La colère des agriculteurs face à l’inaction
La FDSEA et les JA de la Nièvre se sont mobilisés, mercredi 16 septembre, pour dénoncer l’absurdité du plan Casi annoncé par le ministère, mais également contre l’incapacité de l’administration à répondre concrètement aux attentes de la profession.
La mobilisation de la FDSEA 58 et des Jeunes Agriculteurs de la Nièvre a débuté mercredi 16 septembre au Crédit Agricole, où les représentants syndicaux ont rappelé l’urgence de la situation financière des exploitations. Les agriculteurs ont besoin de trésorerie et de solutions immédiates. Nous ne voulons pas de dispositifs au cas par cas : nous demandons des prêts à taux zéro accessibles à l’ensemble de la profession.
Direction ensuite Lidl, où la présence d’œufs et de viandes étrangères, origine UE et hors UE, a une nouvelle fois suscité la colère. Alors que les agriculteurs français sont capables de produire, ils dénoncent des importations qui se multiplient pendant que les contraintes administratives et réglementaires continuent de s’accumuler.
Le cortège s’est ensuite dirigé vers la DDT. Face à une administration qui ne répond plus suffisamment aux réalités du terrain, la colère est profonde. Réglementations toujours plus complexes, contrôles qui se multiplient, délais administratifs interminables… pendant ce temps, les agriculteurs travaillent, investissent et prennent des risques chaque jour pour maintenir leurs exploitations.
La loi Casi ne suffit pas
Comme le rappelle Thomas Lemée, secrétaire générale de la FDSEA 58 : « on nous promet 500 euros par exploitation alors qu’il en manque 50 000 ». Avec l’augmentation des charges, des intrants et du GNR, les trésoreries sont mises à rude épreuve. À chaque nouveau dispositif, les agriculteurs ont trop souvent le sentiment que les réponses apportées restent insuffisantes face à la réalité économique de leurs exploitations. Il faut des réponses à la hauteur des besoins c’est urgent. La loi Casi doit permettre de répondre aux conséquences de la sécheresse de cet été. Cependant, concernant le volet ISN, les données fournies par le satellite Airbus sur la pousse de l’herbe sont incohérentes avec la réalité du terrain. Nous regrettons que trop peu d’agriculteurs puissent en bénéficier dans le département. Nous réclamons la mise en place d’enquêtes de terrain conjointes entre la Chambre d’agriculture et l’administration afin de garantir une évaluation fidèle des pertes de pousse d’herbe et de permettre aux agriculteurs réellement touchés d’être indemnisés.
Des engagements désormais attendus
Monsieur le Préfet et le directeur de la DDT sont finalement venus à la rencontre des agriculteurs mobilisés. Le Préfet s’est engagé à réunir l’ensemble des acteurs concernés afin de rechercher des solutions concrètes. Il a également annoncé vouloir venir directement dans les exploitations nivernaises pour mesurer sur le terrain les difficultés rencontrées par les agriculteurs. Ces engagements doivent maintenant se traduire en actes. Nous attendons des résultats. La mobilisation s’est poursuivie jusqu’au Conseil départemental, où la FDSEA 58 et les JA 58 ont rappelé les responsabilités du Département face à la crise agricole. Parmi les demandes prioritaires figure notamment la mise en place d’une aide au transport de paille et de fourrages, sollicitée depuis plusieurs mois pour faire face aux conséquences de la sécheresse.
Une nouvelle fois, le Président du Conseil départemental n’est pas venu à la rencontre des agriculteurs. Une absence regrettée alors que les exploitations nivernaises traversent une période particulièrement difficile. La FDSEA 58 et les JA 58 remercient les agriculteurs qui ont répondu présents à cette mobilisation. La mobilisation doit cependant se poursuivre et s’amplifier : face aux difficultés qui s’accumulent, nous devons être entendus et obtenir des réponses à la hauteur de la situation.