10 q/ha : le tournesol au régime sec
Axel Coquille, agriculteur dans le Châtillonnais, nous fait « visiter » un de ses champs de tournesol en très mauvaise posture.
Le tournesol aime le soleil mais comme toutes les plantes, il lui faut un minimum d'eau ! « Ça, il en a clairement manqué. Il n'y a qu'à le regarder pour se donner une idée », commente Axel Coquille, rencontré la semaine dernière dans une de ses parcelles. L'agriculteur du village de Massoult ne se faisait aucune illusion quant à sa future récolte, qui sera peut-être réalisée le jour de la sortie de ce journal : « tout dépendra du poids de 1 000 grains, mais si j'arrive à un rendement final de 10 ou 12 q/ha, ce sera déjà bien. Des pieds sont tellement bas qu'il est possible que les graines n'entrent même pas dans la moissonneuse… Il est tout de même tombé 64 mm en plusieurs fois au mois de mai, je n'ose imaginer l'état de la culture s'il n'y avait pas eu ces précipitations ! ». Ce sera très probablement la plus mauvaise moisson jamais réalisée sur la ferme : « la moyenne historique en tournesol est de 22 q/ha, ce n'est déjà pas bien haut. Nous sommes ici sur de très petites terres, entre 15 et 20 cm de profondeur et avec 60 % de cailloux. La réserve utile est minime. Déjà en 2020, la récolte avait été très décevante, mais les autres cultures avaient relevé la donne. Cette année, tout est mauvais ». Le blé et l'orge d'hiver n'ont pas dépassé les 45 q/ha, l'orge de printemps n'a même pas atteint les 30 q/ha. Le maïs, sans panouilles, a été ensilé et vendu à un éleveur. Ce tournesol a déjà été engagé en janvier au prix de 500 euros/t. « Il doit être aujourd'hui aux alentours de 530 euros/t, cela reste des prix convenables. C'est dommage de ne pas faire une belle récolte. Finalement, en engageant 10 q/ha, je ne serai pas loin du compte », ajoute Axel Coquille, qui a repris la ferme familiale fin 2024, tout en continuant son métier d'inspecteur en assurances récoltes.