La FNB a tenu un conseil fédéral dans la Nièvre
La FDSEA de la Nièvre a accueilli le conseil de rentrée de la Fédération nationale bovine (FNB). Pendant deux jours, élus syndicaux et responsables de la filière bovine venus de toute la France se sont retrouvés pour échanger sur l’actualité de l’élevage et les nombreux enjeux auxquels sont confrontés les éleveurs.
Les 2 et 3 septembre, c'est au Marault, près de Nevers, que s'est tenu le conseil de rentrée de la Fédération nationale bovine (FNB). L’évènement se tenait en parallèle de la traditionnelle vente nationale de veaux, rendez-vous incontournable de la filière bovine nivernaise et nationale. Le fait que 32 veaux sur 36 présentés aient trouvé preneurs lors de cette vente résonnait comme un résultat encourageant pour la FNB dans un contexte particulièrement tendu pour la filière bovine depuis plusieurs mois. Le concours national et la vente de veaux charolais constituent une véritable vitrine pour l’élevage. Ils mettent en avant le savoir-faire des éleveurs, la qualité de la génétique charolaise et le dynamisme d’une filière qui occupe une place majeure dans l’économie agricole du département. La génétique traduit les performances des animaux mais aussi le bien-être des éleveurs. Le travail autour de celle-ci est primordial, surtout dans un contexte de décapitalisation où les éleveurs sélectionneurs disparaissent au même titre que les autres éleveurs alors qu’ils ont eux aussi leur rôle à jouer pour le maintien et le renouvellement des générations.
Visite chez un éleveur
À la suite de la vente, les participants au conseil de la FNB se sont rendus sur l’exploitation de Valentin Fassier, éleveur à Gimouille, qui leur a présenté son exploitation, son fonctionnement et ses choix techniques, avant de faire découvrir sa récente acquisition : un robot d’alimentation Vector de la marque Lely. Cet investissement répond à un objectif concret : réduire le temps consacré à l’alimentation des animaux et améliorer l’organisation quotidienne du travail. Une démonstration qui a permis d’échanger autour des nouvelles technologies et des solutions pouvant contribuer à améliorer les conditions de travail dans les élevages. La soirée s’est poursuivie autour d’un repas mettant à l’honneur les productions locales, avec notamment une dégustation de viande issue de la démarche « Éleveur et Engagé », développée entre un groupe d’une dizaine d’éleveurs et le magasin E.Leclerc de Coulanges-lès-Nevers. La journée du 3 septembre a été pleinement consacrée au conseil fédéral de la FNB, réunissant les membres du conseil d’administration ainsi que les présidents des sections bovines départementales. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers majeurs pour l’avenir de l’élevage bovin : conjoncture des prix, situation économique de la filière, actions syndicales, conséquences de la sécheresse, enjeux liés à la nouvelle PAC 2027, suites de la loi d’urgence agricole et avancée des accords de libre-échange.
Poids de la sécheresse
Les représentants de la profession ont notamment fait état d’une situation toujours préoccupante dans les élevages. Malgré une conjoncture qui reste difficile, les niveaux de prix ne répondent pas aux attentes des éleveurs. Les prix ne reflètent pas la conjoncture actuelle, loin d’être bonne pour les éleveurs. À cette situation s’ajoutent les conséquences de la sécheresse, qui pèsent lourdement sur les stocks fourragers et entraînent des charges supplémentaires pour les exploitations. L’heure est désormais aux réponses concrètes. Les éleveurs attendent des mesures à la hauteur des difficultés rencontrées sur le terrain et demandent à l’administration de prendre pleinement en compte la situation de la filière bovine. La profession attend des enquêtes terrain conjointe entre les services de l’État et les Chambres d’agriculture afin d’approfondir les données du satellite Airbus, dont le mauvais fonctionnement, est dénoncé par la FDSEA. Le syndicat demande aussi un dégrèvement de la TFNB, le déclenchement de l’Indemnité de solidarité nationale (ISN) ainsi que le déclenchement des calamités pertes de fond. Si l’État ne prend pas ses responsabilités, les conséquences vont être dramatiques et seront accompagnées d’une décapitalisation irréversible assommant la souveraineté alimentaire tant attendue par l’État. Au-delà des différents temps forts de ces deux journées, l’accueil du conseil fédéral de la FNB en Nièvre aura permis de mettre en lumière les réalités de l’élevage dans le département et de renforcer les échanges entre responsables professionnels. Pour la FDSEA 58, ces rassemblements sont essentiels afin de porter collectivement la voix des éleveurs. Ils permettent de confronter les réalités de terrain, de partager les expériences et de construire ensemble les revendications nécessaires pour défendre l’avenir de la filière bovine française.