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Chambre d'agriculture

Un horizon icaunais contrasté

Le 24 septembre dernier, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture de l'Yonne réalisait un tour d'horizon de l'actualité agricole icaunaise.

Par Charlotte Sauvignac
Chambre d'agriculture
Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture de l'Yonne a fait un tour d'horizons, le 24 septembre dernier à Auxerre.

« La campagne agricole 2025-2026 se place clairement parmi les campagnes chaudes et sèches. Sur douze mois, la température moyenne est supérieure d'environ 1,2 °C, tandis que la pluviométrie n'atteint qu'environ 80 % de la normale », déclarait Arnaud Delestre, le 24 septembre dernier, au cours de la session à la Chambre d'agriculture de l'Yonne. La récolte 2026 de céréales à paille est « en retrait ». Le président de la Chambre annonçait une qualité « globalement satisfaisante, mais des rendements décevants. Le maïs, le tournesol, le chanvre et la betterave sont particulièrement pénalisés par la sécheresse et les fortes chaleurs ». La prochaine campagne semble également inquiétante, notamment pour les implantations de colza, avec « des sols très secs, des levées irrégulières et une forte pression des ravageurs, notamment des punaises rouges, qui ont déjà conduit à des resemis. La campagne 2026 ne se résume donc pas à une mauvaise récolte ; elle fragilise également le démarrage de la suivante ». Arnaud Delestre restait toutefois optimiste en annonçant un raffermissement des cours, même si cela ne compense que partiellement la perte de volumes. En agriculture biologique, on constate « une baisse des volumes collectés en France entraînant un recours accru aux importations. Le marché du blé meunier conserve une dynamique plus favorable, tandis que l'offre française en céréales fourragères devient insuffisante ». Les aléas climatiques ont fragilisé les cultures d'été, avec « une collecte de maïs bio pouvant potentiellement être divisée par deux ».

Viticulture : « un petit millésime 2026 »

En viticulture, le constat est similaire. « Si l'état sanitaire du vignoble est resté globalement satisfaisant, la sécheresse et les épisodes répétés de canicule ont fortement marqué la campagne. Les jeunes plantations et les complants ont été les plus touchés, tandis que l'échaudage et le flétrissement des baies ont conduit à une forte concentration des raisins, imposant une vigilance particulière lors des vinifications », affirmait-il. Les viticulteurs se sont adaptés aux conditions climatiques en adoptant des stratégies différentes, tout en ayant un constat similaire : « le millésime 2026 sera un petit millésime ». « Les premières estimations font état de pertes importantes, souvent comprises entre 30 % et 70 % selon les secteurs, les cépages et les appellations. Une enquête sera menée par la Chambre d'agriculture à la fin du mois pour préciser l'ampleur de ces baisses de rendement », informait-il. Sur le plan économique, la situation est « contrastée. Les sorties de chais restent orientées à la baisse à l'échelle bourguignonne, même si l'Yonne résiste mieux que d'autres territoires ».

Anticiper les difficultés fourragères à l'approche de l'hiver

En élevage, les filières « abordent cette rentrée dans une situation contrastée. La faiblesse structurelle de l'offre soutient encore plusieurs marchés, mais des signes de ralentissement apparaissent. La sécheresse et les fortes chaleurs fragilisent d'autant plus les élevages par le déficit fourrager, la hausse des achats d'aliments et la baisse des performances ». Arnaud Delestre a souhaité réaliser un focus sur les stockages fourragers qui deviennent préoccupants « à l'approche de l'hiver ». « Les pertes concernent l'ensemble des ressources fourragères. Les récoltes d'herbe et de foin sont déficitaires dans de nombreuses exploitations. La situation est plus préoccupante encore pour le maïs ensilage, fortement pénalisé par le stress hydrique au moment de la floraison. Dans certains secteurs, les pertes dépassent 70 % », chiffraient Arnaud Delestre. Les fortes chaleurs ont également impacté la qualité des fourrages, avec « un faible remplissage des grains risquant de réduire la valeur alimentaire des ensilages de maïs. Les premiers résultats montrent également une qualité nutritionnelle décevante des foins, malgré un aspect parfois satisfaisant à la récolte ». Face à ces résultats, la Chambre d'agriculture de l'Yonne souhaite « établir, élevage par élevage, un bilan précis des stocks et des besoins jusqu'au printemps 2027, adapter les rations et identifier tous les leviers permettant d'économiser les fourrages disponibles. Les indemnisations qui pourront être mobilisées au titre de l'ISN apporteront une réponse partielle ».