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Bovins viande : seuls les prix des jeunes bovins résistent dans un marché qui se dégrade

Bovins viande : seuls les prix des jeunes bovins résistent dans un marché qui se dégrade

D’après le bulletin d’Interbev paru le 5 novembre, les cotations de presque toutes les catégories de bovins ont décroché en semaine 44 (du 26 octobre), à l’exception des jeunes bovins (JB). Ces animaux engraissés en France (par opposition aux broutards exportés maigres) voient leur cours progresser de 2 ct€/kgéc en une semaine, à 6,49 €/kgéc pour la conformation U et 6,29 €/kgéc pour les JB R. Dans son bulletin Tendances, l’Institut de l’élevage note que « les abattages de jeunes bovins sont très dynamiques depuis fin août, ce qui a permis de répondre à une demande européenne qui se renforçait avec la rentrée de septembre ». La viande des JB français est en grande partie exportée. De leur côté, les broutards poursuivent leur seconde phase de baisse de l’année, entamée à la mi-septembre. Les limousins de 300 kg accusent une lourde chute (-11 ct, à 4,89 €/kg vif) ; les charolais de 300 kg progressent, eux, de 4 ct, restant à un niveau bas depuis la chute des prix du printemps (4,40 €/kg vif). Du côté des vaches, les laitières, plus nombreuses à être réformées pour cause de sécheresse, reculent plus fortement que les allaitantes : les vaches O (laitières) cèdent 7 ct en une semaine (à 5,54 €/kgéc), quand les vaches U et R (allaitantes) reculent de 2 ct (à 7,78 €/kgéc et 7,07 €/kgéc respectivement).

Lait : vers un ralentissement de la production dans certains bassins

Le secteur laitier se caractérise par des « perspectives de ralentissement de la production laitière et d’augmentation des coûts d’alimentation des vaches laitières en Europe et en France dans les mois à venir », indique le Cniel (interprofession) dans sa dernière note de conjoncture publiée le 5 novembre. L’hémisphère sud, de son côté, « sous la menace d’un phénomène météo El Niño exceptionnel, pourrait là aussi ralentir la production laitière ». Pour l’Europe, « les prévisions sur les mois à venir sont davantage pessimistes, compte tenu du manque de fourrage dans de nombreux pays », ce qui pourrait déboucher sur des décapitalisations et une réduction des capacités de production. Sur les 12 derniers mois, la production reste toutefois très dynamique, à au moins +3 % en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis ou dans l’UE. En France, la collecte de lait de vache était en légère progression (+0,4 %) an août, par rapport à août 2025 (1,89 milliard de litres), selon la note de conjoncture d’octobre de FranceAgriMer, publiée le 2 novembre. D’après le sondage réalisé début octobre, « la hausse de la collecte s’amenuisait dans les Hauts-de-France, et n’était plus visible dans le Grand-Est », et « les volumes semblaient décrocher plus nettement dans les Pays-de-la-Loire et en Bretagne ». Des tendances qui restent à se confirmer, selon FranceAgriMer.

Le Budget 2027 rejeté par l’Assemblée, le texte part au Sénat dans sa version initiale

Les députés ont rejeté le 4 novembre à l'unanimité le projet de budget de l'État pour 2027. 458 députés issus de tous les groupes, y compris ceux soutenant le gouvernement, ont rejeté la partie « recettes ». Un résultat qui envoie tout le texte au Sénat dans sa version initiale, pour un examen à partir du 20 novembre dans l'hémicycle. Passent ainsi à la trappe deux amendements de l’exécutif qui étendaient à l’agriculture le Pacte Papin, pour faciliter la transmission. Le gouvernement en avait proposé deux autres afin d’assouplir la fiscalité du secteur agricole, comme prévu dans le cadre du plan de relance. L’un étendait le bénéfice du suramortissement des projets d'avenir agricoles (PAA) aux membres des coops ou Cuma portant ce type d'initiative. L’autre assouplissait les conditions de reprise de Dotation pour épargne de précaution (DEP) « en cas de consommation des stocks de fourrage assimilés à de l’épargne monétaire », en autorisant les exploitants à différer la réintégration des déductions jusqu’au deuxième exercice suivant l’exercice de consommation du fourrage, le temps pour eux de reconstituer leurs stocks. Enfin, l’exécutif soutenait le dégrèvement de la TFNB (taxe sur le foncier non bâti), en garantissant l'effectivité de l'obligation faite au bailleur de répercuter le bénéfice de cette remise sur le fermier.

Maïs semence : une récolte 2026 peut-être un peu surestimée

Lors d'une conférence de presse à Paris le 4 novembre, le président de l'UFS (syndicat des semenciers) Olivier Paul, également directeur de Lidea (semencier, filiale d'Euralis) a déclaré que, à titre personnel, il estimait que l'objectif de production française de semences de maïs en 2026, évalué par le syndicat à 65-70 % du volume initialement espéré, pourrait être un peu surestimé. « De ce que je constate, la qualité est parfois encore moins bonne que prévu », a-t-il déclaré, ce qui implique qu'un plus grand nombre de lots qu'espéré pourrait ne pas être commercialisable. Les variétés précoces ont été les plus touchées par les canicules survenues l’été dernier, prévient l'UFS. Pour autant, l’organisation explique que l'approvisionnement du marché français sera globalement assuré, confirmant les informations transmises par l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) quelques semaines plus tôt. Des manques se feront ressentir au niveau de certaines variétés, notamment celles les plus précoces, confirme par ailleurs l'UFS. Premier producteur européen de semence de maïs, les exportations françaises devraient reculer, sans données précises. « Il est évident que nous privilégierons le marché français », prévient Olivier Paul.

Ovins viande : le manque d’offre soutient les cours des agneaux

À 9,21 €/kgéc en semaine 43 (du 19 octobre), le cours de l’agneau entrée abattoir était supérieur de 4,5 % à celui de la même semaine de 2025, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire d‘Interbev. Une hausse due à la faiblesse des volumes disponibles, résultat d’importations de viande ovine « toujours en repli » et d’une « production [française] relativement stable », analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du mois d’octobre. Cumulée sur les huit premiers de 2026, l’offre de viande ovine disponible est en repli de 2,8 % par sur un an, à « 23 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit) ». La sécheresse estivale a encore aggravé le manque en freinant la croissance des agneaux. Après son habituel creux estival, le cours des agneaux va donc entamer sa remontée saisonnière (fêtes de fin d’année) depuis un niveau déjà élevé. Comme le remarque l’Idele, « pour certaines conformations, on constate toujours un écart de plus d’un euro entre les bassins Nord et Sud de la France, avec un prix plus élevé dans le Sud ». L’institut technique rappelle que « la saison de production bat son plein dans le Nord », ce qui « pèse sur les prix ». Au contraire, dans le Sud, « le creux de production démarre tout juste, et devrait se prolonger jusqu’à fin novembre ».

Viande bovine : les importations françaises en chute, particulièrement cet été

Les importations françaises de viande bovine « ont plongé en été », avec des baisses annuelles de 10 % en juin, 21 % en juillet, puis 14 % en août, rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. En cumul de janvier à août, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée sont inférieures de 6 % par rapport à la même période de 2025 (à 217 000 téc). Ce ralentissement peut être relié à un coup de frein sur la demande, qui peut s’expliquer par les fortes chaleurs de l’été : la consommation par bilan a chuté de 7 % en juin et de 8 % en juillet par rapport à 2025. Comme le note l’Idele, « les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là » (+ 5 % en gros bovins, notamment grâce aux vaches laitières). Résultat : la part des importations dans la consommation hexagonale est au plus bas depuis trois ans, à 22 % en août (24 % en cumul depuis le début 2026, contre 26 % sur la même période de 2025). L’ensemble des origines recule – UE comme pays tiers – à l’exception notable de l’Allemagne, qui profite d’un « différentiel de prix » de « 0,48 €/kg équivalent carcasse en moyenne depuis le début de l’année ».

Agriculture «régénératrice» : cinq associations interpellent les candidats à la présidentielle

Dans un communiqué de presse du 2 novembre, cinq associations spécialisées dans l’agriculture « régénératrice » (PADV, Earthworm, Base, Bleu-Blanc-Cœur, Apad) appellent les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à « faire de la conservation et de la régénération des sols agricoles un enjeu majeur du prochain quinquennat ». Appuyées par leurs réseaux d’agriculteurs, les cinq organisations ont créé un « Pacte national pour les sols vivants », destiné à faire remonter avec davantage de visibilité leurs requêtes aux candidats. Il définit quatre priorités : « décider, mesurer, former et sécuriser ». Pour rappel, l’agriculture « régénératrice » se développe en France, mais manque de références technico-économiques, et a besoin du soutien de l’État pour changer d’échelle (voir notre enquête). Les organisations proposent par exemple d’inscrire les pratiques de régénération et de conservation des sols dans le Code rural. Elles recommandent la création d’un observatoire et des indicateurs « communs partagés entre acteurs publics et privés », afin de documenter les bienfaits des pratiques sur les sols, l’environnement et l’alimentation. Elles demandent aussi de généraliser « les paiements pour services environnementaux (PSE) publics sur l’ensemble du territoire ».

Politiques agricoles : les soutiens publics à un niveau record dans le monde

Après plusieurs années de baisse, le soutien public à l’agriculture a connu entre 2023 et 2025 une augmentation de près de 15 % (soit 121 milliards de dollars, Md$), atteignant ainsi 950 Md$, un niveau record. C’est le principal constat dressé par l’OCDE dans son rapport annuel sur le suivi des politiques agricoles publié le 2 novembre. Dans le détail, les auteurs soulignent que dans les pays de l’OCDE, cette hausse est principalement liée aux importants montants versés en aides exceptionnelles à court terme qui ont permis de faire face aux crises successives plutôt qu’à renforcer la résilience du secteur aux risques futurs. Dans les économies émergentes cette croissance découle avant tout d’un renforcement du soutien des prix du marché. Le rapport note aussi que près de 80 % des aides aux exploitants sont accordées sans aucune exigence (seules 5,7 % sont liées à l’adoption de mesures environnementales volontaires et 15 % au suivi d’une norme). Parmi les plus de 150 recommandations spécifiques du rapport, les auteurs estiment qu’il est avant tout nécessaire de cibler plus efficacement les soutiens, de renforcer les outils de gestion des risques systémiques pour mieux anticiper les chocs ou encore d’investir dans la résilience à long terme en consacrant davantage de ressources à la recherche et à l’innovation.

Engrais : les importations françaises d’urée algérienne seraient menacées

Selon un article de Reuters du 23 octobre, l’Algérie aurait demandé à ses producteurs d’urée de cesser d’exporter l’engrais vers la France en raison des mauvaises relations entre les deux pays, selon des diplomates et des sources du secteur interrogés par le média. Comme pour l’arrêt des importations algériennes de blé français depuis 2024, les sources anonymes ont indiqué qu’aucune annonce officielle du gouvernement algérien n’a été faite. Contactée par Agra Presse, l’Afcome (négoces d’engrais) précise qu'un seul des deux producteurs algériens d'urée serait concerné, qui s’avère être le plus important. L’Algérie représentait en 2025 environ 30 % des importations hexagonales d’urée, rappelle l’organisation. Pour le moment, les conséquences de la décision sont assez réduites, les achats français étant assez restreints d’après l’Afcome. Mais la situation doit être suivie de près, notamment via les données douanières, avec une demande qui pourrait s’intensifier prochainement. En cas de confirmation et d’application des restrictions sur l’offre algérienne, les prix de l’engrais pourraient grimper.