Svarovsky, éleveuse de bovins, et Hélène Weeks, qui élève des petits ruminants, ont toutes les deux suivi cette formation. Elles en soulignent l'intérêt des nombreuses mises en situation proposées. « Nous repartons, témoignent-elles, avec des outils simples et des gestes que l'on peut réaliser en autonomie. Cela permet d'être plus sereine face à un problème de santé, de ne pas appeler le vétérinaire systématiquement et, lorsqu'il faut le contacter, de lui transmettre des informations plus complètes et plus précises. » Les stagiaires apprennent notamment à réaliser un premier diagnostic global : identifier une situation d'urgence, vérifier certains paramètres essentiels et déterminer si une intervention vétérinaire est nécessaire immédiatement ou si une première action peut être engagée sur l'exploitation. La session du 22 octobre permettra de poursuivre l'accompagnement des éleveurs vers davantage d'autonomie dans la gestion sanitaire de leurs troupeaux. Ces sessions seront reconduites l’année prochaine ou de manière différente, en fonction des demandes des agriculteurs.
Renseignements : 03 86 93 40 37