Renouvellement de la démographie agricole : Bourgogne et Franche-Comté toujours séparées
La nature des activités joue pour beaucoup dans le taux de renouvellement des générations agricoles étudié par Agreste, l'organisme de la statistique agricole, en Bourgogne Franche-Comté. De fortes disparités existent aussi notamment entre l'ouest et l'est de la Région.
Il est plus facile d'être remplacé et d'assurer la pérennité d'une exploitation agricole si l'on est éleveur laitier du Jura, plutôt qu'un éleveur de bovins allaitants en Saône-et-Loire. C'est un des nombreux enseignements révélés par l'étude menée par Agreste, l'organisme de la statistique agricole, sur le renouvellement des générations en Bourgogne-Franche-Comté (BFC). Dévoilée en juin, cette étude porte sur des chiffres de 2024. Au 1er janvier de cette année-là, d’après les données de la MSA, la BFC compte 27 100 cotisants non-salariés agricoles. Un nombre en diminution de 7 % par rapport à 2019. Avant même de prendre en compte la nature des activités agricoles concernées, un critère s'impose d'emblée : l'âge des exploitants. En 2024, 37 % d'entre eux ont plus de 55 ans, avec, toutefois, une différence : la population agricole de l'ouest de la BFC est plus âgée que celle de l'est. Il y a clairement un pas générationnel entre l'ancienne Bourgogne et l'ancienne Franche-Comté.
Plus âgés à l'ouest
La population agricole vieillissante est particulièrement présente en Côte-d'Or et dans la Nièvre. À l’inverse le Doubs présente une démographie plus jeune. Assez logiquement, la baisse des effectifs agricoles observée entre 2019 et 2024 est donc plus marquée à l'ouest qu'à l'est. Elle atteint 9,2 % en Saône-et-Loire et 7,1 % dans la Nièvre, alors que la baisse se limite à 2,2 % dans le Jura. Les taux de remplacement entre 2019 en 2024 sont aussi très parlants : ils atteignent 87,8 % dans le Jura ou 87,4 % dans le Doubs. À l'autre bout de l'échelle, ils plafonnent à 60,3 % en Saône-et-Loire, 61,4 % dans l'Yonne, 64,2 % en Côte-d'Or et 65,5 % dans la Nièvre. En résumé, en BFC, un peu plus de 2 agriculteurs sur 3 sont remplacés lorsqu'ils partent en retraite. Il y a néanmoins des disparités géographiques importantes. Au nord et à l’ouest de Dijon et dans le Charolais, moins d’un départ sur deux est remplacé. Dans l’Yonne et la Nièvre, le renouvellement est inférieur à la moyenne régionale dans une très grande majorité des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), l'échelon géographique pris en compte. De manière générale, si l'on prend en compte la nature des activités agricoles, les installations ne compensent pas les départs. Il y a toutefois des exceptions : le maraîchage, ou l'élevage ovin-caprin où les entrées sont plus nombreuses que les sorties. Mais ces activités représentent des effectifs relativement modestes.
Polyculture et polyélevage résistent mieux
En grandes cultures, sur la période prise en compte, un peu plus d'un départ sur deux a été remplacé. Dans l’ouest de la Nièvre, le sud de l’Yonne et dans la plaine de l’est de la Saône-et-Loire, le taux de remplacement est globalement supérieur à la moyenne régionale, atteignant parfois plus de 80 %. À la lumière de la conjoncture qui marque les grandes cultures ces dernières années, on peut malheureusement craindre que ce taux se dégrade. Globalement, c'est la polyculture-polyélevage qui semble l’activité la plus résiliente, avec un taux de remplacement de 86 %. L'élevage de bovins viande paraît être le grand perdant des tendances observées : en BFC seulement un éleveur de bovins viande sur trois est remplacé entre 2019 et 2024 contre un sur deux au niveau national. Dans un territoire couvrant une grande partie de la Nièvre, le sud de l’Yonne, l’Auxois en Côte-d’Or et la partie morvandelle de la Saône-et-Loire, la situation est très dégradée avec des taux de remplacement souvent inférieurs à un pour 10 et parfois même nuls.