Nouvelle année
Qu'attendre de 2024 ?

Propos recueillis par AG
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Les présidents de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or répondent à nos questions sur le changement d’année. Interview croisée.

Qu'attendre de 2024 ?
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Êtes-vous optimiste ou pessimiste pour l’agriculture côte-d’orienne en 2024 ?

Jacques de Loisy (FDSEA) : « Je suis éternellement optimiste ! Nous avons des vents contraires, mais notre travail collectif permet toujours de trouver des solutions. Je souhaite que cette nouvelle année soit pleine d’énergie ».

Baptiste Colson (JA) : « Je suis de nature optimiste, donc vous avez ma réponse… J’espère une belle campagne agricole avec, en premier lieu, une météo favorable. Que les marchés s’orientent en notre faveur et tout se passera bien ».

Vincent Lavier (Chambre) : « L’optimisme est essentiel pour trouver des solutions à tous les problèmes que nous devons gérer au quotidien. Je crois en la capacité des agriculteurs à faire face aux challenges qui leur sont imposés ».


Si vous aviez un vœu précis, un seul, à formuler en lien avec l’organisme que vous présidez, quel serait-il ?

Jacques de Loisy : « Être force de proposition tout au long de l’année. Cela commencera le 29 janvier, date à laquelle nous allons rencontrer les Parlementaires à la Maison de l’agriculture : nous allons leur soumettre une dizaine de propositions issues du travail FDSEA-JA, sur des sujets locaux que nous voulons voir aboutir en 2024, comme par exemple l’amélioration des délais de raccordement des installations photovoltaïques ».

Baptiste Colson : « L’installation est le chemin de bataille de JA. J’attends donc un maximum de jeunes cette année. Au moins 75 installations aidées, ce serait bien. Je souhaite que chaque installation se fasse dans les meilleures conditions : pour y parvenir, la Région devra faire avancer les dossiers et être davantage à notre écoute ».

Vincent Lavier : « La Chambre d’agriculture doit consolider son modèle économique, trouver des ressources supplémentaires devient essentiel pour continuer d’apporter des services de qualité aux agriculteurs ».


Quel est le plus grand défi à relever cette année ?

Jacques de Loisy : « Je pense aux élections européennes de début juin. Ce rendez-vous est très important, nous devons obtenir un parlement qui soit en faveur d’une agriculture de production, dynamique et rentable ».

Baptiste Colson : « Les agriculteurs devront encore une fois s’adapter. S’adapter au contexte climatique, aux réglementations, aux marchés… C’est un peu le cas chaque année, mais cette faculté à évoluer et à bien réagir dans un monde en pleine mutation est essentielle dans nos métiers ».

Vincent Lavier : « À cause de la météo, produire devient de plus en plus difficile voire aléatoire dans certaines situations. Le plus grand défi 2024, selon moi, sera donc de gérer du mieux possible ces éventuels caprices venus du ciel… ».

 

Quels sont les meilleurs souvenirs professionnels que vous garderez de 2023, pour l’organisme que vous présidez puis pour votre exploitation ? À l’inverse, quels seront les plus mauvais souvenirs ?

Jacques de Loisy : « Nous venons de vivre la première année d’application de la mesure zones intermédiaires, initiée par Julien Denormandie. Nous nous battions depuis des années sur ce dossier, c’est une satisfaction. Pour ma ferme ? Je retiendrai une belle récolte de colza, et une belle qualité en blé. Dans les points négatifs, 2023 a été marquée par le retrait de Fabrice Genin de la FDSEA. Sur l’exploitation, en mauvais souvenir, je dirais l’évaporation d’une partie du rendement du blé, en juin, alors que tout se présentait très bien ».

Baptiste Colson : « La fête de Châtillon a été un très bel événement, elle a battu le record d’affluence pour une régionale, elle restera dans toutes les mémoires. Sur le plan personnel, je pense aux cours du lait, qui se sont maintenus après leur niveau de 2022. Dans les plus mauvais souvenirs : nos relations avec la Région ! Celles-ci ont débouché sur une action syndicale en décembre. En ce qui concerne ma ferme, je retiendrai sans hésitation les récoltes, avec seulement 30 q/ha en orge de printemps, 15 q/ha en pois ainsi qu’en tournesol ».

Vincent Lavier : « Le projet « Eau et Agriculture Durables du Châtillonnais » est une très belle réussite. La métropole du Grand Paris s’implique financièrement au bénéfice de nos territoires, c’est une belle satisfaction. Nous devons continuer de faire-valoir nos pratiques vertueuses et les valoriser. Sur mon exploitation, pas grand-chose à relever, si ce n’est que j’ai embauché deux jeunes étudiants pour les travaux d’été : le travail accompli a été d’une grande qualité ! Il est rassurant de voir des gens qui ont envie de travailler… Pour les dossiers les plus sombres, je pense malheureusement au loup, qui a fait et continue de faire beaucoup de dégâts dans le département… Concernant ma ferme, la moisson a été très décevante, malgré un début de printemps très prometteur ».

 

Que pouvons-nous vous souhaiter cette année pour votre propre exploitation ?

Jacques de Loisy : « Une année pleine d’énergies et de la réussite dans nos productions dont la nouvelle culture pérenne que nous allons implanter ce printemps sur Hauteville ».

Baptiste Colson : « Que tout se passe bien, sans gros pépin. Comme je l’ai déjà évoqué plus haut : de bonnes récoltes et un maintien du prix du lait seraient les bienvenus, ils permettraient de mener à bien nos différents projets ».

Vincent Lavier : « Faire une belle récolte ! Ce n’est même pas une histoire de prix de vente : j’ai envie de voir qu’il est encore possible de faire une récolte digne de ce nom dans nos terres superficielles. Forcément, cela impliquera une pluviométrie régulière au printemps ».