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Loisirs

Un nouvel élan pour le Cyclodebout

Il suffit de quelques minutes pour comprendre que le Cyclodebout ne ressemble à aucun autre moyen de déplacement. Ni vélo, ni trottinette, ni gyropode, ce tricycle électrique articulé se pilote… debout.

Par Johanna Faure-Arnaud
Un nouvel élan  pour le Cyclodebout
Cyclodebout
Le secret du Cyclodebout réside dans son châssis articulé. Les trois roues indépendantes s'inclinent dans les virages tout en conservant une excellente stabilité.

Cette invention du Cyclodebout est née en Haute-Loire de l'imagination d'Olivier Joux, récompensée par une médaille d'or au Concours Lépine en 2018. Elle poursuit aujourd'hui son développement sous l'impulsion de Damien Monnet. Installée à Saint-Germain-Laprade, l'entreprise entend désormais accélérer sa croissance tout en restant fidèle à l'esprit de son créateur : proposer une mobilité innovante, originale, sécurisante et accessible au plus grand nombre. Lorsque Damien Monnet reprend l'entreprise au début de l'année 2025, il ne s'agit pas simplement d'un investissement. Originaire du Puy-de-Dôme, ce passionné de cyclisme, de sport de pleine nature et d'industrie connaît déjà parfaitement le produit. Convaincu de son potentiel, il décide de prendre le relais d'Olivier Joux, qui souhaitait transmettre son entreprise après avoir consacré près d'une décennie à transformer une idée en réalité. 

A l'origine

L'histoire du Cyclodebout commence en effet dans un atelier de Queyrières. Banquier de profession mais inventeur dans l'âme, Olivier Joux imagine un véhicule capable d'offrir les sensations du vélo tout en supprimant ses principales contraintes. Après plusieurs prototypes fabriqués artisanalement, il met au point un tricycle entièrement articulé reposant sur trois roues indépendantes. Une architecture originale qui lui assure une stabilité remarquable, aussi bien en roulant qu'à l'arrêt, sans jamais avoir à poser le pied au sol. Le concept séduit rapidement les jurys de l'innovation. En quelques mois, cette invention reçoit d’ailleurs trois prix successifs. Peu après, l'entreprise voit officiellement le jour avant de s'installer en Haute-Loire où la fabrication se structure progressivement. Désormais, les locaux se situent à Saint-Germain-Laprade, dans la zone industrielle sur le site de l’AFPA, où les Cyclodebout sont aujourd'hui assemblés. 

Conduite intuitive

Au premier regard, le Cyclodebout intrigue. Sans selle, l'utilisateur reste debout sur deux larges plateformes. Dès les premiers mètres pourtant, la prise en main apparaît naturelle. Le secret réside dans son châssis articulé. Les trois roues indépendantes s'inclinent dans les virages tout en conservant une excellente stabilité. Les sensations rappellent davantage le ski que le vélo traditionnel. L'équilibre est permanent, même lors des arrêts, ce qui rassure immédiatement les utilisateurs peu à l'aise sur deux roues. Entièrement électrique, homologué dans la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), le Cyclodebout est limité à 25 km/h conformément à la réglementation. Équipé de son éclairage complet, il circule sur les pistes cyclables et ne nécessite que quelques minutes d'adaptation. Son guidon repliable facilite par ailleurs son transport et son rangement. Deux grandes familles de modèles sont actuellement proposées : une version urbaine, affichant jusqu'à environ 60 kilomètres d'autonomie, et une version « Fat » équipée de pneus larges destinée aux chemins et terrains plus accidentés, avec une autonomie pouvant atteindre une quarantaine de kilomètres selon les configurations. L'ensemble est assemblé dans les ateliers de Saint-Germain-Laprade, avec une volonté affirmée de privilégier des composants et un savoir-faire français. 

Marché à développer

Pour Damien Monnet, l'enjeu consiste désormais à faire connaître un produit encore atypique. Comme il le souligne : « Les particuliers y voient un moyen de déplacement ludique et sécurisant. Les professionnels du tourisme s'intéressent à son potentiel pour proposer des balades originales. Les personnes à mobilité réduite conservant la station debout apprécient également sa stabilité. Les collectivités, campings, loueurs ou encore certaines entreprises de sécurité figurent parmi les marchés déjà identifiés ». Le développement ne s'arrête pas au modèle actuel. L'entreprise prépare déjà une nouvelle génération destinée aux activités de montagne. Attendue entre la fin 2026 et le début 2027, cette version plus musclée sera équipée de deux moteurs arrière afin de répondre aux besoins des stations de ski, des activités estivales ou encore des professionnels de la montagne. L'objectif est de proposer un véhicule utilisable tout au long de l'année, aussi bien pour les loisirs que pour certaines missions professionnelles. Damien Monnet envisage également de renforcer la présence de Cyclodebout à plus grande échelle. Le potentiel existe, selon lui, pour conquérir de nouveaux marchés grâce à un concept qui demeure unique. Dans un contexte où les mobilités douces connaissent un essor constant, le dirigeant est persuadé que le Cyclodebout a toute sa place. Original, stable, accessible dès 12 ans selon les usages réglementaires et conçu pour offrir une nouvelle façon de se déplacer, il entend démontrer qu'il est possible d'innover en Haute-Loire tout en visant un rayonnement bien au-delà des frontières du département.

Un nouvel élan pour le Cyclodebout

Le Cyclodebout veut conquérir les territoires de montagne

Si le Cyclodebout trouve déjà sa place en milieu urbain ou dans les zones touristiques, Damien Monnet voit encore plus loin. Son prochain défi concerne les territoires de montagne. L'objectif est de séduire les stations de montagne et les professionnels du tourisme quatre saisons. « L'idée est simple : proposer une nouvelle activité de loisirs, accessible à un large public, sans nécessiter l'apprentissage parfois délicat du VTT. Les sensations de glisse procurées par le véhicule rappellent d'ailleurs celles du ski, tout en permettant de découvrir autrement les paysages de montagne. Stations de ski, loueurs, collectivités ou accompagnateurs pourraient ainsi enrichir leur offre avec un engin original, silencieux et 100 % électrique », argumente-t-il.